Slough Feg – Digital Resistance

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Avis :

Quand on s’intéresse au heavy métal des années 90, on tombe forcément sur des groupes comme Iron Maiden et d’autres tout aussi connus. Aussi, quand on lit le nom plus que bizarre de Slough Feg, on se demande d’où vient ce groupe. On se renseigne, on fait des recherches et on tombe sur une grosse surprise. En effet, le groupe apparait dans les années 90 sous le nom de The Lord Weird Slough Feg et décide de raccourcir ce pseudonyme pour faciliter les recherches dans les rayons de disques. Chose encore plus surprenante, c’est que Digital Resistance, sorti début 2014 est en fait leur neuvième album. Alors que s’est-il passé pour que le groupe ne soit pas si connu que ça ? Problème artistique ? Manque de talent ? Imagerie pas assez tape à l’œil ? On n’en sait rien mais le groupe américain tourne depuis plus de vingt ans et vient de signer un contrat avec Metal Blade Record pour sortir d’autres albums. Jaquette hideuse, nom plus que bizarre, que cache vraiment Slough Feg et le niveau est-il au rendez-vous près autant d’année dans l’ombre ? Petit retour sur leur dernier skeud, Digital Resistance, avec une certaine appréhension.

Le skeud commence assez mal avec Analogue Avengers/Bertrand Russell’s Sex Den. Le titre commence de suite, sans intro, la rythmique fait festive et la voix du chanteur est abominable. On a l’impression d’être dans un pub irlandais avec un groupe qui joue complètement ivre. C’est redondant et on est très loin du heavy proposé, surtout que les grattes ne sont pas forcément mises en avant et les riffs sont très peu agressifs. La suite sera un peu mieux, avec Digital Resistance. C’est plus dynamique, la batterie est bien présente et les grattes sont au rendez-vous. Seulement, on aimerait quelque chose de plus rentre dedans, on a la sensation que le groupe est resté bloqué dans les années 90 et c’est assez dommage. Alors bien évidemment, c’est toujours intéressant d’entendre des sons assez purs, presque nostalgique, mais là, il manque un truc pour que le skeud soit bon. Habeas Corpsus rentre dans le domaine de la musique d’ambiance, ce qui manquait grandement dans le premier titre. On est dans quelque chose qui tire vers le western, avec sa batterie redondante qui rappelle le cheval au galop. On aura même droit à un solo parfaitement maîtrisé qui montre toute l’étendue du talent du groupe. Mais encore une fois, le titre ne va pas assez vers le heavy et reste dans un hard rock gentillet et qui n’ose pas faire un peu plus de bruit comme le proposerait un Iron Maiden. D’ailleurs, on ne voit pas comment le groupe peut défendre ce genre de titre en concert tant c’est assez mou. Magic Hooligan démarre plus fort, jusqu’à l’arrivée de la deuxième gratte qui ramollit le truc. Puis arrive le couplet avec une rythmique ultra rapide qui change complètement de ce que l’on a entendu jusqu’à présent. Ce qui semblait être du vrai heavy va vite retomber à cause d’une voix abominable qui ne sert absolument pas le morceau. C’est dommage, car techniquement, c’est le titre le plus rapide et le plus intéressant. Ghastly Appendage est un autre titre dans la masse, sans identité et en plus de cela assez mou. Seule la rupture, techniquement parfaite assure un éveil de l’auditeur.

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Fort heureusement pour nous, le groupe va se réveiller sur la deuxième moitié du skeud. Laser Enforcer est le premier tube du groupe et on comprend pourquoi. C’est le premier titre vraiment dynamique et qui rentre entièrement dans la catégorie Heavy Métal. C’est puissant, rapide et techniquement parfait. D’ailleurs, même la voix du chanteur s’accorde parfaitement avec le tout pour fournir l’un des meilleurs titres du skeud. Le soufflet redescend très vite avec The Price is Nice, un morceau inutile, lent et qui retombe dans les travers du groupe lors de la première moitié. Il s’agit certainement d’un des morceaux les plus insupportables de l’album, tant c’est mou et sans intérêt. C’est alors que survient Curriculum Vitae, et durant près de trois minutes, on est face au meilleur titre de l’album. C’est techniquement parfait, avec une montée crescendo de la violence et du rythme, allant chercher des sonorités vers le rock pur puis vers un métal pur souche en passant par le heavy. Seulement, à partir du moment où le chanteur prend le micro, c’est une catastrophe et cela casse tout le rythme instauré. Par la suite The Luddite reste dans ce que propose l’album sans grande innovation et prise de risque. On est face à quelque chose de lent, sans grand rythme et qui se veut technique mais qui en devient presque trop hermétique. Enfin, l’album se clôt sur Warrior’s Dusk, qui reste très intéressant lors de son solo et assez peu dans son ensemble. Encore une fois, la voix du chanteur n’est pas convaincante et il a du mal à suivre le rythme, préférant ralentir et ne donnant pas d’unité propre au groupe.

Au final, Digital Resistance, le dernier album de Slough Feg est une belle déception. Pas assez rythmé malgré la technicité sans faille des musiciens, le groupe perd toute sa superbe lorsque le chanteur prend la parole. Accumulant les morceaux difficilement identifiables et qui ne restent pas en tête, cet album ne marquera pas l’histoire du heavy et on comprend un peu mieux pourquoi Slough Feg n’a pas eu le succès de Iron Maiden, surtout si tous leurs albums sont de cet acabit.

  1. Analogue Avengers/Bertrand Russell’s Sex Den
  2. Digital Resistance
  3. Habeas Corpsus
  4. Magic Hooligan
  5. Ghastly Appendage
  6. Laser Enforcer
  7. The Price is Nice
  8. Curriculum Vitae
  9. The Luddite
  10. Warrior’s Dusk

Note : 07/20

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Par AqME

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