Le Bal des Vampires

arton67-db841

Titre Original: The Fearless Vampire Killers

De : Roman Polanski

Avec Jack MacGowran, Sharon Tate, Roman Polanski, Alfie Bass, Ferdie Mayne, Terry Downes

Année: 1967

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie, Horreur

Résumé :

Un vieux savant et son aide pourchassent, dans un sinistre château de Transylvanie, une curieuse espèce de vampires.

Avis :

Le vampire est une légende qui prend forme en Europe de l’Est dans les années 1700 et des poussières. Démocratisée en 1897 par le roman de Bram Stoker, la créature se repaissant de sang devient une véritable icône de la littérature et, quelques années plus tard, du cinéma avec le Nosferatu de Friedrich Murnau (1922). Mais Le Bal des Vampires est-il la première parodie se moquant de tous les clichés du vampire ? Il faut croire que non, puisque le film Deux Nigauds contre Frankenstein, datant de 1948, et mettant en scène Dracula interprété par Bela Lugosi dans une comédie légère. Mais il est vrai que cela ne concerne pas vraiment les vampires en eux-mêmes. Du coup, en 1967, un an avant de faire son mythique Rosemary’s Baby, Roman Polanski livre une comédie classique, devenue culte avec le temps, où les chasseurs de vampires sont des bras cassés et les vampires complètement affamés et prônant un art de vivre très huppé. Mais avec le temps, le film n’a-t-il pas trop vieilli ? C’est ce que nous allons voir en allant faire un tour en Transylvanie !

bal-des-vampires-05

Tu te tais pendant que j’enlève la mousse !

Le scénario de ce film est relativement simple et s’appuie sur tous les écueils que l’on a pu voir ou lire sur les mythes et les légendes des vampires. On commence l’histoire avec le professeur Abronsius et son élève qui arrive dans une auberge après un périple glacé et difficile. Mais les deux personnages ne sont pas là pour le tourisme, mais plutôt pour trouver et tuer une famille de vampires vivant dans un château non loin. Malgré les réticences des autochtones, des indices, comme de l’ail accroché un peu partout, met la puce à l’oreille du professeur. C’est alors qu’un vampire mort le tenancier de l’auberge et ce dernier, alors devenu vampire, va kidnapper la plus belle fille de l’auberge. N’écoutant que leur courage, et leur curiosité, les deux compères vont se rendre dans le château pour trouver les vampires, les tuer et sauver la belle. Jusque-là, rien de bien neuf à se mettre sous la dent, on est même dans un registre très classique du mythe vampirique et que l’on a déjà vu cela avec des productions Hammer. La nouveauté va venir du ton très léger abordé dans le métrage, parfois ridicule, mais assez drôle et se moquant ouvertement du classicisme des vampires britanniques ou américains (Universal et Hammer). Ainsi, certaines situations demeurent assez cocasses, comme lorsque le professeur est bloqué dans une fenêtre, ou encore lorsque le vampire gay drague ouvertement le personnage interprété par Roman Polanski. Tout cela contrebalance les décors très gothiques du château et l’aspect vintage du métrage surtout aujourd’hui. Car avouons-le, même si le film demeure un classique du genre, il a quand même mal vieilli sur certains plans et sur certaines séquences demandant un minimum d’effets spéciaux. Si l’absence des reflets dans les miroirs est de bonne facture, on voit clairement les fonds déroulant lors des courses-poursuites dans la neige et le plan du bossu qui prend un cercueil pour une luge est assez moche. Mais le plus bizarre, c’est que cet aspect vieillot donne du cachet au film et montre la maîtrise incroyable de Roman Polanski derrière la caméra pour proposer de superbes plans comme le château, mais aussi lors du bal à la fin du film.

Les acteurs sont aussi très bons dans leur domaine. On commence par Jack MacGowran en professeur Abronsius qui excelle dans l’art de faire des mimiques ridicules mais drôles, comme la chauve-souris ou en remuant simplement ses moustaches et en regardant en l’air d’un air innocent. Il s’accapare de suite la sympathie du spectateur et c’est vraiment intéressant de voir que plus de 40 ans plus tard, ces expressions fonctionnent toujours. Roman Polanski, le réalisateur, joue aussi le rôle de l’assistant timide et amoureux. Si on ne l’entend pas beaucoup, il maîtrise son rôle à la perfection, touchant le public par son amour pour la belle rousse et par sa timidité enfantine. Ferdie Mayne n’a pas à rougir lui non plus face à Christopher Lee. Campant un vampire très proche du comte Dracula, il est charismatique, inquiétant et dénué de sentiments ou de drôleries. On ressent vraiment une méchanceté dans ce personnage. Ce ne sera pas le cas de tous les vampires, notamment avec le fils du comte qui demeure presque animal quand il a fait, mais profondément sexuel en dehors de sa fringale. Ou encore le personnage de Shagal interprété par Alfie Bass qui fait plus de pitreries qu’autres choses. Au niveau des actrices et côté féminin, on aura droit à la sublime Sharon Tate, toute en beauté, incarnant l’amour de Roman Polanski. Elle tient bien son rôle et quand on connait son funeste destin, elle meurt deux ans après le film, assassinée par la secte dirigée par Charles Manson alors qu’elle était enceinte de huit mois, on regrette vraiment cette actrice. Tout ce petit monde est relativement bien dirigé, entre un humour potache de la part des non vampires et un côté plutôt inquiétant de la part des vampires, le film n’est pas linéaire et malgré un rythme lent et une action au rabais, on passe un très agréable moment.

polanski-bal-vampires-2

Quand tu pars au ski, pense à la crème solaire !

Au final, Le Bal des Vampires est un film indispensable pour tout amateur de vampires et de comédie/parodies autour d’un thème fantastique. A la fois drôle et parfois inquiétant, baroque et léger, le film n’est pas linéaire dans son ambiance et même si sa photo a mal vieilli, on reste dans quelque chose de très bon et de rarement égalé. Bref, un film qui mérite vraiment le coup d’œil et qui montre le talent de Roman Polanski en tant que réalisateur et pas forcément en tant qu’acteur.

Note : 16/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

ServalNote de Serval: 18/20

cobra-original-1-290x290Note de Casey Slyback: 16/20

316356_10201093379436910_1464413393_nNote de Trasher: 12/20 Ça a quand même mal vieilli…

One Comment to "Le Bal des Vampires"

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net