octobre 24, 2020

Psychose

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Titre Original: Psycho

De : Alfred Hitchcock

Avec Anthony Perkins, Janet Leigh, Vera Miles, John Gavin, Martin Balsam et John McIntire

Année: 1960

Pays: Etats-Unis

Genre : Thriller

Résumé:

En fuite après avoir dérobé une importante somme d’argent, Marion Crane s’arrête au Motel Bates pour se reposer. Elle y rencontre le propriétaire, Norman Bates, un jeune homme timide, accueillant… mais à la merci d’une mère un peu trop répressive…

Avis :

Il y a des réalisateurs qui ont marqué le cinéma à tout jamais. Et quand on regarde un petit peu par la lorgnette de la caméra, on se rend compte que les trois quarts de ces cinéastes sont passés par le film d’horreur ou le film d’épouvante. John Landis, John Carpenter, James Cameron, Steven Spielberg, Sam Raimi, Francis Ford Coppola, tous sont quasiment passés par le film qui fait peur ou qui suscite une angoisse. Alfred Hitchcock, dans les années 60, va proposer un film qui fera l’effet d’une bombe et qui inspirera un nombre incalculable de films et de metteurs en scène. Psychose est le tournant du cinéma d’épouvante et lance une nouvelle mode, celle du tueur psychopathe. Il est assez difficile de juger un travail qui date de plus de cinquante ans tant les mœurs ont changé, mais un film n’est-il pas un film indémodable ? Clairement, Psychose en fait partie, car même aujourd’hui le film demeure une leçon de mise en scène et de scénario, avec en plus des acteurs spectaculaires. Etes-vous prêt à louer une chambre dans le Motel Bates ?

Hitchcock était le maître du suspense et il savait allier scénario alambiqué avec une mise en scène très habile, trompant volontairement le spectateur. Psychose n’échappe à la règle et va être dans la continuité de la filmographie de Hitchcock. Démarrant comme un polar lambda, le film montre une jeune femme, Marion Crane, qui se barre avec trente mille euros en poche pour retrouver son amant dans une grande ville. Après quelques tumultes, dont un agent de police assez collant et quelques remords, elle va se retrouver dans un motel lugubre, le Motel Bates, en se trompant de route. Tout cela ressemble fort à un thriller comme on faisait à la belle époque. Seulement, on va vite se rendre compte que le film tourne lentement mais surement vers l’épouvante avec un gérant, le célèbre Norman Bates, plutôt gentil, mais avec une mère possessif et acariâtre. Le film vire au cauchemar avec le mythique meurtre sous la douche, puis vers l’enquête policière avec la recherche de la sœur. En avance sur son temps, Hitchcock balade son public par le bout du nez et le met face à des situations inattendues et parfois très stressantes. L’ambiance qui en ressort malgré la simplicité du scénario est vraiment terrifiante et cela grâce à divers éléments qui ponctuent le film. Tout d’abord la musique est vraiment stressante et contribue largement au stress ressenti par le spectateur. Ensuite, le côté noir et blanc renforce ce sentiment de malaise, donnant une noirceur plus profonde et donnant un aspect de film noir du plus bel effet. Enfin, les décors contribuent largement à installer une ambiance lourde et pesante, avec un bureau d’accueil plein d’oiseaux empaillés (une annonce pour son prochain film ?), un motel un peu rustique et surtout, une maison adjacente immense, froide et à la silhouette sinistre. D’ailleurs, cette demeure servira ensuite de modèle à bons nombres d’histoires d’horreur sur divers supports, dont le Manoir de l’Enfer, un Livre dont vous êtes le Héros. Bref, le film propose une ambiance et une mise en scène exemplaire.

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Allons petit, n’aie pas peur, je ne suis pas tout nu sous ma veste…

L’autre coup de force du maître du suspens, c’est le casting. Présentant Janet Leigh comme l’héroïne du métrage, elle va rapidement se faire assassiner dans la célèbre scène de la douche. Scène qui malheureusement demeure amoindrie aujourd’hui à cause du rabâchage et de sa trop grande notoriété. L’actrice joue parfaitement bien oscillant entre joie, remord, regret et peur. Mais, le vrai héros du métrage c’est résolument Anthony Perkins dans le rôle de Norman Bates. D’apparence chaleureuse et convivial, il reste mystérieux, laissant planer un doute sur sa vraie nature et sur l’existence de sa mère. Jouant sur deux tableaux bien différents, il devient un vrai monstre au regard perçant sur la fin du film et c’est bien là que l’on voit sa palette d’artiste. Inquiétant et pourtant avec une gueule d’ange, il sera le précurseur de bon nombre de tueurs en série. Il porte le film sur ses épaules et assume complètement ce rôle de composition. Le reste du casting est assez impressionnant, car tous les acteurs et actrices jouent vraiment très bien et sur des plans très longs. Un passage permet d’ailleurs de voir le talent de Perkins et de l’acteur incarnant le détective privé, dans un dialogue long, pertinent, montrant les limites du méchant et l’ingéniosité du détective. Alors bien évidemment, on pourra dire que tout cela a pris un coup de vieux, mais il n’en est rien et tout cela demeure très intelligent et surtout vraiment maîtrisé. Il est assez logique que le film demeure très peu gore et finalement, il n’est composé que deux très peu de meurtres, seulement deux, et pourtant, chaque crime est assez marquant à sa manière. L’absence de couleur masque l’aspect rouge du sang, mais on ne s’attardera pas sur ça, on retiendra surtout la froideur et la mécanique de Bates, et l’étau qui se referme sur lui petit à petit. La fin reste dans le plus pur style des films de cette époque, alignant des explications plus ou moins foireuses, mais ici, elles tiennent la route et sont assez passionnantes à écouter.

Au final, Psychose est un chef d’œuvre à part entière, un film majeur du septième art et surtout un des piliers de la culture thriller/épouvante. La mise en scène d’Hitchcock est irréprochable tout comme la prestation des acteurs (magnifique Anthony Perkins), contribuant largement au succès du film. Bref, il s’agit ici d’un film pivot, important et marquant les bases d’un genre qui est devenu aujourd’hui commun, voir surdéveloppé. Un métrage important, faisant partie des références du cinéma et que je conseille fortement à tout le monde, pour se construire une bonne conscience cinématographique. Bref, c’est du tout bon.

Note : 18/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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