novembre 30, 2021

Special ID

Titre Original : Dak Siu San Fan

De : Clarence Fok Yiu-Leung

Avec Donnie Yen, Jing Tian, Andy On, Ronald Cheng

Année: 2013

Pays: Chine

Genre: Action, Policier

Résumé:

Sous l’identité d’un chef de gang sans scrupules, Chan, policier dévoué, se voit contraint d’accepter une nouvelle mission périlleuse auprès d’un caïd aux méthodes expéditives. Avec Jing, sa belle coéquipière au tempérament de feu, ils vont devoir affronter les gangsters les plus violents de Chine. Mais pour porter un coup d’arrêt définitif au crime, il va mettre en danger sa couverture et sa famille. Entre trahison et désir de vengeance, la justice a le goût de sang…

Avis :

Sur la base d’une approche débridée et décalée, le cinéma hongkongais n’a jamais été réputé pour sa finesse. Les années 1980 et 1990 ont tôt fait de fournir des polars notables dans leur domaine, comme Le sens du devoir, Une balle dans la tête ou Full Contact (Ringo Lam). Des métrages ancrés dans leur époque qui ont passablement vieilli sur certains aspects, mais demeurent des références en matière de nervosité et de violence. Qui plus est, ces films présentaient une approche différente de l’industrie cinématographique où la productivité n’était pas antinomique au regard de leurs qualités respectives. Or le rattachement avec la Chine tend à édulcorer ce constat tout nostalgique.

À partir des années 2000, l’orientation des productions reste établie dans cette débauche d’action en essayant d’« occidentaliser » le ton. De là à parler d’un choc des cultures, on songe surtout à un écartèlement pas forcément convaincant. Et Special ID est particulièrement représentatif de cet état de fait en demi-teinte. À savoir, une ouverture vers d’autres conceptions du cinéma, sans pour autant les assimiler pleinement. Cela vaut surtout pour une dramatisation maladroite de l’intrigue avec une recherche inutilement alambiquée et, paradoxalement, d’une simplicité confondante sur le fond. Ce traitement binaire soufflera constamment le chaud et le froid.

Les intervenants sont emportés dans une succession de péripéties dont les enjeux ne sont pas clairement établis. De plus, le fait d’éventer la couverture de Chan reste très brouillon. En effet, la mafia et les forces de police joue sur deux tableaux sans trop savoir s’ils ont révélé (ou découvert) son rôle d’infiltré… ou pas ! On alterne entre les séquences avec son identité réelle, d’une candeur à faire pâlir un enfant de 5 ans, et son personnage de gangsta badass au grand cœur. Les clichés sont de rigueur et parfaitement entretenu par les autres membres du casting. Qu’on se le dise, il n’y a aucune profondeur dans les portraits dépeints ou leurs réactions excessives.

Le fait de s’attarder sur un sujet tel que l’infiltration en milieu criminel devrait proposer une lecture ambivalente sur les notions de bien, de mal, mais aussi de loyauté et de devoir. Or, il n’est pas question de brouiller les pistes, mais de réaliser des écarts en prônant, au passage, le dévouement inconditionnel des forces de l’ordre à la patrie. Sans compter leurs aptitudes au combat, les policiers sont dotés de capacités extraordinaires et n’hésitent pas à sauter aveuglément à des hauteurs inconsidérées. Quant à la réception, elle se fait tout en douceur, comme s’ils ne souffraient pas de l’apesanteur. À ce stade, faut-il rappeler qu’on se situe dans un polar contemporain et non dans un wu xia pian ?

Quant aux combats, on côtoie l’exceptionnel et l’anecdotique. Les capacités de Donnie Yen ne sont nullement à remettre en cause et, à 50 ans, il reste plus en forme que jamais. Toutefois, certains affrontements, comme dans le tripot, laissent à penser à une certaine économie d’efforts. Des temps morts, des coups qui manquent de répondant, sans oublier la curieuse impression que certaines séquences d’action ont été improvisées. En total contraste, le règlement de compte au restaurant, à un contre plusieurs dizaines d’adversaires, démontre une indiscutable maîtrise dans la réalisation et l’exploration progressive de l’espace. Dommage que ces affrontements ne constituent pas la norme.

Au final, Special ID se distingue par un traitement anormalement archaïque du polar. Les tenants de l’intrigue sont mal agencés et d’une gaucherie sans nom. Les caricatures relatives aux protagonistes et à l’évolution de l’histoire n’oublient rien, pas même l’amitié fraternelle qui se meut en une rivalité implacable. On rajoute un peu de pathos propre aux valeurs familiales et l’on obtient un métrage stéréotypé qui, étrangement, évoque les productions des années 1990 sans pour autant en avoir la saveur. La faute à l’absence d’un parti pris assumé. La venue inopinée d’un ton humoristique discutable en est la parfaite expression. Seuls quelques combats rendent l’initiative tout juste moyenne et, reconnaissons-le divertissante. Pour autant, la cohérence n’est pas de mise. N’est pas Infernal Affairs qui veut.

Note : 10/20

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Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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