mai 25, 2022

Providence

De : Alain Resnais

Avec Dirk Bogarde, John Gielgud, Ellen Burstyn, David Warner

Année : 1978

Pays : France, Suisse

Genre : Drame

Résumé :

Le film décrit le processus de la création littéraire. Une partie de l’histoire se déroule dans l’imagination de Clive Langham, un écrivain célèbre qui sait qu’il va mourir et qui, la veille de son soixante-dix-huitième anniversaire, élabore sa dernière œuvre, un récit dans lequel il parle de lui-même, de ses souvenirs, et dont les principaux personnages sont les membres de sa famille. Les liens et les divergences qui existent entre l’art et la vie sont révélés. Mais croyant peindre les autres, il s’est peint lui-même, mettant à jour certains aspects cachés de sa personnalité.

Avis :

Immense réalisateur français, Alain Resnais est considéré par beaucoup comme un incontournable de ces cinquante dernières années. Riche d’une carrière qui débute dans les années 40, cette dernière se conclue en 2014 avec un dernier long, qui sortira quelques semaines après sa mort. Cette année 2022, j’ai l’envie de me lancer dans une rétro autour des films qui ont reçu le César du meilleur film, et au sein de l’académie, on peut facilement dire qu’Alain Resnais est le patron, car dans cette catégorie-là, le réalisateur demeure encore aujourd’hui le plus primé avec pas moins de trois César.

Et ce premier César, il arrive avec ce « Providence« , un film que le cinéaste a tourné en langue anglaise. « Providence » est un film qui, dans son idée, tient quelque chose de vraiment très intéressant et qui démontre bien toute l’envie et l’audace du cinéma d’Alain Resnais. Expérience et film expérimental qui s’amuse à conjuguer l’imaginaire et la réalité, « Providence » est assurément un film comme on en voit peu. Or, malgré son envie, malgré son audace, et malgré sa très belle idée, « Providence » est aussi un film devant lequel je me suis énormément ennuyé. Alain Resnais livre un film riche qui foisonne, mais derrière ça, il livre aussi un film difficile d’accès, qui reste fermé sur lui-même et finalement qui se fait élitiste (un peu comme tout ce que j’ai pu voir du réalisateur jusqu’à présent).

Au crépuscule de sa vie, seul dans sa chambre à coucher, Clive Langham, un vieil écrivain, se meurt lentement. Or, Clive a une dernière histoire en tête et s’il n’aura peut-être pas le temps de la coucher sur papier, il s’accroche à son idée et tente, au plus profond de lui-même, de lui donner « vie ». Mais entre la solitude, les douleurs, les insomnies, et plus encore, Clive mélange tout, et apporte beaucoup de sa propre histoire, de sa propre famille, au sein de l’intrigue qu’il est en train de créer.

J’aime, non, j’adore le cinéma français et en tout bon amoureux du cinéma français, il y a certains noms aux côtés desquels on ne peut pas passer et Alain Resnais en fait partie. Alors avec mon envie de découverte, avec ma curiosité qui ne cesse de grandir et ma ténacité, je me lance encore et encore dans les films de ce metteur en scène si singulier et pour l’instant, hormis « Hiroshima mon amour« , je dois bien avouer que pour ce que j’en ai vu, je crois bien que le cinéma d’Alain Resnais n’est pas fait pour moi et malheureusement, ce « Providence » ne fera pas exception à ce qui a tout l’air de se poser comme une règle.

Pourtant, ce sentiment est terriblement agaçant et d’autant plus ici, car « Providence » est un film qui tient une idée en or. Une idée qui dès la lecture du synopsis m’a donnée une folle envie de m’y arrêter de suite. Avec ce film, Alain Resnais nous propose de nous aventurer dans l’imaginaire d’un vieillard, et plus précisément dans le processus de création d’un écrivain. « Providence » est un film qui se déroule alors dans un esprit. Un esprit malade qui essaie tant bien que mal de raconter quelque chose, tout en essayant aussi de lutter contre son propre mal. Bien entendu avec une telle idée, et surtout une telle douleur véhiculée par beaucoup de choses, il règne une confusion évidente dans « Providence« . Une confusion qui au départ pique l’intérêt. Il faut dire que le film, les images, et les personnages partent dans tous les sens, et au départ, l’ensemble est captivant.

Un sentiment qui est aussi particulièrement tenu grâce à un casting so british que Resnais réunit ici, Dirk Bogarde, David Warner, John Gielgud et l’américaine Ellen Burstyn. Tous sont bons, même s’ils trouvent des rôles flous et difficilement compréhensibles à la longue. Et c’est bien sur ce « à la longue » qui le film va finir par avoir raison de nous. Si au départ « Providence » se fait intéressant, finalement, plus le film avance, plus la confusion et les flous se rencontrent, et plus l’intrigue se fait incompréhensible. Bien entendu, cette incompréhensibilité est là pour appuyer l’esprit malade de son personnage, mais malheureusement, malgré cet argument de poids, « Providence » se fait de moins en moins intéressant. Alain Resnais enchaîne les longueurs, tourne en rond et au bout de ça, il ne raconte pas grand-chose, pour ne pas dire rien du tout. Puis derrière ça, le film, à force de folie pour ne rien raconter, finit même par agacer.

Reste alors la technique, qui malgré des longueurs, livre, prises seules, des scènes très intéressantes dans leur idée et la conception, et un montage qui entre rêve et réalité, entre imaginaire et souvenirs attise l’intérêt et démontre bien toute l’envie de cinéma hors normes d’Alain Resnais.

Ainsi, malgré sa très belle idée et des idées de mise en scène captivantes, « Providence » est un film qui m’a ennuyé profondément. Alain Resnais n’arrive pas à nous tenir face à son film et plus celui-ci avance et plus l’on décroche. Certes, c’est très original et ça ne ressemble à aucun autre film, mais derrière ça, ça ne raconte pas grand-chose, ça a mal vieilli et finalement, une fois le générique arrivé, on a la désagréable sensation que le film ne s’adresse qu’à une caste d’artistes qui pourraient y avoir accès. Bref, ce n’est pas encore avec ce film que le cinéma d’Alain Resnais va me conquérir (mais je m’accroche, on ne sait jamais…).

Note : 07/20

Par Cinéted

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