septembre 28, 2020

Gonelore T.02 – Le Maguistre – Pierre Grimbert

Auteur : Pierre Grimbert

Editeur : Mnémos

Genre : Fantasy

Résumé :

Alors que Gonelore est de plus en plus menacé, les Arpenteurs chargés de défendre le monde se lancent dans une guerre fratricide. Qui sont donc les ennemis du Maguistre ? Quels buts poursuivent-ils ? Les membres du Concitre tentent de percer leurs secrets, mais l’enquête s’annonce difficile… Et chaque nouvelle découverte provoque la consternation, puis l’effroi !

Devant les dangers qui les entourent, les apprentis de Mageronce sont envahis par le doute. Doivent-ils renoncer à leurs baudriers, et fuir tant qu’il est encore temps ? Ou, au contraire, honorer leurs serments ? Tous savent que ce choix déterminera le reste de leur existence… et sans doute, également, sa durée.

Dans cette situation de crise, même les plus jeunes élèves doivent se surpasser. Les professeurs sont décidés à accélérer leur entraînement, quitte à rendre ce dernier encore plus périlleux ! Mais c’est le seul moyen d’aider les recrues à relever les défis qui les attendent – ou tout au moins, à y survivre…

Au milieu de ce chaos, Jona s’interroge sur ses origines. Et les révélations faites sur son passé le plongent dans l’étonnement… Mais, lui dit-on seulement la vérité ?

Avis :

Pierre Grimbert est l’un des pères de la Fantasy française. Notamment connu pour sa saga Le Secret de Ji et ses suites, l’auteur est un amoureux de ce genre, si rare dans nos contrées. Avec Gonelore, l’auteur reste dans ce genre, mais il va construire tout un univers assez inédit et relativement novateur. En effet, dans le premier tome, qui est plus une introduction avec la mise en place d’un ennemi qu’une réelle histoire complète, l’écrivain montrait une mythologie intéressante où Gonelore était la strate la plus basse d’un monde recouvert de voiles (qui équivalent à des mondes parallèles) peuplés de créatures qui aiment de temps à autre piocher dans la chair fraîche des humains. A partir de là, Pierre Grimbert établit des guerriers protecteurs, appelés arpenteurs, qui seront le centre de l’histoire et notamment la présence d’une école qui va former de jeunes apprentis.

Le deuxième tome, qui se nomme Le Maguistre, est dans la continuité du premier tome et reprend là où le premier livre nous avait laissé, c’est-à-dire juste après la bataille qui a fait rage dans Mageronce, l’école des arpenteurs. Dans ce tome, le calme revient petit à petit, mais Radjaniel, le maître référent des jeunes que l’histoire suit, est rapidement pris par une enquête où il doit trouver des traitres potentiels au sein de l’école. Les jeunes élèves sont alors répartis parmi d’autres professeurs et ce deuxième tome va alors suivre les progressions de chacun et les traumatismes d’après-guerre. De ce fait, chaque petit chapitre est découpé de façon à suivre les personnages en fonction de leurs pensées et de leurs pérégrinations. On pourra alors voir le parcours chaotique de Gesse qui doit voler quelque chose pour son nouveau professeur, ou encore les choix complexes de Berris qui n’arrive pas à tuer deux petites chimères et qui essaye en secret de les élever. On pourra aussi voir le parcours de Nobiane, la « chef » du groupe, qui doit faire face aux sarcasmes d’autres élèves à cause de ses origines aristocratiques.

Mais le plus intéressant reste le parcours de Daelfine, une jeune fille qui devient aveugle à cause de la précédente bataille et qui va tout faire pour rester au sein de l’école, et bien évidemment le parcours de Jona, ce jeune garçon au pouvoir étonnant et qui semble capable de contrôler un dragon. Ce sont réellement ces deux personnages qui sont les plus intéressants dans ce tome car ils sont pleins de mystères et leur avenir est vraiment incertain, rajoutant une dimension dramatique prenante et percutante. Cependant, il y a un personnage qui vole la vedette à tout le monde, c’est le maguistre, Denelius. Au départ gentil, prévenant et avenant, l’homme va devenir petit à petit hystérique, violent et très mystérieux. Est-il vraiment gentil ? N’est-il pas aussi un traitre ? Ces questions ne vont faire que monter au fur et à mesure de la lecture de ce deuxième tome qui tient bien son nom. Le problème, c’est que les autres personnages sont laissés un peu de côté et même si certains passages dévoilent la psychologie complexe de Vrinilila la maître-ciseleuse ou encore le regard étrange d’Arolde, le futur maguistre, il manque de l’ampleur pour ces personnages secondaires. On retrouvera aussi Vargaï dans une situation délicate, découvrant les terribles secrets des traitres, mais il manque quelque chose pour que sa situation soit réellement prenante.

En fait, le plus gros défaut de ce tome, c’est qu’il baigne dans un certain immobilisme. Toute l’histoire de ce deuxième tome se passe essentiellement à Mageronce ou dans l’Enclave, l’école des traitres de Tannakis. Du coup, on voyage très peu, les lieux se ressemblent tous et il manque vraiment une dimension épique à ce deuxième tome qui est censé être l’avant-dernier de la saga. De plus, on sent clairement les références de l’auteur, à savoir Harry Potter. Comment ne pas faire la similitude entre les enfants de J.K. Rowling et ceux de Pierre Grimbert ? Des élèves à qui ils arrivent des aventures dangereuses, des professeurs gentils et d’autres beaucoup moins, une organisation de traitres qui veut renverser les arpenteurs, de la magie et des créatures fantastiques, bref, même si on est clairement dans de la fantasy pure souche, les ressemblances sont un poil trop grosses pour être ignorées. Fort heureusement, l’auteur français a su trouver une identité assez précise et le prouve notamment avec la mythologie installée et approfondie dans ce tome. On retrouvera donc de nouveaux prismes qui offrent de nouveaux pouvoirs et une nouvelle utilisation des chimères qui promet beaucoup de choses pour le prochain tome. A noter aussi l’arrivée de nouveaux personnages énigmatiques et des questionnements autour de la légitimité des arpenteurs, ce qui donne forcément envie de savoir la suite.

Au final, le deuxième tome de Gonelore est un bon moment même s’il contient de gros défauts, notamment dans son incapacité à fournir de l’épique ou de nouveaux décors afin de rendre l’aventure plus palpitante. On se retrouve donc face à une énigme fantasy intéressante et riche, qui sait approfondir intelligemment son univers, mais qui manque cruellement de souffle pour devenir une vraie référence. Mais le troisième tome sera certainement d’une grande richesse, tant les chemins peuvent être nombreux et les pistes à explorer semblent être tumultueuses. Un deuxième tome qui fait office de liant, en espérant une explosion dans le dernier tome.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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