octobre 26, 2020

Phantasm

phantasm

De : Don Coscarelli

Avec A. Michael Baldwin, Bill Thornbury, Reggie Bannister, Angus Scrimm

Année: 1979

Pays: Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé:

Adolescent orphelin, Mike se rend à l’enterrement du meilleur ami de son grand frère. Pendant la cérémonie, il est intrigué par le croque-mort, qui semble doté de pouvoirs surnaturels.

 

Avis :

Quand on évoque les grands films d’horreur à suite avec un personnage charismatique, on pense de suite à des sagas cultes comme Les griffes de la nuit et Freddy Krueger, Vendredi 13 et Jason Voorhees, Halloween et Michael Myers ou encore Jeu d’enfant avec Chucky. Mais il y a une autre saga, composée de 4 épisodes pour l’instant (paraitrait qu’un cinquième verrait le jour dans un avenir incertain), qui a effrayé et marqué plus d’un bambin dans les années 80. C’est plus précisément en 1979 que sort le premier Phantasm, nait du cerveau malade de Don Coscarelli. Avec une jaquette rouge sang et une histoire assez macabre, le film va nous transporter dans une recherche étrange et vers un grand méchant effrayant, énigmatique et assez malsain. Le grand homme fait partie de ses personnages d’horreur qui ont marqué une jeunesse et qui faute d’un pseudonyme intéressant passe par moment aux oubliettes. Sauf que Phantasm fait vraiment peur, que son méchant est très charismatique et qu’en plus, le scénario est très alambiqué. Ouvrons ce cercueil pour voir de quoi il en retourne.

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Voilà le grand méchant et il est vraiment grand, 2m12 environ…

Bien loin du slasher simple mais efficace comme un Halloween ou un Vendredi 13, Phantasm va plutôt dans la catégorie horreur fantastique, proposant un homme étrange, aux pouvoirs surnaturels plutôt glauque et à l’armada plus que bizarre. Le scénario raconte l’histoire d’un jeune garçon orphelin qui se cache pour assister à l’enterrement du meilleur ami de son frère, rock star de surcroit. Il va alors voir le croque-mort porter à lui seul le cercueil alors qu’il pèse dans les 200 kilos. Inquiet, il va mener une enquête et découvrir que cet homme n’est pas humain, avec un sang jaune et qu’une bande de nains l’accompagne pour l’aider dans sa sombre demeure. Il va alors embarquer son grand frère et leur ami dans un combat contre le grand homme qui transforme les corps des morts en nain pour les réduire en esclavage. Le scénario est très complexe, et il faut dire que pour le cerner, il faut être bien barré. Mélangeant plusieurs styles, passant du monstre, à l’extraterrestre, aux rêves puis à la réalité, alternant phases de transformation et phases d’hallucinations, le film accumule des moments dérangeants pour que le spectateur se sente mal à l’aise et ça marche. L’histoire peut d’ailleurs sembler être en avance sur son temps car elle est vraiment novatrice et même aujourd’hui, aucune autre histoire ne semble lui ressembler. D’ailleurs la révélation finale, aussi abrupte qu’inattendue laisse le spectateur sur le cul et en proie à bien des questions.

Mais en plus d’un scénario alambiqué et complexe, le film peut se targuer d’avoir un impact visuel très fort, au même titre qu’un Hellraiser. Profondément maladif dans son traitement et vraiment décousu, le film propose sur chaque phase des moments de frayeur et de tension intense. Ainsi Coscarelli joue avec nos nerfs pour mieux nous plonger dans l’enfer des personnages principaux. Les phases de sursaut se multiplient et on prend vraiment peur pour le jeune Mike. C’est d’ailleurs la force de métrage, qui arrive, sur chaque phase différente de montrer quelque chose d’effrayant ou d’angoissant. La tension ne retombe jamais et on est toujours en alerte, ce qui est une bonne chose, surtout pour un film de cette époque. Le passage du rêve ou Mike rêve du grand homme à côté de lui et des zombies qui se lèvent de terre pour l’emporter, ou encore le passage du grand homme en ville devant la fumée du camion de glaces et qui inspire bruyamment, ou encore le passage de l’attaque du nain dans les bois ou encore les différents effets d’ombre et de lumière. Bref, je pourrai en citer encore des dizaines, mais le film est vraiment bien foutu. Jouant aussi sur les bruits et sur les ombre, Coscarelli propose des passages déroutants que l’on va retrouver dans un nombre incalculable de films d’horreur, comme le coup du briquet avec le nain qui apparait d’un coup ou encore les silhouette qui se cachent entre les tombes en émettant un petit bruit. Tout cela instaure une ambiance bizarre qui dérange un peu. Tout comme le décor intérieur du mausolée, tout en marbre blanc et en urne funéraire.

