décembre 2, 2020

Pharrell Williams – GIRL

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Avis :

Si on est un tant soit peu mélomane (ou pas, à vous de voir concernant le bonhomme), on connait Pharrell Williams depuis un bail maintenant. Il faut dire que cela fait plus de dix ans qu’il sévit dans l’univers musical et que malgré de bons débuts, il a tendance à faire plus de mal que de bien à la musique en général. Ceci n’engage que moi, bien évidemment, mais en 1994, il crée sa boîte de production The Neptunes, et en 2001 il devient le chanteur et batteur du groupe N.E.R.D et force est de dire que ce n’était, franchement, pas mal du tout. C’est durant cette même année qu’il se révèle au grand public en étant le producteur du titre I’m a Slave 4 U de Britney Spears ainsi que d’un album de Justin Timberlake. Mais le véritable carton vient en 2013. Après une collaboration avec le groupe Daft Punk sur les morceaux Get Lucky et Lose Yourself to Dance, il signe aussi l’un des plus gros succès de l’été avec Blurried Lines de Robin Thicke. Alors bien évidemment, après tant de succès et la lobotomie subie avec le titre Happy, le chanteur sort son deuxième album huit ans après le premier. GIRL signe donc un retour important mais qui semble aussi très opportuniste. Malgré cela, il faut dire ce qui est, l’album est basique et franchement pas hyper bon.

Le skeud commence plutôt bien avec Marylin Monroe. L’intro au violon est plutôt bien pensée et la suite avec la boîte à rythme demeure assez sympathique. Et c’est quelqu’un de totalement réfractaire à ce genre de son qui vous le dit. Mais durant plus de cinq minutes et avoisinant les six minutes, le single s’essouffle arpentant tout le temps la même rythmique et sans aucun changement ou variations. Du coup, on s’ennuie au bout d’un moment et cela devient presque pénible. Brand New, avec Justin Timberlake, est assez dynamique et sympathique, avec notamment les instruments à vent, mais les voix de tête sont assez insupportables, bien trop aigues et le rythme demeure encore une fois le même tout au long du morceau. Cette absence de prise de risque est assez pénible et comme les morceaux sont assez longs, on aura toujours tendance à s’ennuyer à la longue. On pourra aussi reprocher le copier/coller sur les Jackson Five et une sonorité empruntée aux années 70/80 pour essayer de faire plus cool. Heureusement Hunter arrive à point nommé pour réveiller les foules. Le titre est très sympathique notamment grâce à une utilisation intéressante de la guitare, sur un riff amusant et une variation sur les éléments de percussions ce qui donne quelque chose de très agréable et de finalement fendard. Malheureusement, le chanteur retombe dans ses travers avec Gush, un titre insignifiant, qui ne possède pas une once d’originalité et qui fait plus office de bouche-trou qu’autre chose. Arrive alors Happy, le morceau le plus insupportable du skeud. Cela se veut positif, joyeux, c’est malheureusement tout le contraire qui se passe et cela n’est pas dû au morceau en lui-même, mais à la lobotomisation que l’auditeur a dû subir durant des semaines et des semaines. C’est-à-dire que ce morceau, faisant partie de la bande originale de Moi, Moche et Méchant 2, a tellement été utilisé qu’il en devient pénible et surtout sans grande originalité.

Pharrell Williams

La seconde moitié de l’album ne commencera pas sous les meilleures auspices, puisque Come Get It Babe est un titre ultra classique de R’n’B nouvelle génération et qu’il ne possède qu’un passage de grattouille afin d’appuyer un refrain de très mauvais gout et franchement mauvais. Guest of Wind demeure plus sympathique, notamment grâce à un refrain bien plus efficace, l’utilisation d’une basse rappelant les années 80 et surtout, quelques violons qui appuient l’arrivée du refrain. On est face à un titre plus intéressant et plus travaillé que le reste. On notera aussi un passage qui rappellera les Daft Punk avec des voix robotiques. De toute façon, on ressent leur influence sur ce titre, qui se veut un faux revival des années disco. Lost Queen est la pièce maîtresse du skeud, car le morceau frôle les huit minutes. Alors qu’avec ce temps certains groupes de métal ont le temps d’instaurer une ambiance et de monter en puissance, laissant la place à des solos de folie, Pharrell Williams préfère couper en deux son titre, avec une première partie mollassonne, se la jouant entre Shaggy et Katy Perry, pour quelque chose de peu passionnant. L’autre partie de ce titre sera du R’n’B pur jus, sans saveur et qui ennuiera vraiment. Par la suite, on tombe encore dans le classique, sans saveur, sans originalité avec Know Who You Are en duo avec Alicia Keys. Enfin, le titre se conclut avec It Girl, un titre comme les autres, avec une voix de tête pénible et qui n’assurera pas le show de par sa simplicité.

Au final, GIRL, le deuxième album de Pharrell Williams est une petite déception, mais il se révèle meilleur que prévu. N’officiant que dans les sphères offrant argent et pseudo reconnaissance, le chanteur et producteur a su garder quelques passages intéressants sur certains morceaux avant de succomber à sacro-saint R’n’B bas de gamme. Certes, ce n’est pas la panacée, bien au contraire, mais c’est mieux qu’une grande majorité de faux artistes occultant la scène R’n’B actuelle.

  1. Marilyn Monroe
  2. Brand New featuring Justin Timberlake
  3. Hunter
  4. Gush
  5. Happy
  6. Come Get It Babe
  7. Guest of Wind
  8. Lost Queen
  9. Know Who You Are featuring Alicia Keys
  10. It Girl

Note: 08/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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