juin 21, 2024

Tech N9ne – Special Effects

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Avis :

Parmi les légendes du rap, beaucoup se sont fait un nom grâce à une différence que ce soit dans la couleur de peau (Eminem) ou encore dans un flow d’une grande rapidité (Busta Rhym). Il y a aussi ceux qui se sont fait abattre, mais c’est un autre débat. Le plus drôle, c’est que certains rappeurs américains désormais cultes ne passent pas nos frontières, ou alors dans une discrétion absurde. Tech N9ne en est le parfait exemple. Tenant son nom en parallèle entre une mitraillette et son flow survitaminé, le rappeur commence le rap et le hip-hop très tôt (à 14 ans). Très rapidement, il va se faire connaitre de la scène underground et afficher une attirance pour des genres qui ne collent pas forcément au rap dur des States. En effet, le rappeur cite en référence des groupes comme Led Zeppelin, The Doors ou encore Metallica. Autant dire des groupes qui sont souvent peu rapprochés du rap. C’est comme si Cradle of Filth disait s’inspirer de Mireille Mathieu. Enfin, c’est en 1999 qu’il sort son premier album et qu’il devient une nouvelle icône du rap. En 2002, il sort son troisième album sous son propre label. C’est un gros succès et il annonce être contre le système de l’industrie du disque. Après une succession d’albums et des collaborations avec Limp Bizkit, Korn, Avenged Sevenfold ou encore Slipknot, Tech N9ne revient avec Special Effetcs, son seizième album studio.

A l’image de son univers musical, ce dernier album est ultra varié et possède vraiment des morceaux très déroutants. Le skeud débute avec Aw Yeah et c’est un morceau hybride mais qui reste assez classique dans sa structure et dans son style, officiant dans un rap assez classique et quelques effets électros. On retrouvera cela sur les titres On the Bible en duo avec T.I., Psycho Bitch III ou encore Hood Go Crazy avec 2 Chainz. Alors il était évident que dans un album contenant près de 24 morceaux, il y ait des points faibles. Néanmoins, chaque morceau contient une identité propre pour plaire à un maximum. Mettant aussi bien de boites à rythmes que de vrais instruments, le rappeur ouvre un panel très intéressant et un album assez complet. Le problème, c’est que lorsque tu proposes autant de morceaux, il est difficile d’en mémoriser certains surtout quand les structures varient et que les morceaux sont plutôt hybrides. A titre d’exemple, on peut parler de Lacrimosa, l’un des rares morceaux qu’il a fait tout seul et qui est un mélange de chant gospel, voire lyrique, avec un gros rap bien costaud par-dessus. Pour rester au niveau du rap pur et dur, il semble compliqué de passer à côté de Speedom (WWC) avec un certain Eminem. En effet, le titre utilise une guitare sèche pour permettre aux rappeurs de partir dans des flows d’une vitesse hallucinante montrant que finalement, le rap est tout un art.

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Mais le plus intéressant dans ce skeud reste les duos inattendus pour les rappeurs qui jetteront une oreille à l’album. En premier lieu, il y a un duo avec un certain Corey Taylor. Pour ceux qui ne sont pas connaisseur du genre métal, il s’agit du chanteur de Slipknot mais aussi de Stone Sour. De ce fait, le rap, il connait et cela donne Wither, un morceau proche du métal avec des riffs de grattes bien violents et surtout, une structure décousue très surprenante. Il s’agit vraiment d’un morceau qu’il faut écouter plusieurs fois pour en saisir toutes les subtilités. Ensuite, le rappeur s’entoure de Katy Rose, une chanteuse qui possède une voix angélique pour poser un peu l’album avec un excellent morceau de rap old school et classique mais qui fonctionne toujours aussi bien. On peut aussi parler de son duo avec Ryan Bradley qui possède le genre de voix que l’on peut entendre dans n’importe quel morceau de dance ou de house avec un certain David Guetta. Néanmoins, cela permet au rappeur de poser un flow intéressant avec un refrain bien marqué. Enfin, on peut citer le dernier titre avec Excision, groupe de dubstep pour fournir un morceau court et pas forcément mémorable.

Au final, Special Effects, le dernier album de Tech N9ne, est une agréable surprise. Alors tout n’est pas parfait sur la longueur et l’album manque certainement de titres accrocheurs (en même temps, c’est le risque quand on fournit plus de vingt chansons) mais on ne peut que saluer cette volonté de varier les influences et de donner autre chose que du rap aux boîtes à rythmes insignifiantes. Un album intelligent, bien produit et qui réserve des surprises et des découvertes. Sans être exceptionnel, ce skeud demeure intéressant à plus d’un titre.

  1. The Procedure (Intro)
  2. Aw Yeah feat InterVENTion
  3. Lacrimosa
  4. Condolences (Skit)
  5. On the Bible feat T.I. & Zuse
  6. Shroud feat Krizz Kaliko
  7. More Psycho Message (Skit)
  8. Psycho Bitch III feat Hopsin
  9. Wither feat Corey Taylor
  10. Dead Alive (Skit)
  11. Hood Go Crazy feat 2 Chainz & B.o.B.
  12. Bass Ackwards feat Lil Wayne, Yo Gotti, Big Scoob
  13. No K feat E-40, Krizz Kaliko
  14. Countdown (Skit)
  15. Speedom (WWC) feat Eminem, Krizz Kaliko
  16. Give It All feat Audio Push, Krizz Kaliko
  17. Yates feat Marcus Yates
  18. MTMD (Skit)
  19. A Certain Comfort feat Kate Rose
  20. Burn it Down feat Ryan Bradley
  21. Life Sentences feat Krizz Kaliko, Joey Cool, Gee Watts
  22. Dyin Flyin feat Krizz Kaliko
  23. Worldly Angel
  24. Roadkill feat Excision

Note: 14/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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