octobre 21, 2021

Week-End à Zuydcoote

De : Henri Verneuil

Avec Jean-Paul Belmondo, Catherine Spaak, Georges Géret, Pierre Mondy

Année: 1964

Pays: France, Italie

Genre : Guerre

Résumé :

A Dunkerque, en juin 1940, ses camarades et lui ayant raté l’embarquement pour l’Angleterre au plus fort de la Débâcle, le sergent Julien Maillat, dégoûté et las, rencontre Jeanne, une jeune femme qui refuse de quitter sa maison en ruines. Julien persuade Jeanne de fuir avec lui et dit adieu à ses amis. Une improbable idylle se noue bientôt entre eux.

Avis :

Henri Verneuil, c’est une carrière qui commence en 1950 avec « La légende de la terre blanche » et qui s’arrêtera en 1992 avec « 588 rue plaisir« . Entre temps, Maître Verneuil nous aura laissé des chefs-d’œuvre à la pelle et plus particulièrement au début des années 60, où le cinéaste sort presque coup sur coup, « Un singe en hiver« , « Mélodie en sous-sol« , « Cent mille dollars au soleil« , « La bataille de San Sébastien« , ou encore « Le clan des Siciliens« .

Troisième film entre Henri Verneuil et Jean-Paul Belmondo, « Week-end à Zuydcoote » aborde le siège de Dunkerque cinquante-cinq ans avant Christopher Nolan.

« Week-end à Zuydcoote« , c’est donc deux jours dans la vie de soldats français piégés dans les ruines et les plages du Nord. Parfaitement mis en scène avec un grand sens du spectaculaire, « Week-end à Zuydcoote » est aussi un très beau film sur la déshérence de soldats, dépassés par une situation et une guerre qu’ils ne comprennent pas. Et cette déshérence se fait dans une reconstitution absolument parfaite et même impressionnante.

Juin 1940, les allemands sont à Dunkerque. Julien Maillat et plusieurs de ses camarades de régiment ont raté les départs pour l’Angleterre et c’est dans les restes d’une ville assiégée et en ruine que Julien essaie comme il peut de s’enfuir. Dans cette ville, il fait la connaissance de Jeanne, une jeune femme qui refuse de quitter sa maison. Et c’est entre deux essais ratés que Julien revient toujours dans cette maison voir Jeanne. Une relation ambiguë, étrange et dans l’urgence s’installe entre ces deux êtres.

Peut-être pas le plus connu des films d’Henri Verneuil, « Week-end à Zuydcoote » demeure néanmoins un excellent film qui mérite bien qu’on le remette en lumière. Revenant donc sur deux jours avant que la ville de Dunkerque ne tombe entre les mains de l’ennemi, « Week-end à Zuydcoote » s’avère aussi intéressant qu’il est divertissant, Henri Verneuil ayant réussi à conjuguer les deux.

Ce qui est excellent avec ce film, c’est le portrait que tire Henri Verneuil et la façon dont il fouille les errances de ses personnages et plus largement, quand il creuse celui de Jean-Paul Belmondo. Un Jean-Paul Belmondo qui tient là un rôle très attachant. Un rôle touchant, qui part parfois à la limite de la folie.

Ce film tient à travers lui et les autres, un bon discours sur la guerre et de bonnes remises en question. Et étrangement, alors que le danger et la mort sont omniprésents, il y a quelque chose de très léger aussi qui se dégage de l’œuvre. Une légèreté qui s’entend même dans le titre de son film, « Week-end à Zuydcoote » … Ironie ?

Divertissant, ce « Week-end à Zuydcoote » l’est aussi et pas qu’un petit peu. Les deux heures qu’il dure passent bien trop vite et l’on restera scotché par la qualité du film qui n’a pas pris une ride. Bien au contraire. Les reconstitutions sont impeccables, les scènes de bombardement sont grandioses (d’ailleurs, on sent que Nolan s’en est beaucoup inspiré pour faire son « Dunkerque » tant certaines scènes se ressemblent), la pyrotechnie est fabuleuse. Ce « Week-end à Zuydcoote« , c’est du cinéma à l’ancienne, c’est de l’artisanal et ça se sent autant que ça se voit. On sent que son réalisateur tient à offrir le spectacle le plus vrai et brut possible et il y met les moyens. À noter que la dernière scène, entre l’espoir fou de Belmondo, le spectaculaire de la mise en scène et son intime (bien souvent les scènes de guerre sont vues à travers les yeux de Belmondo, à hauteur d’homme, ce qui rend d’emblée le film plus fort émotionnellement), et la BO de Maurice Jarre, appelle à elle seule au chef-d’œuvre, concluant en un requiem qui nous laisse un grand vide, tant cette scène, et plus largement le film, est efficace.

Seul petit bémol, les caprices de Catherine Spaak qui, si l’actrice est excellente, le personnage est quelque peu lourd et l’on a du mal à croire à cette histoire d’amour qui se fait sur deux jours.

« Week-end à Zuydcoote » est donc un excellent film de guerre, doublé d’un très bon drame. Encore une fois, le génie d’Henri Verneuil œuvre. Un génie qui trouve une alliance parfaite, avec cet acteur fétiche qui est Jean-Paul Belmondo. Nul doute alors que le film est à découvrir et à remettre en lumière. Un scénario solide, une mise en scène exemplaire et des acteurs au top…

Note : 16/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=D2gfMxETEms[/youtube]

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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