juin 24, 2024

Jack White – Lazaretto

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Avis :

Où sont passés les nouveaux vrais rockeurs ? Il faut dire que comme tout style qui ne passe pas forcément à la radio sur à la télé, comme le blues, le jazz ou encore la musique classique, le rock perd peu à peu ses figures de proue, tel un vieux navire laissé à l’abandon. Et pourtant, comme pour tous les genres délaissés par la masse populaire, certains artistes font encore et toujours de la résistance. Jack White est ce que l’on pourrait appeler le dernier rockeur encore en vie. Empruntant aussi bien à Jimi Hendrix qu’aux Rolling Stones, ce talentueux jeune homme de 39 ans a révolutionné le monde du rock avec un seul morceau et un accord d’une simplicité enfantine. Officiant depuis les années 90, il explose avec son groupe dans les années 2000 en proposant Seven Nation Army qui sera repris en boucle par tout le monde. The White Stripes devient alors un groupe de notoriété mondiale et le talent de guitariste de Jack White ne passe pas inaperçu. Proposant ensuite divers projets comme The Dead Weathers, il entame une carrière solo et avait frappé fort en 2013 avec Blunderbuss, une totale réussite sur tous les points. Et vous savez quoi, il a récidivé l’année suivante avec Lazaretto !

Et c’est assez marrant de voir que les deux albums n’ont absolument rien à voir. Si Blunderbuss était très rock et assez puissant, Lazaretto va s’aventurer dans d’autres genres, d’autres styles, pour proposer une plus grande variété de sons et surtout un retour aux sources assez inattendu. Le skeud débute avec Three Women qui est un morceau très rock, mais relativement décousu avec un schéma structurel assez bizarre. Le chanteur explore la guitare, la batterie mais aussi le piano, pour livrer un titre assez rétro, qui fait penser au rock des années 70 tout en y apportant une touche jazzy. C’est très plaisant, voire même excellent, et on ne pouvait rêver une entame aussi réussie. Surtout que ce ne sera pas le seul titre rock pêchu. Lazaretto qui arrive ensuite envoie aussi du bois en matière de guitare et montre que le type n’a rien perdu de sa verve et de son talent. Il faut dire que le croisement entre un chant assez rappé et un rock pur et dur marche du tonnerre et le titre demeure très entrainant et puissant. On retrouvera cela dans le morceau That Black Bat Licorice, qui se ressemble un peu tout en rajoutant du clavier. Les deux titres sont très réussis et on en redemande pour hocher encore plus la tête. Mais en termes de rock pur, on ne pourra pas passer à côté de High Ball Stepper, un morceau exclusivement musical, sans parole et qui envoie du lourd techniquement, sans se soucier d’un quelconque aspect commercial.

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Mais finalement, ce qui change le plus dans cet album par rapport au précédent, c’est l’omniprésence de morceaux beaucoup plus calmes et qui mettent en avant des instruments anciens. Bien évidemment, le blues étant la mère du rock, on retrouvera énormément de référence à ce genre, à l’image de Temporary Ground, qui pourra très bien figurer dans un film texan des années 70. Un vieux violon grinçant annonce le titre, puis le tout va être sublimé par une guitare pleurante et une magnifique voix féminine. On pourra aussi citer Entitlement, qui est un pur morceau blues, très lent, très beau, avec un piano qui s’accorde parfaitement à la guitare sèche du titre. Les deux derniers morceaux du skeud rentrent aussi dans cette catégorie, puisque Want and Able qui clôt l’album est purement un titre blues alors que I Think I Found the Culprit est un poil plus rock, mais avec une belle guitare sèche appuyée. Ensuite difficile de ne pas citer Just One Drink, qui pourrait parfaitement se glisser dans un album des Stones sans que l’on aurait à y redire. Au rayon des déceptions, on peut parler rapidement de Alone in My Home qui reste le morceau le plus faiblard du skeud, et aussi la durée générale de l’album qui est bien trop courte !

Au final, Lazaretto, le dernier album en date de Jack White, est encore une grande réussite. Beaucoup moins rock que l’album précédent, le guitariste n’oublie pas ses origines et propose quelque chose de clairement blues tout en gardant des racines bien ancrées dans le rock. Un album complet, un poil trop court, mais qui laisse pas mal de traces tant les titres sont forts et la maîtrise technique impressionnante. Un grand monsieur, indéniablement.

  1. Three Women
  2. Lazaretto
  3. Temporary Ground
  4. Would you Fight for my Love
  5. High Ball Stepper
  6. Just One Drink
  7. Alone in my Home
  8. Entitlement
  9. That Black Bat Licorice
  10. I Think I Found the Culprit
  11. Want and Able

Note: 18/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=MQOnbp_DspY[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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