avril 16, 2021

Les 13 Reliques – Michael Scott et Colette Freedman

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Auteurs : Michael Scott et Colette Freedman

Editeur : Fleuve Noir

Genre : Thriller

Résumé :

Sarah a sans le vouloir mis le doigt dans un engrenage diabolique. En aidant une vieille dame lors d’une agression, elle se retrouve en possession d’une vieille épée brisée. La femme lui a demandé de remettre cette relique sacrée à Owen, son petit-fils. Bientôt, Sarah et Owen, jeunes Londoniens à la vie ordinaire jusque-là, sont poursuivis par un couple de sadiques. Ces deux démonologues torturent et abattent brutalement plusieurs personnes âgées : les Gardiens des Reliques. Sarah et Owen ont bien compris leur mission forcée : empêcher à tout prix que les deux tueurs ne rassemblent les treize objets, sinon le monde sombrerait dans le chaos et la destruction.

Avis :

Le chiffre 13 évoque souvent une multitude de faits, de dates et de superstitions propres au folklore populaire et à une symbolique universelle. Qu’il soit porteur de malheurs ou maléfique, il se montre rarement positif (du moins dans les idées reçues), mais inspire également des légendes qui, à leur tour, influencent des auteurs contemporains. En l’occurrence, Michael Scott délaisse un temps sa saga pour la jeunesse sur Nicolas Flamel pour se faire la figure de proue d’un ouvrage plus mature avec Colette Freedman qui verse davantage dans le sentimental mielleux ou les comédies légères (à ce jour, l’intégralité de ses précédents romans reste inédite en France) en marge de ses productions théâtrales. Une association pour le moins inattendue qui nous offre un thriller ésotérique, mais pas seulement…

Les 13 reliques se base sur une légende galloise (Les 13 trésors de l’île de Bretagne) qui recèle autant d’objets aux propriétés magiques et plus si affinités. Un récit que l’on peut comparer également de la légende du roi Arthur où Merlin l’enchanteur reposerait pour l’éternité dans un château de verre entouré de ces 13 trésors. L’idée de départ se montre donc originale avec un matériau de base solide et peu usité, voire pas du tout, dans ce genre littéraire. A fortiori, Michael Scott est un spécialiste de la mythologie qui offre une touche singulière et surprenante au développement de l’intrigue : la présence d’éléments fantastiques.

En effet, le récit sort de l’habituel traitement réaliste qui replace le sujet dans son contexte historique pour se concentrer sur l’aura surnaturelle qui enveloppe ces mystérieux objets. Bien sûr, certains romanciers s’y sont déjà essayés via des théories plus ou moins farfelues, mais revenaient dare-dare sur les berges du rationnel. Il est rare (pour ne pas dire unique) de donner une consistance matérielle à cet aspect qui, par certains côtés, se rapprochent de la fantasy. On pense notamment à l’épée Dyrnwyn qui semble dotée d’une conscience ou des dimensions astrales dans lesquelles se projettent les protagonistes plus ou moins volontairement.

De fait, l’appellation thriller est un peu usurpée puisque l’on se situe autant dans ce domaine que dans le fantastique. Toutefois, cela n’entrave pas la progression du récit qui se construit sur une structure dynamique. Chapitres courts et rythmes enlevés servent une narration qui ne faiblit à aucun moment. Malheureusement, l’intrigue se montre trop linéaire, trop prévisible, pour créer une tension crédible et permanente. On nous ressort les poncifs du genre en les respectant à la lettre sans jamais s’en départir. D’ailleurs, l’intervention de Sarah dans cet imbroglio prête à sourire : venir en aide à une vieille dame agressée dans la rue, gardienne d’un secret ancestrale.

La remarque vaut également pour son accusation à tort qui n’apporte strictement rien au fil rouge. Une intrigue secondaire sans relief où l’on voit se dépêtrer deux flics patauds et peu alertes dans des déductions à trois francs six sous. Les policiers peu convaincants s’évertuent à faire coller les faits à leur théorie (quitte à admettre que les agissements d’une folle sont parfois impénétrables) plutôt qu’à rechercher la vérité dans leur travail d’investigations. À l’image des grands méchants de l’histoire, ils ne possèdent aucune consistance et prêtent à sourire devant leur incompétence ou les multiples rebondissements qui les accablent. Sarah et Owen relèvent à peine le niveau dans un duo de tête correct, mais nullement attachant.

À noter que le cadre est décrit de manière très édulcorée. Quelques lignes par-ci par-là ne permettent nullement à l’ambiance de prendre ses quartiers. Les environnements s’effacent trop facilement et il faut revenir en arrière ou se pencher sur la quatrième de couverture pour resituer l’action à Londres. En dépit de son thème, n’importe quelle autre ville d’un pays différent aurait fait l’affaire. D’ailleurs, on en apprend finalement peu sur ces treize reliques et leurs origines. La base n’est pas du tout exploitée. Les auteurs préfèrent la noyer dans l’histoire sans jamais troubler la surface qui sépare la fiction de la réalité. En somme, peu efficace et un tantinet décevant pour qui voudrait en savoir davantage.

Les treize reliques s’annonçait comme un thriller ésotérique singulier. Malgré la présence de cette légende galloise plaisante, une quête effrénée et une incursion fantastique bienvenue, l’intrigue cousue de fil blanc ne surprend jamais le lecteur. Si l’on ne s’ennuie pas, le suspense est traité par-dessus la jambe même si l’écriture demeure fluide. Un style qui parvient difficilement à occulter quelques errances narratives (les scènes de sexe inutiles, les retours furtifs dans une époque indéterminée…) au sein d’une ville (Londres) aussi absente que l’atmosphère générale. Au final, cela fait pas mal d’écueils pour peu d’intérêts. A priori, une suite est prévue, tout comme une adaptation au cinéma. À l’instar du présent ouvrage, de belles intentions qui risquent de rester lettre morte…

Note : 10/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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