septembre 27, 2022

Night Gallery Saison 1

71S5jQrkG1L._SY550_

D’Après une Idée de : Rod Serling

Avec Rod Serling, Joan Crawford, Roddy McDowall, Diane Keaton

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Nombre d’Episodes: 7

Résumé:

Rod Serling présente des tableaux qui ont capturé un moment dans la vie de différents personnages. Des moments inoubliables qui ressemblent à des cauchemars.

Avis:

Si les séries d’horreur ont le vent en poupe en ce moment avec American Horror Story, The Walking Dead, Z Nation ou encore Scream et Scream Queens, il n’a pas fallu attendre ces dernières années pour voir de l’horreur sur le petit écran. Si les Contes de la Crypte ont eu un succès fulgurant, dans les années 60/70, une autre série à sketchs horrifiques a fait grand bruit, Night Gallery. Présentée par Rod Serling, le créateur de la Quatrième Dimension, la série avait pour habitude de présenter un tableau sur un thème, puis de fournir une histoire en rapport avec le thème du tableau. Idée fort intéressante au demeurant, la série reste inédite en France et demeure très peu diffusée. Sauf qu’Elephant Films s’est décidé à sortir les saisons en format DVD et que cela permet de se replonger dans cet univers à la fois sombre et drôle, qui montre comment était perçue l’horreur à cette époque. Et puis cela permet aussi de voir les premiers pas de Spielberg.

night-gallery-season-1-2-the-little-black-bag

Mais intrinsèquement, est-ce vraiment intéressant de retomber dans une horreur qui semble bien dépasser aujourd’hui? Car autant être clair, aucun épisode ne fait peur maintenant. Les effets sont un peu éculés, il y a souvent un rythme lancinant et sans surprise et sur l’ensemble, la série ne traite que d’un seul thème, le fantôme et la vie après la mort. Bien entendu, difficile parfois de ne pas pouffer devant des effets désuets qui n’ont plus lieu d’être aujourd’hui, mais in fine, la série se laisse regarder, notamment grâce à plusieurs épisodes bien au-dessus d’autres.

A titre d’exemple, Make Me Laugh de Steven Spielberg se situe bien au-dessus du lot, présentant un comique qui ne fait rire personne et qui pactise avec un faiseur de miracles pour faire rire tout le monde. Le problème, c’est que l’homme ne peut plus faire de rôle dramatique au théâtre, ce qui le frustre encore plus. En plus d’entrer en plein dans le fantastique, cet épisode montre aussi le destin d’un homme dont la seule gloire ne suffit pas. Bien entendu, d’autres épisodes seront relativement passionnant, comme The Doll, qui aborde le sujet de la poupée maléfique, sous des faux airs de vengeance ou encore The Little Black Bag, qui part vers le voyage temporel, où un médecin alcoolique trouve une mallette médicale du futur et retrouve espoir, sauf qu’il s’acoquine avec un sans-abri mesquin et uniquement attiré par l’argent. La place prépondérante du fantôme est un fait que l’on peut comprendre aisément dans le contexte de l’époque. C’était un effet facile à faire et en termes d’histoires, il s’agit d’une entité particulièrement effrayante, interrogeant sur la vie après la mort. Certain Shadows on the Wall en est un exemple flagrant, lorgnant du côté de Poe, mais on peut aussi citer They’re Tearing Down Tim Riley’s Bar, un épisode très long et qui profite du fantôme pour sonder les souvenirs d’un homme qui a tout perdu.

Seulement, la série accuse un petit coup de vieux et certains épisodes sont vraiment en dessous. Room With a View est par exemple très décevant et ne sert pas à grand-chose malgré la présence de Diane Keaton. On pourra aussi évoquer l’épisode avec une femme qui sort de psychiatrie, achète une maison hantée et comprend que c’est elle le fantôme dans une ambiance éthérée et presque inconstante. Autre reproche, c’est la différence de durée des épisodes. Chaque épisode est composé de deux ou trois histoires, dont une longue et les autres plus courtes. Si les histoires longues sont plus travaillées et plus consistantes en univers, les histoires plus courtes sont souvent risibles et ne marquent pas l’esprit. D’ailleurs, l’humour présent dans ces segments n’est pas forcément intéressant et plombe même l’ambiance instaurée par l’épisode long. Alors on sent tout de même une volonté d’aller plus loin dans l’horreur et voit que Rod Serling n’a pas les coudées franches pour faire ce qu’il veut, abordant parfois des thèmes surprenant, comme ce riche homme qui transvase des âmes de femmes dans d’autres corps, dont celui d’une grenouille, mais peut-être faut-il attendre la deuxième saison.

night-gallery-season-1-6-the-last-laurel

Au final, Night Gallery est une série très intéressante à découvrir car elle montre différentes facettes de l’horreur dans un format inhabituel. Bien moins mainstream que les Contes de la Crypte, bien plus barrée et hallucinogène, Night Gallery s’inscrit dans ces séries du petit écran qui tentaient un truc différent pour marquer les esprits. Des esprits bien plus ouverts qu’aujourd’hui, bien loin de tout formatage et recherche absolue de l’audimat. Une belle initiative de la part d’Elephant Films, permettant de découvrir une série méconnue, bourrée d’idées et qui, malgré son coup de vieux, reste bien plus intéressante que certaines actuelles.

Note: 14/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=jBY2d2qa4Mk[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.