février 9, 2023

Le Cri du Cannivore 6

yygy

Le mardi, c’est Denis (ça rime aussi avec Donzelli, mais je cautionne pas), et le Cannivore navigue de la France au Quebec.

Au menu, double programme pour un cinéaste de légende, de l’imprévu pour bibi, et encore de l’animation à Cannes (mais avec une autre définition qu’hier)

La bande-annonce du jour

004190.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

La bande-annonce du jour, c’est celle d’Amnesia, le nouveau film de Barbet Schroeder (réalisateur de Barfly, L’Enjeu ou Kiss of Death pour les deux du fond qui roupillent). Lui qui a souvent fait l’acteur revient ici avec un film qui de toute évidence fait écho à sa propre mère, si ce n’est à son histoire, au moins au personnage. Celui de Martha, ancienne violoncelliste solitaire dont la solitude va intriguer Jo, un wannabe DJ qui cherche à percer dans le milieu. Un film qui s’annonce donc très personnel, tellement qu’il sera suivi par la projection de More, le tout premier film de Schroeder qui baignait lui aussi dans la musique, et une ambiance « fin des 60’s » qui fleurait bon l’autobiographie. Ici, il confronte Marthe Keller (Marathon Man) au petit nouveau Max Riemelt, dans ce face à face qui sortira en salle le 19 Août prochain.

 [youtube]https://www.youtube.com/watch?v=tD6ljdaU9rc[/youtube]

Le Programme du Jour

084642.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Aujourd’hui au programme, un film très très attendu, puisqu’il réunit un casting premier choix (Benicio Del Toro, Emily Blunt, Josh Brolin) sous la houlette d’un réalisateur très en vogue (bien que maintes fois controversé), Denis Villeneuve. Après Incendies, Prisonners ou Enemy, celui-ci débarque cette année sur la Croisette avec Sicario, présenté du coup en compétition officielle. À ses côtés, encore un film français, puisqu’après Maiwenn, c’est une nouvelle égérie de la hype à la française qui fait valoir son art. Valérie Donzelli, réalisatrice du remarqué (et aussi controversé) La Guerre est déclarée, embarque Jérémie Elkaïm et Anais Demoustier dans une odyssée om se mélange fraternité, liberté, et passion incestueuse. Marguerite et Julien, puisque tel est le titre du film, sortira en France le 30 Septembre prochain.

Et donc également une soirée spéciale Barbet Schroeder. Comme dit plus haut, sont présentés en séance spéciale Amnesia, son dernier film, suivi de More, son tout premier.

Un Certain Regard présente de son côté Alias Maria, du colombien José Luis Rugeles Garcia, où l’analyse forcément cruelle du conflit armée qui se déroule en Colombie, à travers les yeux d’une très jeune (et enceinte) fille soldat, ainsi que Taklub, de l’habitué Brillante Mendoza, aussi habitué à la Croisette qu’à souffler une vapeur de souffre avec des films aussi chocs que Serbis ou Kinatay. Ici, il raconte le combat quotidien de trois rescapés après le passage du supertyphon Haiyan aux Philippines. Enfin, Maasan, de Neeraj Ghaywan fait s’entrecroiser quatre destinées le long du Gange.

266692.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Les spectateurs de la Quinzaine, eux, pourront découvrir une nouvelle chronique adolescente, et une nouvelle analyse des mœurs d’un pays avec Mustang de Deniz Gamze Erguven, où cinq sœurs vont essayer de défier les limites qui leurs sont imposées, pour éviter la prison que devient la maison familiale, les taches ménagères qui remplacent les cours, et les mariages qui commencent à s’arranger. Mais également Songs my brother taught me, de Chloe Zhao, un film produit en financement participatif, qui explore les liens entre un frère et sa sœur. Décidément, les liens familiaux semblent être un leitmotiv de ce festival 2015. Et enfin, Much Love du marocain Nabil Ayouch, qui raconte les dures conditions de vie de quatre femmes marocaines et leur rapport avec la société. Ayouch qui avait déjà frayé la Croisette en 2012 avec Les Chevaux de Dieu présenté dans la section Un Certain Regard.

Enfin, la Semaine de la Critique reprogramme La Tiera y la Sombra ainsi que Les Deux Amis, mais diffuse surtout Mediterranea de Jonas Carpignano, coproduction entre la France, l’Allemagne, les Etats-Unis, le Qatar et l’Italie, qui conte le douloureux quotidien d’un immigré burkinabe clandestin qui fait son trou dans le milieu de la contrebande italienne.

Quant au cinéma de la plage, il diffuse Joe Hill de Bo Widerberg, sur la vie et la mort du légendaire agitateur.

Pour ma part, je vais essayer de découvrir Sicario, et Hostile, le film d’horreur d’un jeune de 14 ans qu’on annonce incroyable. Pour la séance du lendemain d’Office, ce n’est pas gagné, vu l’heure, je n’aurai plus de moyen de transport pour rentrer…

Wish me luck !

