mai 17, 2021

Dark Touch

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De : Marina De Van

Avec Missy Keating, Marcella Plunkett, Padraic Delaney, Charlotte Flyvholm

Année: 2014

Pays: France, Irlande, Suède

Genre: Horreur

Résumé:

Une nuit, dans la campagne profonde, une maison isolée prend vie.
Meubles et objets se rebellent contre les occupants, laissant Neve, une fillette de 11 ans, seule rescapée du massacre sanglant qui a décimé sa famille.
Des proches la recueillent et s’efforcent de lui faire surmonter cette épreuve traumatique en l’entourant d’amour. Mais la violence continue de se manifester et Neve ne retrouve pas la paix…

Avis:

Le film d’horreur ne va pas bien en France et cela se voit au nombre rachitique de sortie cette année. Alors que Goal of the Dead ne s’est vu qu’en DTV et que Aux Yeux des Vivants s’est vu boudés par les exploitants, l’année n’avait commencé qu’en mars pour le cinéma horrifique français avec Dark Touch de Marina De Van. Mais dire que le film est 100% français est un peu fallacieux, puisque il s’agit aussi d’une production irlandaise et suédoise. On sait que le cinéma irlandais est souvent froid et glauque (il suffit de voir Citadel pour s’en rendre compte) et le cinéma suédois reste assez discret dans nos contrées, il y a donc de quoi être curieux sur cette sortie horrifique. Si le début tient bien ses promesses et donne au spectateur ce qu’il est venu prendre, on va vite déchanter par la suite tant le film est un immense gâchis.

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Il commence à me casser les couilles ce tournage!

La jeune Neve a des problèmes d’adaptation dans sa nouvelle maison. Entre un déménagement et un petit frère, elle semble perturbée, surtout que ses parents sont assez agressifs envers elle. Elle s’imagine que la maison bouge, jusqu’à un soir où tout prend vie et qu’elle est la seule rescapée du massacre. Elle est alors accueillie par une famille d’amis qui essaye de tout faire pour qu’elle s’épanouisse. Malheureusement, rien n’y fait, les choses continuent de bouger autour d’elle et elle commence à se faire mal voir par ses camarades d’école. On peut donc voir que le pitch est assez énigmatique et qu’il peut attiser la curiosité des fanatiques de cinéma d’horreur.

Malheureusement, la douche froide va venir assez rapidement. Après une introduction gore, le film part sur un faux rythme qui laisse le spectateur dans un état de dormance. Entre les crises de hurlements de la jeune fille et la galère pour lui faire reprendre une vie normale, on sera plus face à un drame teinté de fantastique que d’un vrai film d’horreur. Profondément auteurisant jusque dans sa réalisation qui demeure sans surprise et presque clinique, Dark Touch essaye tant bien que mal de foutre un message et un sens au film. Sans trop en dévoiler, on va vite comprendre d’où viennent ces passages paranormaux avec les meubles qui bougent et pourquoi ces phénomènes se font sur certaines personnes. L’élément fantastique ne sera pas caché longtemps, mais comme le spectateur sait déjà de quoi il s’agit, il ne sera guère surpris. Le seul intérêt va résider dans la portée sociale du métrage, mais encore une fois, il est caricaturé au possible et on sent que la réalisatrice ne maîtrise pas totalement son sujet. Certaines zones d’ombre restent indéterminées comme les oreilles qui sifflent et certains passages demeurent même incohérents comme l’école qui s’écroule.

L’autre point fort du film est aussi un défaut. En effet, le film bénéficie d’une ambiance très lourde et très sombre. Dès le départ du film le ton est donné avec une grande noirceur et des décors totalement sobres et impersonnels. C’est assez glauque et on voit que la maison n’est pas saine et qu’il se passe quelque chose. D’autant plus que certains évènements renforcent ce sentiment d’insécurité et de malsain. Mais cette ambiance va avoir un revers de la médaille. Effectivement, même les phases de jour, ou à l’école, sont très dépressives. Utilisant les décors de l’Irlande, la réalisatrice livre un film gris, terne où le soleil sera rare. Ainsi, on a l’impression qu’une chape lourde pèse constamment sur le film et sur le spectateur, ce qui alourdit tous les messages et rend le film presque pénible.

Les acteurs sont aussi un point faible du métrage. Missy Keating est réellement insupportable avec ses hurlements et sa façon grossière de jouer. Elle n’est pas attachante, elle en est même désagréable et on ne se prendra jamais d’affection pour elle. C’est exactement la même chose avec les personnages secondaires qui restent antipathique et aussi froid que le décor. On peut aussi noter des effets spéciaux dégueulasses comme dans la scène finale qui n’apporte pas d’éléments de réponse.

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L’ambiance est tellement lourde que même la grille de l’école ressemble à une prison!

Au final, Dark Touch est une énorme déception. Sorte de Carrie au Bal du Diable sous Prozac en version française, le film s’enlise dans un rythme lénifiant au possible. Faire un film porteur d’un message est une chose essentielle au cinéma, mais encore faut-il que ce message soit passé de façon fine et qu’il ne bouffe pas tout le plaisir du film. Ici, c’est tout le contraire, la réalisatrice s’étant focalisée sur sa morale, oubliant au passage ce qu’est le vrai cinéma, un divertissement qui doit véhiculer des émotions.

Note: 05/20

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Par AqME

 

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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