juin 23, 2021

Coldplay – Ghost Stories

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Avis :

Fondé en 1996 à Londres, Coldplay est un groupe, à la base, de rock. A la base parce que le groupe a bien évolué depuis et qu’il est difficile de dire si ce sixième album est bien du rock. Acquérant leurs lettres de noblesse au début des années 2000, le groupe connait la consécration avec l’album A Rush of Blood to the Head et des titres comme In My Place. Déjà relativement chiant, Coldplay se targue néanmoins de proposer quelque chose de nouveau et d’un chanteur guitariste qui possède une voix particulière. Le succès sera toujours au rendez-vous par la suite et le groupe connaîtra son apogée entre 2006 et 2009 avec l’album Viva la Vida or Death and all his Friends. Et il faut reconnaître que cet album est plutôt bon, avec des titres assez mémorables. Mais comme toute bonne chose, le groupe a voulu changer de cap, se diriger vers quelque chose de moins rock, d’un peu plus calme, de plus électro et le chiant à laisser sa place au néant. Depuis les années 2010, le groupe s’est fait plus discret, plus pop et du coup, moins intéressant. De manière assez prévisible, Ghost Stories suit cette évolution qui sonne plutôt comme une régression, une ode à la facilité, aux accords inexistants et à la liquéfaction de l’auditeur.

Philippe Manœuvre, référence dans le domaine du rock en France, avait énoncé un jour que Coldplay était le seul groupe qui faisait des reprises encore plus chiantes que les originales. Difficile de lui donner tort mais aujourd’hui, on pourrait même dire que Coldplay est un groupe qui est juste chiant tout court. En atteste ce sixième album que l’on déconseille d’écouter dans sa voiture la nuit sous peine de s’endormir au volant et de finir dans un arbre. Le skeud débute avec Always in my Head et c’est un titre plat, un peu comme la ligne de Doppler chez un mort. Deux accords de guitares, un ajout électro pour boucher les trous en fond et bien entendu, une batterie qui scande toujours le même rythme. Sans oublier la voix de Chris Martin, qui part volontiers dans les aigus pour un titre doux mais surtout très chiant. Et le pire dans cela, c’est que les quatre premiers titres sont exactement du même acabit. Magic essaye tant bien que mal d’apporter un peu de travail au guitariste, mais à la longue, il a dû bien se faire chier. Tout comme le batteur et sa batterie électronique sans aucun intérêt. Ink essaye de faire illusion avec des claquements un peu plus rapides, mais le titre part dans la mollesse sans jamais prendre son envol et emporter celui qui écoute. A ce stade, on se demande ce qu’il peut y avoir de pire dans ce skeud. Ce sera sans compter sur True Love, qui laisse libre court à la guitare une minute avant la fin mais qui sonne faux comme ce n’est pas possible.

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Mais le pire reste sûrement à venir dans l’album, puisque Coldplay, à la manière d’un Linkin Park, part dans l’électro (sauf que Linkin Park sans en train de partir de ce genre). Midnight est ce qui se fait de pire dans le genre. Mou, moche et sans aucun intérêt, ce titre aux sonorités électros est vraiment déplaisant et lénifiant. Au bout de cinq titres sur le même tempo et sur le même rythme, on est en droit de se poser des questions sur la légitimité de ce skeud. Facile est le mot qui revient le plus souvent, car on sent que tout cela manque de taf et que le groupe ne vise que l’aspect mercantile, essayant d’attirer le plus de fans possible sous son nom. En fait, sur le fond, le skeud ne contient qu’un seul putain de titre qui demeure un peu rythmé et entrainant. A Sky Full of Stars est bien entendu le tube de l’album, de toute façon il est difficile de trouver autre chose pour faire vendre, mais manque de pot, il s’agit d’un titre house, que l’on pourrait entendre dans les boîtes de nuit ou dans les génériques télés. De ce fait, le groupe leurre son public et tente une approche vraiment bizarre de la musique, essayant de complaire ceux qui n’écoutent la musique que pour danser ou choper de la nana en boîte. C’est terriblement déplaisant et décevant.

Au final, Ghost Stories, le dernier Coldplay est une catastrophe pour les oreilles et le moral. Quand on veut faire un virage artistique, il faut le faire à fond, mais dans un domaine bien précis. Déjà lent à la base, le groupe ne va pas en s’arrangeant, proposant un skeud morne, monotone et d’un ennui insoupçonné. Un virage musical qui, espérons-le, ne dure pas très longtemps, pour renouer avec des mélodies plus pures et moins commerciales. Un disque à oublier donc, comme une vieille histoire de fantôme.

  1. Always in my Head
  2. Magic
  3. Ink
  4. True Love
  5. Midnight
  6. Another’s Arms
  7. Oceans
  8. A Sky Full of Stars
  9. O
  10. All Your Friends
  11. Ghost Story
  12. O (Reprise)

Note : 04/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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