janvier 28, 2022

Spider-Man 3

De : Sam Raimi

Avec Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco, Thomas Haden Church

Année : 2007

Pays : Etats-Unis

Genre : Super-Héros

Résumé :

Peter Parker a enfin réussi à concilier son amour pour Mary-Jane et ses devoirs de super-héros. Mais l’horizon s’obscurcit. La brutale mutation de son costume, qui devient noir, décuple ses pouvoirs et transforme également sa personnalité pour laisser ressortir l’aspect sombre et vengeur que Peter s’efforce de contrôler.
Sous l’influence de son costume, Peter devient trop sûr de lui et commence à négliger ses proches. Contraint de choisir entre le pouvoir si séduisant de ce nouveau costume et la compassion qui le caractérisait avant, Peter va faire face à ses démons lorsqu’il affrontera deux des pires méchants de l’histoire, l’Homme-sable et Venom, dont l’extraordinaire puissance et la soif de vengeance menacent Peter et tous ceux qui lui sont chers.

Avis :

Fort de deux premiers volets qui ont fait un carton au box-office, il ne fallait surtout pas laisser tomber l’homme-araignée dans le domaine de l’oubli. C’est pour cela que très rapidement, après la sortie du deuxième opus, la même équipe (ou presque) s’est mise en chantier pour un nouveau film. Sam Raimi reprend alors les rennes de Spider-Man, pour ce qui sera un temps le long-métrage le plus cher de l’histoire. Ambitieux, ajoutant deux méchants qui vont nécessiter des heures de maquillage et d’effets spéciaux (pas moins de 1000 personnes seront nécessaires), ce troisième film mettant en scène Peter Parker va pourtant être le moins bon de la trilogie. Entre des effets spéciaux qui ont mal vieilli à cause d’une mauvaise gestion de leur emploi, une histoire qui traine la patte avec un Venom sous-exploité et un Peter Parker qui devient égocentrique, Sam Raimi perd un peu la flamme.

Noir, c’est noir

Peter Parker est heureux d’être Spider-Man. Les gens l’adulent et tout va bien pour le jeune homme qui continue de bosser pour le Daily Bugle. Malheureusement, ce n’est pas le cas de Mary Jane, qui va se faire évincer de sa nouvelle pièce de théâtre. Maladroit, Peter va enchainer les boulettes avant de se faire infecter par une substance noire qui va exacerber tous ses mauvais côtés. De son côté, Harry s’attaque à Spider-Man avant de faire une chute et de devenir amnésique. Pendant ce temps, dans la ville, l’homme-sable cherche de l’argent pour faire soigner sa fille. Tout cela fait beaucoup de choses à mettre dans un seul film, et Sam Raimi va tout condenser en moins de deux heures vingt. Voulant toujours s’appesantir sur les personnages, il va perdre du temps sur les ressentiments de Peter, et oublier de construire des méchants un peu plus solides.

Le principal problème d’écriture de ce Spider-Man, c’est qu’il se concentre bien trop sur Peter Parker et ses ruminements. Le jeune homme est euphorique au début, au point qu’il en perd tout respect envers M.J. Il demande même à Gwen Stacy de refaire la scène du baiser devant tout le monde, et le jeune homme ne voit pas qu’il blesse sa petite amie. Quant à sa relation avec Harry, si elle est très conflictuelle au départ, il va profiter de l’amnésie de son camarade pour éviter le sujet qui fâche, la mort de Norman Osborn. Ainsi, Peter devient un être un peu arrogant, opportuniste, et il ne va pas forcément attirer de la sympathie. Il en va de même avec son attitude lorsqu’il est infecté et qu’il prend confiance en lui, donnant lieu à des séquences inutiles, voire ridicules, comme ce moment où il danse dans la rue.

Trop de méchants, tue le méchant

L’autre gros problème du film, c’est qu’il accumule pas moins de trois méchants, et même s’ils ont des enjeux différents, ils ne bénéficient pas de la même qualité de travail. A titre d’exemple, Venom est un semi-ratage. Le symbiote n’est pas du tout exploité à titre de grand méchant, si ce n’est à la fin pour prendre possession d’Eddie Brock, un journaliste cynique et opportuniste que Parker à détruit… en étant sous l’emprise de Venom. Il n’apparait qu’à la toute fin du métrage et ne semble pas être une grande menace. Alors certes, c’est toujours mieux que le Venom avec Tom Hardy, mais on reste tout de même sur une exploitation ratée d’un des méchants les plus cultes de Spider-Man. Ce qui ne sera pas le cas de l’Homme-Sable, sous exploité, mais beaucoup plus intéressant dans sa démarche. IL s’agit-là d’un ennemi touchant.

Flint Marko a toutes les bonnes raisons du monde pour braquer les banques, et il devient un personnage méchant par nécessité, et non pas par nature. Thomas Haden Church est bluffant dans ce rôle de père à la ramasse et qui veut tout faire pour sauver sa fille. Son passé avec l’oncle Ben apporte aussi son lot d’émotions, permettant même à Peter de faire son deuil et de donner son pardon. Avec le Bouffon Vert, c’est une autre paire de manches. Harry Osborn, pénible au départ, et assez ringard avec son snow, va vite changer de veste grâce à son majordome. Si les affrontements entre Harry et Peter sont violents, cela ne l’empêchera de devenir une aide essentielle. Si le retournement de situation est trop rapide, il permet, là aussi, de travailler sur le pardon, celui d’un ami qui a mal jugé son meilleur ami.

Failles techniques

Malheureusement, pour en arriver jusque-là, il faut se farcir deux longues heures de film qui alternent des passages lénifiants et des phases d’action qui manquent de lisibilité. Et c’est là le plus étrange, car Sam Raimi est un vrai cador à la réalisation, et il trouve toujours de nouvelles idées, mais là, elles sont mal employées. A titre d’exemple, on peut citer le premier combat entre Peter Parker et Harry Osborn. Les effets spéciaux sont ringards et la réalisation ne suit pas vraiment, offrant des moments où l’on ne comprend rien. C’est d’ailleurs fou de se dire que c’est le troisième film qui a les plus mauvais effets numériques. Et pourtant, il y avait de l’argent. Alors oui, certains moments sont toujours aussi épiques, comme le sauvetage de Gwen Stacy, mais les affrontements manquent de poigne, surtout si on compare cela aux deux volets précédents.

Au final, Spider-Man 3 est un peu le vilain petit canard de la trilogie. Il s’agit clairement du moins bon des trois films. Mais aujourd’hui, cela ne veut pas dire grand-chose, car si on compare avec toutes les nouveautés du MCU, on reste dans une qualité autre. Sam Raimi tente, expérimente et surtout, il essaye de peaufiner ses personnages. Et même lorsque ce n’est pas forcément réussi, cela reste honnête et fait avec le cœur. Spider-Man 3 accumule les défauts, mais il reste un film intéressant à plus d’un titre, même si on lui préfèrera ses deux aînés.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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