Une Bague, une Boîte, et de l’Espoir – Angie Le Gac

Auteure : Angie Le Gac

Editeur : AFNIL

Genre : Dystopie

Résumé :

Tabitha, une fillette de dix ans, vit dans les sous-sols d’une gare avec d’autres survivants du Gros Truc, un bouleversement mondial. Un jour, pour honorer la promesse de ramener Husky, un rat animal de compagnie à sa vieille amie, elle est contrainte de quitter la gare et se retrouve perdue à l’extérieur. Sa rencontre avec les Sauvages va bouleverser sa vision du monde et redonner des couleurs à son monde.

Avis :

Une bague, une boîte et de l’espoir nous transporte dans un univers sombre, post-apocalyptique, étrangement aussi noir que beau, également poétique. La situation dystopique tragique se confond avec le discours écologique et plein de lumière que décrit l’auteure, via des images fortes, des personnages attachants, des scènes émouvantes et de magnifiques illustrations. Le roman, principalement destiné à la jeunesse, porte un lourd message, qui parlera aussi bien aux adultes qu’aux enfants. Lecture du soir visuellement prenante et émotionnellement captivante, Une bague, une boîte et de l’espoir constitue un instant plutôt unique, qui se lira rapidement mais qui restera bien plus longtemps dans les mémoires.

Le style des graphismes épate par ses détails et son parti-pris artistique envolé. Les insectes n’ont jamais été aussi gracieux et beaux, n’ont rien d’effrayant et devraient fasciner même ceux qui en ont habituellement peur. Ils illustrent la quasi-totalité des pages et, même s’ils restent agréables pour l’œil, ces bêtes volantes possèdent un réel intérêt pour l’histoire et le message qui est véhiculé. Finalement, rien n’est laissé au hasard. Ces dessins apportent à la lecture une légèreté que l’univers conté, surtout au début, ne permet pas vraiment d’entrevoir.

Les mots employés relèvent de simplicité et d’efficacité. L’apocalypse qui a détruit l’humanité, appelée le Gros Truc, en conteste. La force des mots nous emmène sur des sentiers peu explorés. L’auteure nous permet de ressentir les émotions, les sensations et les pensées de la petite Tabitha, notamment grâce à des réflexions cohérentes et plausibles pour son jeune âge. On observe le bunker dans lequel elle vit avec ses yeux pas si innocents que cela, qui savent analyser et qui lui permettent de survivre en environnement hostile. Rien ne semble lui réussir, pourtant Tabitha ne désespère pas et vit au jour le jour, en s’occupant comme elle peut, ne mangeant pas à sa faim et se souvenant affectueusement de sa grand-mère décédée qui lui a tout appris. Le monde tel que nous le connaissons ne lui dit rien ; la petite fille n’a jamais vu de fleurs, ou de ciel étoilé. Comment réagira-t-elle lorsqu’elle découvrira notre Terre dévastée par le Gros Truc ? Y-aura-t-il des survivants ? Décidera-t-elle de changer de vie ?

L’histoire avance vite sans se presser. Les dialogues avec Tabitha enchantent par leur innocence et leur intelligence. Le personnage principal est une héroïne attachante, émerveillée par ce qui l’entoure et optimiste, malgré le temps passé en sous-sol, dans un milieu sans couleur et terne. Une bague, une boîte et de l’espoir joue sur la découverte d’un monde et la fascination d’un foyer que l’on ne sait finalement plus apprécier à sa juste valeur. La nature recèle de mystères et de secrets et l’humanité peut très bien vivre en les partageant et les respectant.

L’histoire manie peu le suspense ou les rebondissements, mais la lecture n’en est pas du tout dégradée. Au contraire, on suit les aventures de Tabitha avec un plaisir non dissimulé, désireux de découvrir ce que sont les Sauvages ou ce que cache la fameuse boîte que la petite fille transporte toujours avec elle. Quelques mystères entourent Tabitha et les révélations des dernières pages répondent à toutes les interrogations induites par le récit, et donnent des pistes de réflexion à nos réflexions muettes, qui nous poussent à nous questionner sur notre place sur Terre.

D’un côté, dans le bunker, la survie semble le seul mot d’ordre, tandis qu’à la surface, la vie paraît avoir repris ses droits d’une toute autre manière. Le partage, l’entraide, l’altruisme… des états que Tabitha n’a pas l’habitude de côtoyer et qu’elle finira par intégrer. Bien que l’on pourrait le penser, le récit n’a rien de niais, reste vrai et cohérent tout du long. Rafraîchissant, il laisse la place à des personnages charismatiques, qui n’ont pas forcément besoin de s’exprimer pour se faire comprendre, et décrit les conséquences de notre décadence avec des termes justes, et tristement plausibles.

Une bague, une boîte et de l’espoir s’appuie sur des bases terrifiantes mais fait du bien au final, tout en permettant aux adultes, comme aux enfants, de réfléchir à l’avenir. Grâce à des chapitres courts et efficaces, des illustrations magiques et une police d’écriture spécialement établie pour faciliter la lecture aux enfants atteints de dyslexie, l’auteure nous accorde une œuvre pleine de magie, à lire et relire sans modération.

Note : 20/20

Par Lildrille

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