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Le premier homme fontaine !

Si l’on doit décrire quelque chose qui se passe durant les années 70/80, je parlerai bien entendu des tenues vestimentaires. Mais aussi du jeu des acteurs dans certains films. Quand on voit les plus grandes screaming queen ou encore les grands méchants avec leurs mimiques à deux balles, il y a de quoi s’esclaffer aujourd’hui. Sauf qu’avec Phantasm, on n’a pas ces moments de franche rigolade et la faute en incombe à Angus Scrimm qui incarne un méchant vraiment effrayant. Que ce soit sa démarche ample, son regard vide et froid, sa dégaine absolument intemporelle ou encore le peu de phrase qu’il dit, mais il s’impose comme un méchant charismatique et inquiétant. D’autant plus que ses pouvoirs, à base de formation de nain et de boules transperçantes, sont tout aussi mystérieux. A ces côtés, le jeune acteur incarnant le héros, Mike, est très crédible. Sans aucun surjeu, il arrive à être sympathique aux yeux du spectateur et on a vraiment peur pour lui. Symbolisant la jeunesse perdue mais la soif de vivre, on a vraiment envie qu’il s’en sorte. Son grand frère est lui aussi très attachant, jouant le beau gosse de service mais étant convaincant et bien dans son rôle de grand frère protecteur. On pourra aussi parler des seconds rôles, assez bons et convaincants, comme Reggie Bannister qui incarne le bon pote et qui est lui aussi très convaincant.

Ayant un impact visuel fort, le film va aussi faire dans le gore bien crade pour instaurer une pointe de dégout dans les yeux des gens. Il faut dire qu’à cette époque, les effets gores n’étaient pas dans les mœurs et cela a du choquer plus d’une personne. Le coup de la boule qui fore la tête du gars est le passage culte de ce film, montrant une maestria dans les effets spéciaux sanglants incroyables. C’est sale, c’est outrancier, mais ça fonctionne. Par contre, on ne pourra pas dire que le reste des effets spéciaux soient très convaincants. En effet, parfois les effets sont un peu grossiers et on voit les trucages. Prenons par exemple le doigt coupé qui bouge encore, puis qui se transforme en mouche géante, et bien on voit très bien que cette mouche est une marionnette, mais surtout, on voit le fil qui la fait bouger, c’est assez préjudiciable. Il y a plusieurs effets comme cela et c’est dommage. Cela dit, le film ne se repose pas sur ces effets là et c’est tant mieux, préférant proposer une ambiance lourde et bien glauque. La fin réserve une surprise de taille et laisse le spectateur dans une sorte d’incompréhension qui ne m’a pas forcément plu. Cela dit, elle colle tout à fait avec le titre du film.

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Capillairement parlant, t’es au top mec !

Au final, Phantasm est un film d’horreur qui fait peur et c’est bien là l’essentiel. Angus Scrimm assure en tant que grand méchant effrayant et le film possède son propre univers visuel. Très coupé, voir saccadé, le film en profite pour superposer des images stressantes tout au long du métrage, donnant un rythme effréné. Si les effets spéciaux semblent désuets et que le scénario demeure halluciné, il n’en demeure pas moins un film sympathique qui donne envie de connaître la suite de cette saga.

Note : 14/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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