novembre 30, 2021

Injustice, les Dieux sont Parmi Nous

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Auteurs : Tom Taylor, Jheremy Raapack, Mike S. Miller

Editeur: Urban Comics

Genre: Super-Héros

Résumé :

Manipulé par le Joker, Superman tue la mère de son enfant à naître : Lois Lane. Fou de rage, l’Homme d’Acier s’en prend directement au Clown Prince du Crime et l’arrache des mains de Batman pour lui ôter la vie. Cet assassinat de sang-froid marque le début d’une ère sombre pour les héros de la Ligue de Justice. Une ère où chacun devra choisir soigneusement son camp : rejoindre la croisade aveugle de Superman contre le crime ou entrer en rébellion aux côtés de Batman.

Avis :

Il y a des comics qui sont de petites déceptions, à l’image de The Creep, mais il y a aussi des comics qui sont de bonnes surprises, voire même des révélations incroyables. Sans citer les chefs d’œuvre que sont Kingdom Come ou Batman Un Long Halloween, il y a certains titres que l’on ne voit pas venir parce qu’ils font partie d’une licence juteuse. Injustice, les Dieux sont Parmi Nous est à la base un jeu vidéo qui est entré au panthéon des jeux de combat les plus vendus dans le monde. Il faut dire que s’affronter en utilisant Batman ou Superman ou encore le Joker avait de quoi être jubilatoire. Seulement, quand quelque chose se vend bien, il faut obligatoirement faire des produits dérivés et très souvent la qualité est médiocre. On se souvient encore de la souffrance que l’on a éprouvée à la lecture de la version papier de Devil May Cry. Et pourtant, avec Injustice, nous sommes face à un produit de très grande qualité.

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L’histoire est assez simple et pourrait s’apparenter à un Civil War à la sauve DC. Le Joker arrive à piéger Superman. Après lui avoir injecté le poison de l’Epouvantail avec de la kryptonite, il pense voir Abomination et s’envole dans l’espace pour le réduire à néant. Malheureusement, il tue Lois qui porte son enfant. Et le Joker a pris soin de relier les battements du cœur de Lois à une bombe dans le centre de Metropolis, laissant un chaos indescriptible derrière lui. Dévasté, Superman tue le Joker et décide de mener une croisade pour que la paix universelle règne sur Terre, quitte à utiliser la peur. Il est alors aidé par Wonder Woman, Cyborg et Green Lantern. Mais Batman, voyant la peur des gens, décide de contrer Superman en utilisant son génie en informatique et en recrutant une armée de dissidents.

Bien évidemment, on en revient toujours au combat entre l’homme d’acier et le Dark Knight. Néanmoins, dans ce récit, la probabilité de voir un Dieu tout puissant régner sur les hommes en imposant des lois strictes est bien prégnante. On ressent une certaine recherche dans le scénario, qui vise à créer des zones de conflit entre les super-héros. Ainsi, on va pouvoir voir Batman se déchirer avec son fils Damian qui est aussi Robin. On va pouvoir voir les réactions des gens face à ce joug impromptu. On va pouvoir aussi se poser des questions sur les mises à mort de certains vilains, interrogeant ainsi sur la peine de mort dans notre propre monde. C’est assez intelligent et relativement bien foutu.

Bien entendu, on retrouve des allégeances logiques, comme Wonder Woman qui voit l’occasion de remplacer Lois dans le cœur de Superman et qui donc suit aveuglément le justicier. On retrouve aussi la position délicate de certains super-héros comme Aquaman qui souhaite rester maître des océans. Tout cela amène des relations complexes entre héros de bord commun et c’est très amusant de voir comment chacun essaye de stopper Superman ou au contraire de l’aider. L’autre versant assez marrant, c’est la position des super-vilains. Et comme le dit un des méchants à Flash, « vas-y mollo avec les autres vilains, on n’a pas perdu que des super-héros dans cette explosion ». Justifiant ainsi le fait qu’un héros ne peut pas vivre sans sa Némésis. On retrouve aussi une pointe d’humour entre Harley Queen et Green Arro et bizarrement cela fonctionne, dédramatisant de temps à autre un récit assez lourd et noir.

Au niveau des graphismes, c’est très beau. On ne sent pas vraiment les différences entre les différents dessinateurs du projet et c’est tant mieux. On est loin du travail effectué sur Batman No Man’s Land où les différents graphismes sont trop éloignés pour susciter une certaine cohésion de l’œuvre. Dans Injustice, on sent une cohérence dans le dessin et c’est vraiment très beau. D’autant plus que chaque personnage aura son rôle à jouer dans chaque chapitre, on voit bien la structure de l’objet et c’est vraiment intéressant. Il reste néanmoins quelques petites déceptions comme des morts inutiles et mal amenées et qui désespéreront peut-être certains lecteurs et autres fans.

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Au final, Injustice les Dieux sont Parmi Nous est une excellente série de comics. Regroupant tous les méchants et les héros de l’univers DC, l’histoire ne se perd pas dans un conglomérat mal dégrossi de regroupement de super-héros et propose une histoire qui tient la route, qui est sombre mais puissante et qui change vraiment de certains registres redondants avec le super-héros qui frite le super-vilain. Une histoire avec un fort potentiel et un plaisir de lecture de tous les instants.

Note : 19/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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