décembre 7, 2021

Les Sortilèges de la Cité Perdue – Douglas Preston et Lincoln Child

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Auteurs : Douglas Preston et Lincoln Child

Editeur : J’ai Lu

Genre : Thriller

Résumé :

Le docteur Nora Kelly est stagiaire à l’Institut archéologique de Santa Fe. Depuis que ses parents sont morts, elle n’habite plus le ranch familial qui a été laissé à l’abandon. Un soir, en le visitant, elle découvre l’intérieur de la maison saccagé et une étrange créature velue, tenant autant de l’homme que de l’animal, lui saute dessus en lui réclamant « la lettre ». Le mystère s’éclaircit après qu’une voisine ait mis en fuite l’agresseur. Nora, au moment de partir, découvre une enveloppe. La lettre qu’elle contient, écrite il y a quinze ans par son père alors en quête de Quivira la légendaire cité de l’or, confirme l’existence de cette ville et donne même des indications sur le canyon à suivre. À la suite de ces révélations, Nora n’a plus qu’un désir : organiser une expédition archéologique pour mettre à jour Quivira, la cité introuvable des Indiens anasazis. Après quelques vicissitudes, le patron de l’Institut accepte de financer l’opération dont Nora va prendre la tête. Mais au fur et à mesure que sa petite équipe va approcher du but, elle sera confrontée à l’horreur et à la mort.

Avis :

Le duo d’auteurs Preston et Child est difficilement indissociable de leur personnage fétiche : l’inspecteur Pendergast. Comme bon nombre d’écrivains, ils s’offrent de temps à autre quelques bouffées d’oxygène pour sortir du thriller, genre dans lequel ils sont parvenus à se forger une notoriété indiscutable. Avec Les sortilèges de la cité perdue (initialement paru sous le titre Tonnerre sur la cité perdue en 2000), le lecteur plonge dans un roman d’aventures sur les traces des Anasazi et leurs secrets. Une incursion dans le domaine réussie ou un faux pas dans une histoire hors contexte ?

Le pitch de départ évoque bien évidemment l’El Dorado, ainsi que des légendes du même acabit (Antilia, Paititi…) où des ruines sont censées renfermer des montagnes de trésors oubliés tous plus inestimables les uns que les autres. Il est vrai que les influences de civilisations andines et méso-américaines sont prégnantes tout au long du récit. Pourtant, on reste bel et bien sur le sol des États-Unis en suivant le leg des Anasazi à la postérité ; l’une des plus mystérieuses civilisations indiennes qui puissent exister. Le thème principal jouit d’une documentation exhaustive à tel point qu’on a l’impression parfois de parcourir un essai. Mode de vie, croyances, architecture, culture, tous les aspects sont évoqués au fil des découvertes avec une certaine minutie.

Cela peut paraître anodin, mais il faut clairement adhérer à cette approche pédagogique des méthodes de fouilles archéologiques ou à l’histoire au sens général du terme pour s’intéresser au livre. L’aventure est belle et bien présente avec la préparation de l’expédition, l’exploration de contrées désertiques ou hostiles, ainsi que les premiers pas dans Quivira. Dès lors, les investigations se montrent poussées et les hypothèses fusent à partir d’indices issus de poteries ou de détritus divers. En parallèle, on saupoudre l’intrigue de meurtres rituels, d’une enquête assez sommaire pour donner un léger aspect thriller.

Pour ce faire, le style des auteurs est prépondérant pour capter et surtout conserver l’attention du lecteur. Si le schéma narratif demeure assez linéaire, voire prévisible à certains égards, l’efficacité des mots et le dynamisme des séquences permettent de ne jamais s’ennuyer. Il y a peut-être quelques digressions et divergences sur la manière d’appréhender une découverte archéologique d’envergure ou un surplus de documentation à certains passages. Toutefois, l’histoire est immersive au possible en alternant des décors variés (des canyons labyrinthiques à la flore luxuriante), ainsi que des situations non moins intéressantes.

Les habitués de Preston et Child reconnaîtront Bill Smithback, l’un de leurs personnages récurrents déjà aperçus dans Relic et Le grenier des enfers. C’est également l’occasion de découvrir sa rencontre avec Nora Kelly, dont il s’agit ici de la première apparition. Les protagonistes sont bien campés via une disparité importante tout en s’écartant des clichés prompts à s’imposer quand on évoque la recherche de mythes. Peu d’antagonistes au demeurant, hormis les mystérieuses créatures responsables des meurtres. Il persiste néanmoins des tensions quasi permanentes au sein du groupe qui confère une atmosphère semblable à celle du huis clos.

Au final, Les sortilèges de la cité perdue est un très bon roman d’aventures. À contre-courant des habituels thrillers de Preston et Child, l’intrigue permet autant de se dépayser que d’en apprendre davantage sur les Anasazi, et ce, grâce à un suspense savamment distillé. En revanche, cette approche dogmatique pourra laisser indifférents les lecteurs allergiques à l’archéologie et aux civilisations anciennes. Quant à l’aspect purement policier, il ne possède que peu d’importance hormis l’intérêt de faire planer une menace extérieure sur le groupe. Rigoureux dans les méthodes avancées et les théories évoquées, plaisant à suivre au fil des découvertes, ce livre s’adresse avant tout aux passionnés et aux curieux sous peine de n’y constater qu’un profond ennui.

Note : 14/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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