Magic

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De : Richard Attenborough

Avec Anthony Hopkins, Ann-Margret, Burgess Meredith, Ed Lauter

Année: 1978

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller

Résumé:

Un ventriloque devient possédé par sa marionnette, ce qui l’entraîne à commettre des actes diaboliques et meurtriers.

Avis:

Les marionnettes sont, comme bien d’autres thèmes, des éléments récurrents dans les films d’horreur. Depuis les années 60/70, ces poupées que l’on peut manier sont les jouets préférés des réalisateurs voulant mettre un pied dans le domaine de l’épouvante. Et cela ne cesse pas de nos jours, puisque des films comme Dead Silence, Annabelle (qui n’est pas encore sorti au moment de l’écriture de ces lignes) ou encore La Malédiction de Chucky ont encore le vent en poupe. Qu’elles soient petites ou douées d’une volonté propre (Puppet Master), la marionnette fait peur. Pourquoi? Parce qu’elle est une représentation inexpressive de l’humain et permet aussi au ventriloque de décharger sa folie sur un élément non vivant renforçant son côté psychotique et ne possédant plus de limites, puisque le ventriloque estime que ce n’est pas lui le fou, mais bel et bien sa poupée. En 1978, le regretté Richard Attenborough (Jurassic Park) réalise Magic, un film qui oscille entre horreur et thriller et mettant en scène un Anthony Hopkins tout jeune en ventriloque reconnu. Mais plus de trente plus tard, le film tient-il toujours la route?

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Et oui, on s’emmerde vraiment devant la télé!

Corky est un magicien talentueux mais qui ne possède pas le charisme nécessaire pour magnétiser le public. A la mort de son mentor, que l’on suppose être son père, ce dernier lui dit qu’il faut juste qu’il trouve un objet lui permettant de se décomplexer devant le public. On retrouve Corky quelques années plus tard, commençant à avoir du succès grâce à une marionnette et un spectacle de ventriloquie. C’est alors qu’il se fait embaucher pour faire des émissions mais Corky refuse de passer un examen médical et il se réfugie avec Fats, sa marionnette, dans un chalet. Il va alors perdre pied petit à petit et se faire dicter son mode de vie par sa marionnette. Magic n’est finalement rien de plus qu’un film d’horreur qui montre la descente aux enfers d’un homme qui donne vie à sa propre marionnette. On aura donc droit à quelque chose de psychologique et qui joue sur la schizophrénie et la folie.

Mettant en image un homme relativement déséquilibré dès le début, Magic va faire monter la folie crescendo dans une ambiance glaciale. Richard Attenborough livre un film assez fort, mais qui s’épuise en son milieu à cause de palabres assez inutiles et d’une histoire d’amour qui ne sera que l’occasion de faire un mort de plus. Bien entendu, cela possède un sens, montrant les problèmes psychologiques de son protagoniste principal, complètement renfermé sur lui-même et intolérant à l’échec, mais le film perd de sa superbe et tombe dans quelque chose d’un peu mou.

Fort heureusement pour nous, le réalisateur livre une mise en scène exemplaire. Le début du film est énigmatique, très accrocheur, livrant une différence entre discours et images. Par la suite, certaines séquences sont très évocatrices, on pense notamment au moment où la marionnette parle à la place du ventriloque, ce dernier tournant le dos à l’interlocuteur, faisant un transfert de personnalité. Les joutes verbales entre la marionnette et le ventriloque sont vraiment excellentes et certains moment sont ambigus, comme lors du deuxième meurtre, qui laisse place au doute sur la viabilité de la poupée mais qui sera vite balayée par la suite. Ces passages de mise en scène sont presque des mises en abîme du message du film et c’est vraiment très fort.

L’autre point noir, c’est qu’il ne fait pas vraiment peur. Outre le traitement psychologique de Corky, joué impeccablement par un Anthony Hopkins incroyable et tout jeunot, on n’aura pas vraiment de passages flippants. Alors effectivement, la marionnette possède une certaine aura et son sourire demeure inquiétant, mais on ne sent pas vraiment de danger lorsqu’on la voit, contrairement à Chucky par exemple. Les quelques meurtres sont gentillets et les effusions de sang ne seront pas présentes. On n’éprouvera par contre un léger malaise, notamment sur la fin, lorsque le ventriloque exécute tout ce qu’il entend de la part de la marionnette, passage dérangeant et montrant toute la folie du personnage principal. Par contre, il est impossible de ne pas tomber amoureux de Ann-Margret, personnage complexe mais pour lequel on aura beaucoup d’empathie.

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Je dois vraiment mettre ma main dans ton cul pour te faire bouger? (c’est de là que provient le traumatisme du ventriloque)

Au final, Magic est un bon film car il possède des qualités indéniables. Sa réalisation est parfaite, et certains plans possèdent plusieurs niveaux de lecture, montrant tout le talent de feu Richard Attenborough. Il est juste dommage que le métrage s’épuise en son milieu à cause d’une amourette passable et que les meurtres ne soient pas assez rentre dedans. Mais le film est encore vraiment moderne, et cela plus de trente ans plus tard!

Note: 14/20

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Par AqME

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