 

L’Anecdote du Jour

Hier était diffusé Vice Versa, nouveau (et immense) film des studios Pixar. Présenté hors-compétition bien sûr, comme Là-Haut en 2009. Mais le festival n’est pas toujours chiche avec l’animation.

Au cours des premières années du Festival de Cannes, quelques dessins animés ont fait partie des sélections officielles. L’un d’entre eux, Dumbo de Ben Sharpsteen (pour Walt Disney), a même remporté un Grand Prix en 1947, tandis qu’un autre, Les Aventures de Peter Pan, de Hamilton Luske, Clyde Geronimi et Wilfred Jackson (toujours pour Walt Disney), a conquis plus de sept millions de spectateurs en France en 1953. Le règlement de la manifestation réservait d’ailleurs un prix aux films de cette catégorie. Pourtant, à  part ces quelques cas, le genre n’est pas représenté dans les sélections durant vingt ans. Il faut effectivement attendre 1973 pour que La Planète sauvage de René Laloux soit présenté et reconnu à Cannes en remportant un Prix spécial. Dernière sélection en date, Shrek, film d’animation, de Victoria Jenson et Andrew Adamson, présenté en 2001.

À noter, dans les sélections des sections parallèles, les très appréciés Triplettes de Belleville de Sylvain Chomet en 2004 et Nos voisins les hommes (Over the hedge), film sorti des studios DreamWorks Animation en 2006.

Journée déception aujourd’hui.

Pas gigantesque, certes, mais j’attendais mieux des films que j’ai vu.

185675.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

J’ai passé Sicario à la trappe, me laissant le loisir de le voir le lendemain en séance idoine (trop fatigué), et c’est sur les coups de 17h30 que je me rends à Cannes, pour découvrir un film d’horreur français qui fait le buzz, et pour cause, il est réalisé par un jeune garçon de 15 ans ! Nathan Ambrosioni signe donc Hostile, et vient le présenter dans une toute petite salle, face à des acheteurs de tous pays, dans un charmant anglais approximatif et une timidité édulcorée par l’enthousiasme.

Ayant promis au distributeur que je ne ferais pas de critique du film avant sa sortie (probablement en Juillet), je ne vous en parlerais donc pas, j’avouerais juste être resté clairement dubitatif face à ce qui ne dépasse pas vraiment son statut de « film d’horreur réalisé par un jeune de 15 ans ». On en reparle plus tard, c’est promis.

Je file ensuite acheter à manger, et me précipite dans la file d’attente pour Office, que j’avais raté la veille en séance de minuit. Echaudé par mes mésaventures successives, j’ai préféré ne pas prendre de risque, et je débarque 1h30 avant le début de la séance.

Ce qui, incroyable coup du sort, ne se révèlera absolument pas nécessaire. Non seulement la file est divisé entre les badges presse/marché, et le reste des festivaliers (pour une fois que je suis clairement privilégié je ne vais pas m’en plaindre), mais en plus il y a beaucoup moins de monde que ce à quoi je m’attendais, surtout du côté de la presse. C’est donc parmi les tous premiers que j’entre dans la salle du soixantième, créée comme son nom l’indique à l’occasion du 60ème festival, pour apprécier une nouvelle incursion coréenne dans l’univers du thriller.

185497.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Enfin, apprécier est un bien grand mot. Sans être mauvais (la réalisation est efficace, les acteurs convaincants), Office souffle le chaud et le froid tant il bâfre à tous les râteliers et multiplie les changements de cap, jusqu’à être passablement brouillon. C’est bien simple, au sortir de la salle, je me suis aperçu que je n’avais rien compris à la finalité du film, et même maintenant que j’ai eu le temps de le digérer, je ne suis pas sûr d’avoir saisi le fin mot de l’histoire. Avec ce scénario à base de salary man devenu fou qui massacre toute sa famille au marteau avant de disparaître dans la nature (mais peut-être est-il toujours caché au sein de l’entreprise à épier ses collègues), Office puise plus son inspiration dans le slasher que dans le thriller psychologique. L’analyse de la vie de bureau, sans être révolutionnaire, reste pertinente, mais les ficelles dramatiques et les révélations s’avèrent un peu trop brouillonnes et éculées pour convaincre.

Je sors de là avec une demi grise mine, surtout en sachant ce qui m’attend : une seconde nuit à la belle étoile.

Mais cette fois-ci, j’ai prévu une couverture pour m’endormir sur le sable au son du reflux.

Bon, je ne vais pas vous raconter ma vie, mais sachez que ma couverture légère ne suffisait pas face au froid relatif de la nuit cannoise, que mon cerveau ne voulait pas s’arrêter de réfléchir, et que sur les coups de 3h30, les dameuses sont venues aplanir le sable, manquant de m’écraser par inadvertance et me forçant à déplacer mon campement un peu plus loin… avant qu’une autre dameuse ne vienne travailler à côté de moi une heure plus tard.

J’ai donc passé une super nuit, je vous remercie. Heureusement qu’il n’y a pas de marée à Cannes…

Par Corvis

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.