décembre 2, 2021

Le Cave se reBIFFF – Dernier Jour

Hé oui, le BIFFF, c’est terminé pour cette année (pour moi en tout cas, le festival lui continue jusqu’à dimanche). Je vous écris d’ailleurs avec un peu de retard pour cause de travail assidu de retour en France, et de fatigue généralisée (si vous voulez savoir je suis parti de Bruxelles en bus lundi soir pour arriver dans le Sud de la France le mardi après 17 heures de trajet).

Ceci dit, il reste quand même une journée à raconter, une journée où les seuls films qui m’intéressaient étaient diffusés trop tard, et qui s’est donc passé intégralement en salle presse pour rattraper le retard.

On commence avec Kill Command de Steven Gomez, un pote de Gareth Edwards qui s’est fait assez pistonné par le réalisateur de Rogue One pour avoir l’opportunité de présenter son projet à des producteurs et, comme dirait l’autre : voilà !

Sorti chez nous en dvd et VOD dans l’indifférence générale en Mai 2016 sous le titre Identify (je viens de l’apprendre, c’est dire), Kill Command, dans son pitch et son ambiance générale fait craindre la même déconvenue que The Call Up l’année dernière qui s’était avéré aussi insipide et plat qu’il était alléchant.

Heureusement ici, on est immédiatement intéressé par le contexte. Nous sommes dans le proche futur, la technologie robotique à quelque peu évolué, les humains peuvent se faire poser des implants bionique, voire être « pucé » jusqu’à ressembler à de véritables androïdes, et surtout des robots sont utilisés lors des entrainements militaires comme cibles.

Sauf que lorsqu’un groupe de bidasses en manœuvre se rend sur une île déserte pour tester à leur insu de nouveau modèles évolutifs qui apprennent comme les humains, les choses vont très vite dégénérer.

Court, efficace, visuellement très intéressant (les robots tueurs ont vraiment une gueule impressionnante), Kill Command est peu ou prou l’équivalent robotique des films de monstres ou d’animaux sauvages comme il en pullulent, une sorte de croisement entre Aliens et ce bon vieux Death Machine de Stephen Norrington.

Si le déroulement est assez classique, l’argument robotique permet l’ajout d’un léger sous-texte presque philosophique, et donne tout son sel à ce jeu de massacre où les machines étudient le comportement humain pour prendre ceux-ci à leur propre piège. Ajoutez à cela une semi-androïde dont les humains se méfient et les robots n’arrivent pas à cerner, et vous avez une très bonne série B d’action/science-fiction, qui utilise au mieux son budget et n’hésite pas à sortir un climax digne des grands films de guerre.

Direction les plaines d’Irlande ensuite pour l’original et impressionnant A Dark Song, une plongée dans les abîmes de l’occultisme religieux dans laquelle on retrouve Steve Oram (Touristes, The Canal) et Catherine Walker (le Dark Touch de Marina De Van).

L’histoire d’une mère en deuil qui veut parler une dernière fois à son enfant décédé, et qui va s’adjoindre les services d’un spécialiste pour accomplir un rituel long et douloureux, qui lui permettra de rencontrer son ange gardien et de voir n’importe lequel de ses vœux exaucés.

Le canevas semble classique, on imagine que très vite le rituel va mal tourner et permettre à des entités surnaturelles de déferler sur le monde dans le plus pur style hollywoodien. Sauf que le rituel en question n’est pas un appel du pied par planche de ouija interposée, mais un véritable parcours du combattant à endurer pendant au moins 6 mois.

Et le film de nous dévoiler cette lente descente aux enfers ponctuée de doutes, de mensonges, d’épreuves et de retournements de situation. La « liaison » entre le monde réel et un autre monde inconnu se fait très progressivement, évitant les jump-scares et autres apparitions démoniaques, et tout l’intérêt du film est vraiment dans ce tête à tête entre les deux uniques personnages, leurs rapports de force, et l’évolution d’un rituel éprouvant, bien aidé en cela par le talent des acteurs.

Et si le film perd un peu de sa cohésion dans sa dernière bobine pour s’engouffrer dans un cauchemar purement visuel, aussi impressionnant que potentiellement grotesque, il reste une tentative extrêmement originale de faire quelque chose de différent, d’angoissant et de passionnant.

Je profite ensuite du peu de temps qu’il me reste pour me pencher sur Happy Hunting du fils Gibson, que j’aurai du voir la veille à minuit et demi (autant dire qu’avec le peu de sommeil que j’ai eu pendant ce séjour, j’étais moyen chaud).

Survival désertique qui s’annonce joyeusement hardcore, Happy Hunting voit un pochetron en cavale se retrouver à Bedford Flats, petite bourgade à la frontière du Mexique. Une ville de chasseur amicaux qui ne vont pas le rester longtemps, vu que leur passe-temps favoris depuis l’extinction des bisons est la chasse au bipède. Un peu comme si les fous-furieux de 2000 Maniacs s’étaient pris de passion pour le Comte Zaroff.

Un point de départ assez guilleret, pour un film qui finalement peine à susciter l’enthousiasme. Le Survival est un genre tellement épuisé, qu’il faut aujourd’hui pouvoir le réaliser avec une acuité phénoménale, trouver un canevas assez original pour relancer l’intérêt, ou au pire ruer dans les brancards et aligner les mises à mort cradingues. À ces trois jeux là, sans être un navet, Happy Hunting ne réussit jamais à transformer l’essai, parsemant de quelques bonnes idées un déroulement assez inoffensif.

Son personnage principal d’alcoolique en manque qui doit non seulement survivre à la chasse à l’homme mais aussi au sevrage imposé par la situation est vraiment la seule idée intéressante à surnager. Pour le reste, on est dans du classique, les chasseurs chassent, les chassés fuient et arrivent à défaire leurs assaillants, le tout avec le minimum syndical de sang.

Quelques passages plutôt sympathiques qui démontrent la débrouillardise du héros (avec ou sans alcool) empêchent le film de tomber dans la série B un peu insipide, mais on est loin de la barbarie et de l’inventivité d’un Wolf Creek 2 pour ne citer que celui-ci.

 

Ce sera mon dernier film officiel du BIFFF (je reviendrais plus tard avec quelques critiques de plus des films présentés, mais ne me demandez pas comment, je n répondrais qu’en présence de mon avocat), il est temps de partir, le cœur gros, en laissant derrière soi la Belgique et tout ce qu’il restait encore à découvrir, et en espérant être là tout le festival l’année prochaine pour un séjour véritablement orgiaque.

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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