décembre 1, 2022

Rancid – Honor is all we Know

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Avis :

A l’aube des années 90, le punk rock était encore à l’état de stade underground, où seule une poignée d’irréductibles s’amusait à pogoter sur un son de guitares électriques énergiques. Commençant à se faire un nom à la fin des années 80, Tim Armstrong et Matt Freeman forment tout d’abord Operation Ivy, seul groupe de punk insérant de vrais morceaux de ska à l’intérieur. Après la séparation du groupe (qui reste inconnue à ce jour), Tim Armstrong tombe dans la drogue et part deux fois en cure de désintoxication. Pour le sauver, Matt Freeman décide de créer Rancid, un groupe punk, pour tenter d’occuper Armstrong de lui faire oublier la poudre blanche et les seringues. Et ce fut un vif succès, le chanteur/guitariste allant jusqu’à dire que ce groupe lui a sauvé la vie, car dès leur Ep et leur premier album éponyme en 1993, les critiques et retours sont très bons. Souvent comparé aux Clashs, le groupe prend une tournure plus ska avec l’arrivée d’un nouveau chanteur, leur permettant de se démarquer et sortir du lot. Leur plus gros succès à ce jour reste …And Out Come the Wolves. C’est en 2003 que le groupe fait un hiatus, chaque membre partant avec d’autres groupes, comme The Transplants, Social Distorsion ou encore Lars Frederiksen and the Bastards. Mais ce hiatus ne durera que trois ans, puisque Rancid rempile en 2006. Après cinq ans sans nouvelles, le groupe revient cette année avec un huitième album au titre évocateur, Honor is all we Know, et c’est un joli retour aux sources pour la bande.

Dans la plus grande tradition punk, le groupe ouvre avec Back Where I Belong. Energique, galvanisante, la chanson nous emmène dans les contrées verdoyantes d’une Irlande fantasmée avec ce qu’il faut de guitares et de basses. On sent que le groupe est en grande forme et malgré la courte durée du titre (et de l’album en général puisque le skeud dure un poil plus d’une demi-heure), les paroles ont un écho sur le devenir du groupe et la mentalité de cet effort, le groupe est de retour et il est au taquet. Et on va ressentir cela dès le deuxième titre, Raise Your Fist, qui manque surement de justesse au niveau du chant, mais qui montre une envie de rébellion incroyable et qui demeure encore une fois ultra engageant, notamment sur les grattes mais aussi sur la batterie. Cet effet galvanisant, on le retrouve sur beaucoup d’autres titres comme Collision Course, A Power Inside ou encore In the Streets qui sont des titres nerveux, rapides et qui font honneur au punk des années 80/90. Rares sont les groupes qui peuvent maintenant faire un son aussi pur et sans fioritures alors que la mode est aux occlusions électros et autres machins pour plaire à une majorité finalement inexistante.

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Bien entendu, le groupe n’oublie son originalité, la présence de ska dans leurs compositions. C’est ainsi que l’on va retrouver Evil’s my Friend avec une guitare légère, un rythme enjouée et la présence d’un clavier qui rajoute un petit truc que l’on ne retrouvera pas dans les autres titres. Tout comme dans Everybody’s Sufferin’ qui reste en deçà du reste de l’album à cause d’un rythme plus lent et d’un clavier trop hésitant, s’insérant mal dans l’énergie de l’album. Heureusement, c’est résolument l’un des seuls titres un peu ennuyeux du titre qui déborde d’énergie. Néanmoins, certains titres semblent trop classiques et passent un peu à la trappe comme Malfunction ou Now We’re Through With You. Par contre, le skeud contient deux incontournables. Le premier est Diabolical, un titre un peu redondant, mais qui tient sur la longueur et qui devient rapidement entêtant. L’autre morceau est Already Dead, qui est très nerveux, flirtant parfois avec le hard rock et surtout, il possède un refrain qui rentre immédiatement en tête pour le plus lâcher le cerveau de l’auditeur.

Au final, Honor is all we Know, le dernier skeud de Rancid est une belle réussite, qui permet au groupe de montrer qu’il est toujours sur le devant de la scène et qu’il possède toujours le feu sacré du punk. On pourra néanmoins reprocher toutes les scories propres à ce genre, comme une durée d’écoute très courte et des morceaux parfois vite oubliables à cause, encore une fois d’une durée ridicule. Mais il ne faut pas bouder son plaisir, surtout quand on voit le retour fracassant du groupe.

  1. Back Where I Belong
  2. Raise Your Fist
  3. Collision Course
  4. Evil’s my Friend
  5. Honor is all we Know
  6. A Power Inside
  7. In the Streets
  8. Face Up
  9. Already Dead
  10. Diabolical
  11. Malfunction
  12. Now we’re Through With You
  13. Everybody’s Sufferin’
  14. Grave Digger

Note : 15/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=9SCF1zbsBfU[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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