janvier 21, 2022

La Nuit des Maléfices

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Titre Original: Blood on Satan’s Claw/Satan’s Skin

De : Piers Haggard

Avec Patrick Wymark, Linda Hayden, Barry Andrews, Michele Dotrice

Année: 1971

Pays: Grande-Bretagne

Genre : Horreur

Résumé :

Au XVIIème siècle, dans un petit village anglais, se produisent plusieurs évènements que les habitants ne peuvent s’expliquer. Disparitions, mystérieuses visions et étranges cérémonies mènent bientôt les villageois à la panique…

Avis :

Il fut un temps où le cinéma de genre avait de grandes maisons d’édition et faisait des efforts pour attirer un maximum de personnes. Tout le monde connait la mythique maison Hammer qui aura produit de nombreux films d’épouvante, et notamment une grande palanquée de films sur Dracula avec Christopher Lee, et qui est réapparue il y a peu avec des films comme La Dame en Noir avec Daniel Radcliffe ou encore Wake Wood. Mais il n’y avait pas que la Hammer, il y avait aussi les maisons Amicus, Tigon et Tyburn qui proposaient des films d’épouvante surfant sur différents thèmes chers au cinéma d’épouvante. On y retrouve en vrac, du vampire, du loup-garou, du fantôme, de la maison hantée ou encore des sorcières et c’est ce qui nous intéresse. En effet, La Nuit des Maléfices est un film d’épouvante qui tourne autour des sorcières, des rites sataniques et donc de Satan. Mais avec plus de 40 ans d’âge, le film n’a-t-il pas perdu de sa superbe ? Allons voir cela de plus près.

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Austérité religieuse, quand tu nous tiens !

Le scénario du film est relativement simple à suivre, jusqu’à une rupture qui peut perdre un petit peu le spectateur. Nous sommes au XVIIIème siècle et un jeune berger, retournant la terre avec son cheval découvre un cadavre qui n’a rien d’humain. Sans le savoir, il vient de libérer une force maléfique. Petit à petit, les jeunes gens de la petite bourgade deviennent de plus en plus mauvais, s’adonnant à des jeux dangereux et formant une sorte de secte sataniste. Le comte revient alors dans ses terres pour régler ce problème, où les jeunes convertis possèdent une marque de poils noirs sur une partie de leur corps, la marque de Satan. Pas de besoin de passer par quatre chemins, on voit très bien que l’on est en plein dans un délire parano avec des sorcières, un culte à Satan ou une autre quelconque créature maléfique et un prêtre ainsi que le comte du bled vont tenter de déjouer les actes horribles de cette sorcière et de ses fidèles. Si l’histoire ne raconte rien de neuf, le film demeure assez mystique et mystérieux avec une ambiance très forte et relativement malsaine. S’il ne se passe pas grand-chose au départ, le temps d’installer une ambiance lourde et de présenter de personnages importants, le film décolle vraiment à partir d’une scène très glauque, très gênante, assez hallucinante pour l’époque. D’ailleurs, ce qui va différer entre un film de sorcières lambda et La Nuit des Maléfices, c’est une réalisation parfaite, avec une photographie exemplaire. C’est d’ailleurs ce qui sauve le film de l’ennui, avec les prestations des acteurs qui sont parfaites.

Patrick Wymark incarne ici le comte, un homme fort et strict. Déjà vu dans des films de sorcières comme Le Grand Inquisiteur ou encore des films de SF comme Danger Planète Inconnue, La Nuit des Maléfices est son dernier rôle car il est mort peu de temps après à l’âge de 50 ans. Il tient son rôle à la perfection et demeure très convaincant. Pour l’épauler dans ce film, nous avons Linda Hayden, sex-symbol de l’époque, qui a eu l’habitude de jouer dans des films de sexploitation et qui nous ressert sa jolie paire de seins durant le métrage. Elle campe le rôle de Angélique, une jeune fille qui devient sorcière et proche d’une créature à griffes que l’on tiendra pour Satan. Elle joue à la perfection et provoque de vrais frissons dans le dos à chaque apparition, notamment dans la seconde moitié du métrage, où l’on peut lire la folie sur son visage. Le reste du casting demeure un peu plus discret, mais tout ce petit monde semble se régaler et s’implique vraiment dans le rôle. Si on allie cette performance à l’ambiance humide et glauque, on obtient quelque chose de très agréable.

Malheureusement, on n’échappera à quelques incunables de ce genre, comme des longueurs, parfois difficilement supportables. Entre le moment de la découverte du corps et de la transformation psychique des jeunes, il ne se passe pas grand-chose et on s’ennuie ferme. Si l’ambiance reste encore une fois bien pesante, force est de constater que le film accuse un peu le poids des âges et que les attentes des spectateurs d’aujourd’hui sont différentes de celle des années 70. Alors attention, je ne dis pas non plus que les attentes d’aujourd’hui sont plus importantes, loin de là, le cinéma actuel est plutôt moribond, mais lorsqu’un film prend trop son temps, et bien c’est chiant ! Néanmoins, la rupture du film est d’une grande violence graphique et psychologique. Le viol d’une jeune fille par les partisans de la secte demeure un moment intense, gênant et très glauque, qui fait sombrer le film vers l’épouvante la plus pure. Elle dénote du reste du film, car c’est une scène frontale et très violente dans un film qui ne l’est pas forcément. Ce sera d’ailleurs la seule scène assez gore du film, avec une autre, celle où un médecin retire une touffe de poil représentant la marque du diable, mais qui demeure assez mal foutu, même pour l’époque.

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Oh tu vas prendre !

Au final, La Nuit des Maléfices est un métrage assez plaisant et pas dénué d’intérêts. Si quelques longueurs, inhérentes au genre, viennent un peu gâcher le film, il faut reconnaître que l’ambiance glauque, les quelques scènes gores et la prestation des acteurs en font un film tout à fait recommandable et regardable. Donc si vous êtes fans des films gothiques britanniques des années 70 et des chasses aux sorcières, ce film risque fort de vous plaire !

Note : 13/20

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=9YcP-cnlYas[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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