janvier 29, 2022

Luke Cage Saison 1

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D’Après une Idée de : Cheo Hodari Coker

Avec Mike Colter, Simone Missick, Theo Rossi, Rosario Dawson

Pays: Etats-Unis

Genre: Super-Héros

Résumé :

Transformé en colosse surpuissant à la peau impénétrable après avoir été le cobaye d’une expérience sabotée, Luke Cage s’enfuit et tente de recommencer à zéro dans le Harlem d’aujourd’hui, à New York. Bientôt tiré de l’ombre, il va devoir se battre pour le cœur de sa ville dans un combat qui l’oblige à affronter un passé qu’il espérait avoir enterré.

Avis :

Le MCU (Marvel Cinematic Universe) cartonne au cinéma, que ce soit à travers les histoires mettant en scène un seul héros, ou alors avec leur regroupement que l’on connait sous le nom de Avengers. Si certains trouveront toujours à redire sur les qualités de ces films, il ne faut pas oublier qu’ils arrivent toujours en tête des box-offices et que les super-héros font désormais partie d’une nouvelle mythologie. Mais depuis quelques temps maintenant, il y a une nouvelle donne avec l’affranchissement des séries télés. Il faut dire qu’elles sont de plus en plus nombreuses et leurs qualités sont indéniables, certaines rivalisant avec le cinéma dans leur mise en scène et leur scénario. Du coup, Marvel a senti le filon (et DC qui en avait déjà profité pour placer quelques franchises) et s’est associé  Netflix pour sortir des séries basées sur des super-héros moins connus du grand public. Ne prenant pas trop de risques, la firme sort tout d’abord Daredevil qui sera un franc succès et enchainera ensuite avec Jessica Jones, une seconde saison du justicier aveugle avec Elektra et le Punisher, pour ensuite nous fournir Luke Cage. En y ajoutant Iron Fist, qui pointera le bout de son nez en Mars, Marvel crée alors les Defenders.

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Mais si Daredevil et Jessica Jones se passaient dans le même quartier, à savoir Hell’s Kitchen, Luke Cage va tenter autre chose et fonce tête baissée dans la Blaxploitation, un genre mettant en vedette un personnage noir, évoluant dans un quartier à tendance afro-américaine. Et quoi de mieux que Harlem pour situer l’intrigue de Luke Cage dans une première saison fort intéressante et qui ne mâche pas ses mots.

La première chose qui frappe dans cette première saison, c’est clairement l’ambiance qui se dégage de la série. Plaçant directement Raphael Saadiq et sa soul comme pierre angulaire de la BO, une boîte de nuit clinquante aux couleurs chaudes et un salon de coiffure avec un patron aux idéaux bien arrêtés, la série ne se pose pas de questions raciales ou sur le public visé et renoue immédiatement avec un cinéma typique des années 70. C’est beau, c’est chaud, les femmes sont belles et élégantes et l’ensemble colle étrangement parfaitement au héros qui est présenté comme un homme timide, cachant ses pouvoirs alors qu’il pourrait en faire de grandes choses. Si certains y verront des clichés ou un manque d’audace dans le traitement du personnage ou encore du quartier de Harlem, on ne peut que féliciter le créateur qui va au bout de son concept, faisant fi du racisme ou des conventions, ne présentant finalement que deux personnages blancs et finalement fourbes.

L’intrigue de Luke Cage demeure tout de même assez basique, mais elle reste tout de même efficace pour ne pas senti de lenteur dans cette première saison. Certes, il y a bien deux épisodes un peu mou, notamment au milieu de la saison, mais l’ensemble reste très cohérent et surtout très intéressant. Le plus important est l’évolution des personnages et notamment du héros. Luke Cage, d’abord timide ou revanchard, va apprendre à maitriser son pouvoir et surtout à l’assumer pour devenir une figure de proue de son quartier, une révolte silencieuse au sein d’une communauté qui souffre de préjugés. Et tout est mis en avant pour redorer le blason de Harlem, avec des groupes jouant une musique parfaite, des rappeurs au talent surprenant (le caméo de Method Man est incroyable) ou encore des rues qui explosent la rétine par leur beauté avec des façades repeintes par des graffeurs. Il est juste dommage que dans son fond, Luke Cage ne soit pas plus approfondi avec une intrigue à la fois sur le trafic d’armes et la politique véreuse.

Les méchants ne sont pas ce que l’on croit. Ou tout du moins, les pires cachent bien leur jeu et l’évolution de certains bad guys est cohérente. Si Cottonmouth peut sembler être le grand méchant, certains spectateur tomberont des nues et d’autres seront bien plus insidieux, à l’image de Shades (Theo Rossi), qui se révèle être l’un des personnages les plus complexes de la série et surement le plus intéressant. Le principal problème vient de Diamondback, un méchant peu charismatique, assez pénible à suivre et dont les motivations restent assez mineures. Mais le show montre tout de même la faiblesse de la police face aux politicards et leurs manigances, plaçant ainsi comme véritable némésis, une conseillère menteuse et manipulatrice. Quoiqu’il en soit, ce traitement est assez intelligent puisqu’il place le héros dans une position de faiblesse, l’homme usant facilement de son invincibilité et de sa force dans des situations physiques, mais ne pouvant faire appel à ses dons lors de joutes verbales ou de manipulation visant à le décrédibilisé face au public.

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Au final, la première saison de Luke Cage est une jolie réussite. Bien plus dynamique que Jessica Jones mais moins bien écrite et moins complexe, le nouveau Defender trouve bien sa place dans les Marvel Netflix tout en abordant une ambiance complètement différente. Sorte de retour en arrière savamment dosé et faisant écho à la blaxploitation des années 70/80, la série ne manque pas de gimmicks à l’égard du spectateur geek et se révèle assez intelligente pour ne pas sombrer dans l’exploitation bas de gamme ou dans une surenchère qui aurait porté préjudice à l’ensemble. Bref, une excellente saison qui fait languir d’autant plus que Iron Fist.

Note : 16/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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