mai 12, 2021

Les Saisons du Plaisir

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De : Jean-Pierre Mocky

Avec Stéphane Audran, Jean-Pierre Bacri, Jean-Luc Bideau, Roland Blanche

Année : 1987

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Charles et Emmanuelle convolent en justes noces. Ils ont cent ans chacun et décident de profiter enfin de la vie. Mais qui va leur succéder à la tête de la parfumerie Vanbert ? Charles, à l’occasion du séminaire annuel où tous les cadres de l’entreprise sont réunis, décide de choisir son remplaçant.

Avis :

Jean-Pierre Mocky, c’est un peu une institution à lui seul. Né en 33 à Nice, il débute sa carrière comme comédien de théâtre. Il trouve le succès en Italie. Avant de se lancer dans la réalisation, il sera l’assistant de réalisateurs cultes comme Luchino Visconti et Federico Fellini. Il réalise son premier film en 1959, « La tête contre les murs » et depuis, impossible de l’arrêter. Plus de cinquante ans après, il compte plus de soixante films et presque autant d’épisodes de séries. Bref, Mocky est infatigable, et même encore aujourd’hui, puisqu’il vient de réaliser « Monsieur Cauchemar » qui devrait sortir en 2016 avec lui-même en rôle principal et Fred Testot.

Comédie grivoise, décadence, incorrecte, « Les saisons du plaisir » est un film qui va surprendre celui qui le regarde, tant il part dans tous les sens et tant il se moque et critique la petite bourgeoisie.

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Charles et Emmanuelle viennent tout juste d’avoir cent ans. Ils décident qu’il est temps de profiter de la vie. Ils organisent alors une grande réunion dans leur château pour trouver un successeur à l’entreprise de parfum qu’ils ont créé il y a des années. Les prétendants sont nombreux et tous plus improbables les uns que les autres. Alors que leur fille, Jacqueline, a décidé de se suicider, elle est retrouvée par un jeune couple parti baiser dans les buissons. Charles décide alors de laisser son entreprise au jeune homme, mais certains dans le château ne sont pas de cet avis.

Une affiche avec un champignon ressemblant à un sexe bien fort et une poire aux formes très avantageuses, comment résister ? Rajoutons à cela un casting flamboyant et l’envie de découvrir ce film se fait toute seule. Le cinéma de Mocky est connu pour être outrancier et le moins que l’on puisse dire, c’est que « Les saisons du plaisir » ne failli pas à sa réputation.

Dans ce film, Jean-Pierre Mocky s’attaque aux mœurs de la bourgeoisie et le portrait qu’il en dresse est aussi drôle que peu flatteur. Sans vraiment de scénario, si ce n’est la critique, le réalisateur joue avec la limite de la caricature et laisse entrevoir un monde vicieux dans tous les sens du terme où tout le monde s’envoie en l’air un peu n’importe comment. Soutenu par des dialogues incisifs et vulgaires, des répliques virulentes et hilarantes, des situations cocasses et improbables et surtout des personnages aussi attachants que détestables dans le fond, « Les saisons du plaisir » sera une très courte une heure et demi de grand n’importe quoi, de moquerie, de plaisir coupable. Bref, une heure et demi qu’on aura plaisir à suivre, même si parfois, ça ne fonctionne pas toujours. Comme le film a pris un petit coup de vieux, certains gags tombent à plat, car surement trop décalés. Mais cela reste minime face au portrait que le réalisateur dessine.

Pour accentuer ce portrait corrosif, Jean-Pierre Mocky a fait le choix d’une mise en scène assez simple, qu’on pourrait presque trouver ordinaire au premier abord. Mais c’est une mise en scène intelligente, car elle laisse place aux répliques et aux comédiens. Ce sont eux qui font que le film fonctionne bien. Mocky n’a pas besoin d’appuyer sa mise en scène, le film se suit tout seul et c’est de la force du sens comique et des détournements que le comique fait mouche.

« Les saisons du plaisir« , c’est aussi un film d’acteurs où chacun trouve sa place. Même s’il y en a qui n’auront qu’un petit rôle et qu’on verra peu, ces apparitions auront du sens et serviront le portrait peu reluisant que le réalisateur s’amuse à dresser. Le réalisateur s’est donc entouré d’un casting incroyable, percutant, délicieux, généreux et très amusant. Un casting qui rime aussi avec le mot improbable, car, qui aurait pu imaginer l’incroyable Jacqueline Maillan habillée comme une pute folle de téléphone rose. Ou encore la belle Stéphane Audran et Sylvie Jolie en chaudasses accros au porno qui essaient de sauter sur tout ce qui bouge. Ou bien Richard Bohringer et Bernard Menez en posture assez étrange. On trouve aussi une Bernadette Lafont bien trop protectrice envers sa fille. Et Eva Darlan en lesbienne refoulée… et il y en a encore plein d’autres, puisqu’on trouve Jean Poiret, Jean-Luc Bideau, Jean-Pierre Bacri, Judith Godrèche, Denise Grey, Darry Cowl et j’en oublie tant ce casting est impressionnant.

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« Les saisons du plaisir » est donc un film vraiment drôle, mais très particulier aussi. C’est un film qui ne plaira pas à tout le monde. On peut même dire que c’est le genre de film qu’on aime ou pas d’emblée. On le sait très vite. Donc, si jamais le premier quart d’heure n’arrive pas à vous décocher un sourire, oubliez, car tout le film est ainsi et cette heure et demie risque fort bien d’être interminable pour vous.

Note : 15/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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