octobre 27, 2020

Hardcore

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De : Paul Schrader

Avec George C. Scott, Season Hubley, Jean Allison, Tracey Walter

Année : 1979

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

La fille de l’homme d’affaires, Jake VanDorn, disparaît mystérieusement lors d’un voyage organisé par son église. Désespéré, il engage alors un détective privé pour la retrouver et apprend alors que sa fille tourne actuellement dans des films pornographiques. Prêt à tout pour la sortir de cette situation, Jake doit infiltrer le monde de l’industrie du sexe, au péril de sa vie.

Avis :

« Hardcore » est le deuxième de Paul Schrader. Cela faisait longtemps que j’en entendais parler, on m’avait dit que ce film était un peu l’ancêtre du film de Joel Schumacher « 8 Mm« . Donc après avoir vu « The Canyons » je me suis décidé à le regarder et c’est un film que j’ai apprécié.

Alors que l’Amérique vibre au rythme des films de grands réalisateurs, comme « Alien » de Ridley Scott, Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, « Hair » de Milos Forman, le « Star Trek » de Robert Wise, ou le « Superman » de Richard Donner, Paul Schrader dénote et nous offre un film noir, profond, dur sur la recherche d’un père pour retrouver sa fille perdue dans le Los Angeles pornographique.

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Jake VanDorn est un homme sans histoire. Chrétien affirmé, il vit dans le respect de l’autre. Il est aussi le patron d’une petite entreprise qui marche plutôt bien et le père d’une belle jeune fille de quinze ans qui est la bonté incarnée.

Un jour, la jeune fille part en voyage scolaire à Los Angeles, mais une fois arrivée sur place, elle disparaît sans laisser de traces.

Très vite, monsieur VanDorn engage un priver, car la police ne semble pas si pressée que ça de la retrouver. Après quelques mois, le privé retrouve enfin sa trace. La jeune fille tourne dans des films pornographiques. A-t-elle était enlevée ? Comment a-t-elle atterrie dans ce milieu ? Comment la retrouver pour la sortir de là ? Monsieur VonDorn va alors tout entreprendre pour retrouver et sauver sa fille de cet enfer, quitte à se faire passer pour ce qu’il n’est pas.

Avec « Hardcore » le réalisateur Paul Schrader porte un regard dur et glauque sur l’industrie pornographie des années 70 à travers les yeux d’un père puritain qui découvre un monde qui lui fait horreur et dont il ne soupçonnait même pas un quart de ce qu’il va découvrir.

Paul Schrader a toujours été attiré par un monde glauque, des univers sombres et il le montre dans ce deuxième film (Je n’ai pas encore vu son premier). Partant sur la base d’un polar, le réalisateur va nous entraîner dans une enquête sombre et malsaine et va dresser sans complaisance le portrait de l’industrie du sexe alors en plein boom à l’époque.

« Hardcore » est un film dur, sombre, étouffant, l’histoire est parfaitement affreuse, le scénario est superbe, la mise en scène glauque à souhait, mais pas gratuite et la bande originale est fabuleuse.

Le film prend son temps dans chacune de ses phases. Au début, le réalisateur va prendre son temps pour nous présenter son personnage principal, sa façon d’être, de penser, son monde bourgeois qu’il affectionne, son petit confort. Cette première partie est très bien, puisqu’elle va ne faire qu’accentuer cette seconde partie de film. Car, pour la suite, toujours en prenant son temps, Paul Schrader va nous faire sombrer, avec son personnage, dans un monde scabreux et sans merci. Il va faire s’opposer le choc des cultures et décupler la force de son personnage. Lui qui s’était mis à pleurer en regardant son premier film porno, lui qui n’imaginait même pas la moitié de ce qu’il voit au départ, va alors pour l’amour de sa fille, faire ce dont il ne se serait pas cru capable.

J’ai beaucoup aimé ce scénario, car dans un sens il décrit avec violence le monde de la pornographie et dans un autre sens, le film est très touchant, car le réalisateur y traite avec beaucoup de subtilité et d’intelligence le portrait de cet homme, face à l’Amérique en plein changement. Le scénario n’épargne d’ailleurs rien à cet homme, allant de sex-shop aux salons de massage, des cinémas porno aux coulisses des tournages de film « hardcore ». Paul Schrader soigne cet univers et nous le décrit au mieux. C’est un film très culotté je trouve pour son époque et le réalisateur annonce d’emblée la couleur de son cinéma.

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Tout le film est brillamment tenu par George C. Scott qui joue à merveille ce père tourmenté qui va finir par prendre le taureau par les cornes. J’ai beaucoup aimé ce personnage, qui va évoluer pendant tout le film. C’est très bon, car au départ coincé, le personnage va prendre une tournure qu’on n’imaginait pas. L’acteur incarne avec charisme et subtilité ce personnage. J’ai adoré la relation qu’il va entretenir avec Season Hubley, une prostituée aussi aguicheuse que touchante. D’ailleurs, l’actrice que je découvre est une belle révélation, belle et talentueuse, je vais m’intéresser à ce qu’elle a fait d’autre, car elle m’a bien accrochée.

« Hardcore » est donc un bon film. Un film qui ne fait pas de concessions sur l’univers qu’il aborde, c’est un film maîtrisé de bout en bout et qui malgré le jugement du père sur cet univers, a le mérite dans le fond de ne pas juger ce milieu. C’est un film plaisant à suivre, qui nous montre bien le développement de cette industrie. Dans un sens, il a un petit côté documentaire.

Note : 13/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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