octobre 29, 2020

The Magdalene Sisters

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De : Peter Mullan

Avec Anne-Marie Duff, Sean Colgan, Nora-Jane Noone, Dorothy Duffy

Année : 2001

Pays : Irlande, Angleterre

Genre : Drame

Résumé :

En Irlande, dans le comté de Dublin, en 1964.
Lors d’un mariage, Margaret est violée par son cousin. La honte s’abat sur toute la famille. Au petit matin, le curé de la paroisse vient chercher Margaret.
Bernadette est pensionnaire dans un orphelinat. En grandissant, devenue jolie, elle suscite la convoitise des jeunes gens du quartier. Considérant que sa nature et son caractère la destinent au pire, la direction de l’orphelinat la confie alors à l’unique institution susceptible de la maintenir dans le droit chemin.
Rose, qui n’est pas mariée, vient de donner naissance à un petit garçon. Séparée de son bébé, elle est emmenée au couvent des sœurs de Marie-Madeleine.
Les trois jeunes femmes sont immédiatement confrontées à Sœur Bridget, qui dirige l’établissement et leur explique comment, par la prière et le travail, elles expieront leurs pêchés et sauveront leur âme.

Avis :

Peter Mullan est un immense comédien britannique et son talent n’est plus à prouver. Au cours de sa belle carrière, il a tourné pour les plus grands comme Danny Boyle, Steven Spielberg, Michael Winterbottom, Ken Loach, Mel Gibson, Alfonso Cuaron et j’en oublie surement.

Mais le comédien a plus d’une corde à son arc. Il est donc passé à la réalisation. Après plusieurs courts-métrages et un premier long « Orphan » plutôt bien accueilli, il revient quatre ans plus tard avec ce deuxième long, inspiré d’un fait terrible et le film s’avère être une très belle claque, aussi dure qu’elle est douce.

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En Irlande, dans le comté de Dublin, en 1964, trois jeunes femmes, Margaret, Bernadette et Rose sont envoyées dans un couvent tenu par des sœurs.

Alors qu’elle était à un mariage, Margaret se fait violer par son cousin, une honte pour la famille, car si son cousin a fait ce qu’il a fait, c’est parce que la jeune femme l’a forcément provoqué.

À l’autre bout du comté, Bernadette, une jolie jeune femme, attire les regards des jeunes garçons du quartier. Jugée malsaine par son établissement, elle est envoyée à l’institut des sœurs.

Enfin, il y a Rose, qui vient de donner naissance à un petit garçon dans un hôpital. Comme le nouveau-né est hors mariage, la jeune femme sera séparée de son fils envoyé à l’orphelinat par ses grands-parents et la jeune femme sera envoyée au couvent.

Ces trois jeunes femmes vont alors se confronter à la sévérité des sœurs qui ne voient qu’en elle le mal et elles vont tout faire pour remettre les trois jeunes femmes dans le droit chemin, sur la voie de Dieu.

C’est grâce au travail forcé et aux coups de bâton et autres punitions du même genre que les trois filles et toutes les autres devraient revenir dans la lumière. Ainsi, Margaret, Bernadette et Rose voient leur vie changer du jour au lendemain.

Son premier film est une comédie à l’humour grinçant, alors pour son deuxième film, Peter Mullan change radicalement de style et décide de raconter avec sincérité le calvaire qu’ont vécu plusieurs femmes envoyées dans des couvents pour y travailler presque comme des esclaves. C’est un fait dont je n’avais jamais entendu parler.

C’est donc un film absolument poignant et dur que le réalisateur nous offre-là. C’est un film injuste, qui m’a mis les nerfs à fleur de peau. A plusieurs moments j’ai bondi de mon canapé, je me suis insurgé contre ce film. Le réalisateur y peint avec beaucoup de réalisme et de sévérité le quotidien de ces jeunes femmes que le film ne peut pas laisser indifférent.

Le scénario est très bon, bien écrit, bien romancé, avec des moments durs, mais aussi d’autres moments plus tendres, plein d’espoir et d’amitié. Peter Mullan évite avec succès de tomber dans le misérabilisme. C’est vrai que son film est dur, révoltant, mais il n’en fait pas trop, il dépeint juste comme il faut ce milieu, il ne fait pas dans la maltraitance pour faire du sensationnel. Son film est beaucoup plus subtil que ça, beaucoup plus fort et plus vrai.

C’est avec beaucoup de talent que Peter Mullan démontre qu’il n’est pas qu’un excellent comédien puisque c’est aussi un très bon réalisateur et ce film en est un bon exemple. La mise en scène a beaucoup de classe. Le film est beau à regarder. Le réalisateur prend le temps de bien filmer chaque scène, j’ai trouvé son film très esthétique, avec de jolis plans, des cadres supers, des décors simples et crédibles. Comme pour la maltraitance, le réalisateur n’en fait pas trop, tout son film est simple et fonctionne très bien.

Peter Mullan a très bien « casté » ses actrices, les autres comédiens engagés pour le film sont de belles révélations. Anne-Marie Duff, qui joue Margaret, est excellente, c’est mon petit coup de cœur du film. L’actrice que je viens de voir dans la série « Parade’s End » est encore une fois remarquable. J’ai été touché par ce qui lui arrive plus que les trois autres et j’ai adoré la fin de son parcours. Ensuite, il y a Nora-Jane Noone, qui derrière son air fort, cache une belle fragilité qui va se révéler être très touchante. Dorothy Duffy et Eileen Walsh sont elles aussi incroyables dans leurs rôles respectifs. Il faut noter aussi la performance incroyablement agaçante (dans le bon sens) de Geraldine MacEwan, qui joue la mère supérieure tenant le couvent, capable de la plus grande des cruautés pour son bon dieu…. Peter Mullan joue aussi dans son film, mais s’est réservé qu’une petite apparition, dont on se souviendra.

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Voilà ce que je pouvais vous dire sur ce deuxième film signé Peter Mullan. C’est donc un excellent film, dur, froid, énervant, mais aussi captivant, passionnant, réaliste et historique. Peter Mullan décide de nous parler d’un sujet difficile, mais il le fait avec subtilité et respect. Je suis plus que ravi d’avoir vu ce film, qui je dois le dire, me hante depuis que je l’ai regardé. Un très beau devoir de mémoire.

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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Une réflexion sur « The Magdalene Sisters »

  1. Un très bon film en effet ! Je ne me lasse pas de le revoir !
    le réalisateur nous plonge dans une page de l’histoire peu connue et somme toute assez récente puisque le dernier « foyer » de Magdalene sisters a fermé en 1994 et que des femmes y avaient passé le plus clair de leur vie…

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