novembre 30, 2021

Green Arrow

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Auteurs : Jeff Lemire et Andrea Sorrentino

Editeur :Urban Comics

Genre : Super-Héros

Résumé :

Oliver Queen est l’héritier d’une fortune colossale qu’il utilise pour financer la croisade de son alter ego : le justicier masqué Green Arrow. Mais tout ceci vole en éclats le jour où l’assassin Komodo s’en prend à ses plus proches alliés et lui révèlent les secrets sur la disparition de son père.

Avis :

Que peut-on faire des super-héros vieillissant et qui n’attire plus trop le public ? C’est la question que se sont posés les éditeurs de comics à la croisée des chemins entre les années 90 et les années 2000. Il fut dire qu’à quasiment chaque changement de décennie, le lectorat évolue et la perception que le lecteur a des super-héros change. Le monde allant de plus en plus vite, il faut réussir à s’adapter et à coller un maximum aux informations et autres évènements du monde. C’est ainsi que chaque super-héros évolue, essayant de coller un maximum à l’actualité et à la maturité grandissante d’un public relativement exigeant. Green Arrow dans le monde de DC, c’est le Robin des Bois du comics, celui qui aide les pauvres, les maltraités et les parias de la société pour améliorer leur condition de vie. Dans les années 70, l’archer vert a été confronté au Green Lantern dans un recueil indispensable et toujours d’actualité, critiquant cyniquement la société actuelle avec des histoires de racisme, de corruption et de drogue. Malgré ces histoires terribles, le look du Green Arrow avait besoin d’un rafraîchissement et c’est ainsi que dans les années 2010, le Green Arrow revient plus jeune, plus athlétique et avec un passé plus lourd.

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Ici, Exit les problèmes sociaux, on est face aux problèmes personnels du Green Arrow. Oliver Queen est le fils d’un riche industriel. Après trois ans d’exil sur une île où il a appris à survivre et à tirer à l’arc, il revient pour constater la chute de l’industrie de son père à cause du bras droit de l’entreprise. C’est alors qu’un archer du nom de Komodo le prend en chasse. Il va alors apprendre l’existence de castes, liés à des armes et que son père était à la recherche de la flèche verte, artefact donnant l’immortalité. Il décide de suivre les pas de son père, mais il va devoir libérer trois dragons et affronter le comte Vertigo, petit tyran d’un pays inconnu, le Vlatava. Dans cet univers qui met en avant la renaissance du Green Arrow, on n’a plus de problèmes sociaux, il n’y est plus question de racisme ou de corruption, mais plutôt de quête personnelle et de recherche de ses origines.

Bien évidemment, le récit reste relativement sombre. On y voit un super-héros sans repère et qui en perd encore plus lorsque son petit empire s’écroule à cause d’un archer terroriste. Ainsi, on verra un héros à la psychologie défaillante et qui va se poser des questions sur sa vie passée et sur son avenir. Ce qui demeure assez sympathique grâce à un récit dynamique et des combats hautement rythmés, sera un peu en deçà de nos attentes à cause de tenants et d’aboutissants très personnels et faisant fi de la mythologie du Green Arrow de l’époque. Alors effectivement, on voit qu’une nouvelle origine est en train de voir le jour, avec de nouveaux super-vilains et des aides pour Green Arrow qui se révèlent efficaces, mais sans problèmes sociaux, le Green Arrow perd un peu de sa superbe. On se retrouve avec une histoire assez classique, efficace, mais un poil trop linéaire. On sera aussi perturbé par la sensation qu’il manque un début à cette histoire. On comprend rapidement que le Green Arrow fut sur une île durant trois ans, mais la sensation de prendre le train en route de ne pas tout tenir entre ses mains est assez frustrante.

Au niveau des personnages, Green Arrow est très attachant. Jeune homme en perte de repères, il correspond parfaitement au schéma de l’adolescent d’aujourd’hui, ce qui facilite grandement l’identification et la projection. Ce sont les personnages secondaires qui sont à la traine. Komodo est un méchant plutôt badass grâce à son costume, mais il reste trop mou et pas assez nihiliste malgré des passages très durs (dont une bonne flèche dans un crâne). Shado est surement le personnage le plus agréable et qui possède une aura mystique. Son look de ninja des temps modernes est bien pensé et elle demeure attachante. Par contre, le comte Vertigo, malgré un design intéressant est un méchant peu convaincant, se faisant latter par un coup de poing dans la tronche et sans réel combat. Le tout est servi par un dessin très agréable et qui sort des sentiers battus. Les aplats de noir sont utilisés avec un certain talent et l’œuvre en ressort vraiment sombre. Le découpage et la mise en scène de certaines vignettes sont vraiment bien fichus, montrant de grande planche avec des spirales lorsque le comte Vertigo utilise son pouvoir ou encore des petits carrés qui montrent les différents endroits que le Green Arrow peut viser. Tout cela est novateur et rentre parfaitement dans l’univers de ce super-héros.

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Au final, Green Arrow, version renaissance est un récit plutôt bien foutu et qui tient le lecteur en haleine. Seules ombres au tableau, un récit dont on sent que ce n’est pas le début et la sensation d’avoir loupé un truc est présente, ainsi qu’une histoire qui se porte uniquement sur les problèmes personnels du super-héros et plus du tout sur des problèmes de société, affres que le Green Arrow aimait à combattre. Néanmoins, le dynamisme de l’histoire ainsi que des dessins très réussis font de ce premier tome une jolie réussite qui mérite sa lecture.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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