octobre 26, 2020

Paranormal Activity Tokyo Night

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De : Toshikazu Nagae

Avec Nakamura Aoi, Aoyama Noriko, Yamano Haruka

Année : 2010

Pays : Japon

Genre : Horreur

Résumé :

Une jeune Japonaise rentre de ses vacances aux Etats-Unis avec les deux jambes dans le plâtre, en raison d’un grave accident de la route. En l’absence de son père, occupé par des voyages d’affaires, c’est son frère qui s’occupera d’elle.

Très vite, le jeune homme va suspecter la présence de phénomènes surnaturels dans la chambre de sa sœur. Il va alors décider de la filmer constamment…

Avis :

Dans l’univers des films à succès, et qui plus est dans l’univers des films de genre, il y a autre chose que les préquelles ou autres suites, il y a les Spin-of. Habituellement, on les retrouve plutôt dans les séries et cela consiste à transposer des personnages ou des éléments d’une histoire dans une autre série ou film. Par exemple Private Practice est un Spin-of de Grey’s Anatomy car on retrouve l’un des médecins de Grey’s Anatomy dans Private Practice. Sentant bon le pognon et l’attirance des jeunes adolescents incrédules vers le marché de l’épouvante et donc logiquement des Paranormal Activity, voici que déboule un Spin-of se déroulant au pays du soleil levant et avec pour cadre un frère et sa sœur avec les deux jambes dans le plâtre. Coup de maître de la part des producteurs puisqu’ils touchent à la fois sur le buzz avec les Paranormal Activity, sur un thème faisant flipper les ados et sur le japonais, pays du manga  qui attire une multitude de jeunes gens assoiffés de shonen et de seinen. Alors le coup est-il réussi ? Le film est-il mieux que les deux premiers opus américains ?

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J’ai une coupe au bol… de riz hihihihihi !

Y-a-t-il du nouveau du coté du scénario ? Il faut dire qu’après le jeune couple d’amoureux (auquel on s’identifie rapidement), puis la famille avec le bébé (à laquelle on s’identifie plus difficilement), que reste-t-il ? Et bien un couple mais avec le frère et la sœur. Et c’est évidemment ce qu’il se passe avec ce Tokyo Night. On retrouve donc un jeune frère un peu geek sur les bords et sa sœur, rentrant des Etats-Unis après un accident de voiture. Le lien est rapidement fait avec la saga originale puisque l’on apprend que la japonaise a eu un accident de voiture et qu’elle a renversé une jeune femme avec un bébé dans les bras. Diminuée, son frère va s’occuper d’elle jusqu’à ce que des phénomènes bizarres se produisent dans la chambre de la sœurette. Du coup, le frère met des caméras pour voir ce qu’il se passe et il va très vite faire une expérience avec du sel, révélant la présence d’un fantôme ou tout du moins d’un esprit surement pas bienveillant. En gros, il n’y a rien de bien nouveau à se mettre sous la dent et on voit rapidement les limites de ce genre de film avec les caméras de surveillance et les caméras à l’épaule. En gros, on se retrouve devant le premier film mais en version japonaise et sans la relation amoureuse. C’est assez limite, je trouve.

On sait que les japonais, question films de fantômes, ils touchent un peu leurs billes. On a pu le constater avec Ring, The Grudge (même si je n’aime pas), la mort en ligne, Shutter, etc. Quand on sait que la saga des Paranormal Activity se base quasiment exclusivement sur une ambiance oppressante, on peut se dire que ce nouvel opus va être deux fois plus fort et deux plus angoissant. Malheureusement, les japonais sont aussi les rois de la contemplation (un peu comme les français) et le film va paraître très long. La faute à quoi ? Reprenant sans vergogne les mêmes ingrédients que dans les deux premiers opus, on va encore une fois voir des objets bougés, des portes claquées, des planchers grincés, bref que des choses déjà vues et revues. Même la tactique de la poudre blanche, ici du sel, va être reprise et rediffusée au moins trois fois durant tout le film. Alors on peut se poser la question : pourquoi avoir fait ce Tokyo Night outre l’appât du gain ? Les fans des us et coutumes asiatiques seront peut être ravis, car, en effet, il y a une petite nouveauté, c’est l’apparition d’un chasseur d’esprits qui entre typiquement dans la culture japonaise, tout comme la purification de la maison. Mais cela ne sert à rien.

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Arrête, ce n’est pas moi le fantôme même si j’ai les cheveux longs, raides et noir, le teint pâle et les yeux bridés !

Au niveau des acteurs, la saga n’a pas changé sa ligne de conduite et préfère proposer des acteurs inconnus ou tout du moins peu connus pour interpréter les personnages assez banals des films. Du coup, on se retrouve avec des gens qui pourraient ressembler à n’importe qui d’autre et dans un sens, cela rajoute de la véracité au propos et ce n’est pas plus mal. J’ai pour habitude de dire que les acteurs asiatiques en font des tonnes pour jouer une émotion et cela est du en partie à cause du jeu d’acteur mais aussi de la réalisation avec des zooms parfois mal choisis. Le problème dans ce genre de film, c’est qu’il faut savoir jouer la peur, le stress et la perte de contrôle, hors, je trouve que les jeunes acteurs ne sont pas super crédibles là dedans. Le frère semble assez peu impliqué dans ce remue-ménage et la sœur semble à peine effrayée par ce qu’il lui arrive. Cela est d’autant plus dommage que même les acteurs secondaires ne sont pas très bons, comme la pseudo médium ou encore le pote au look particulier. Bref, si on doit le comparer aux deux premiers, ce n’est pas super bien interprété.

Bien entendu, niveau gore, c’est le néant total. La saga se reposant exclusivement sur des effets « bouh » et une montée crescendo de la pression, ce n’est pas dans la règle de faire des décapitations ou des éventrations à tour de bras. Les effets du film reprennent quasiment point par point ce que l’on a déjà vu auparavant et cela devient très vite lassant. On a droit à la montagne de sel qui se désagrège, au verre qui éclate, aux portes qui se ferment et se verrouillent, au fauteuil roulant qui se balade tout seul et bien entendu, la possédée qui va marcher et rester debout durant de longues heures avant de retourner se coucher. Misant sur un malaise en faisant marcher une nana qui a les deux jambes plâtrées, le film se perd un peu dans une resucée facile des autres films. Alors il est vrai que certains effets fonctionnent plutôt bien, que l’on a mal pour cette jeune fille quand elle se met debout (à grand renfort de craquements), mais tout cela semble si superficiel que le spectateur n’est pas happé comme dans le premier. De plus, le bourdonnement, donnant vie au fantôme, devient vite lassant surtout si on s’est enfilé les deux premiers à la suite et que l’on enchaîne avec celui-là…

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T’as vu, je peux briser un verre avec un grain de riz propulsé avec mes baguettes, ça t’en bouche un coin pas vrai !

Au final, Paranormal Activity Tokyo Night se révèle être décevant et en dessous du premier. Rien de bien original à se mettre sous la dent si ce n’est un passage de purification de la maison avec un prêtre japonais et qui à l’air de faire partie du folklore asiatique. Mais cela reste bien maigre et l’impression de voir un film surfant sur une vague pécuniaire est assez désagréable. Bref, si vous aimez vraiment beaucoup les Paranormal Activity, celui-ci pourra vous plaire, mais pour les autres, il suffit de voir le premier et le sentiment de les avoir tous vu se fera sentir. Ennuyeux et pas original, au même niveau que le second.

Note : 09/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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