octobre 27, 2021

La Saga de Ra’s Al Ghul

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Auteurs : Mike W. Barr, Dennis O’Neil, Jerry Bingham, Tom Grindberg, Norm Breyfogle

Editeur: Urban Comics

Genre: Super-Héros

Résumé :

Ra’s al Ghul, la Tête du démon, est le leader d’une organisation internationale du crime. Avec sa fille, Talia, il a affronté Batman de nombreuses fois et leurs liens se sont resserrés au fil du temps. Mais quels sont les secrets des origines de ce génie du crime à l’ambition démesurée ?

Avis :

Comme déjà dit dans une précédente critique, ce qui fait le super-héros, ce sont les super-vilains. Si Spider-Man ou Batman fonctionnent, c’est parce qu’ils ont des adversaires charismatiques et qui plaisent au public. Le Joker est un exemple parfait, puisqu’il est le Némésis de Batman, personnage fou et sans pitié et doté d’un design absolument génial. Mais il arrive parfois que le lecteur s’attache moins à un super-vilain alors que ce dernier a du succès. Ra’s Al Ghul fait partie des méchants qui ont jalonné l’histoire de Batman et qui pourtant ont du mal à émerger de la masse des autres vilains. La faute à un design trop simple ? La faute à un personnage pas assez charismatique ? Tout cela reste subjectif et avec La Saga de Ra’s Al Ghul que sort Urban Comics, il est désormais possible de se faire une idée sur ce grand méchant, puisque l’on va voir ses origines et deux autres histoires le mettant au cœur d’un problème.

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La première histoire s’intitule La Naissance du Démon. Comme son nom l’indique, on va avoir droit à l’histoire de Ra’s Al Ghul, comment il est devenu un criminel et comment il arrive à vivre aussi longtemps. La narration est assez sympathique, puisque l’on commence avec Talia, sa fille, qui essaye de creuser un puits de Lazare, et Batman l’en empêche. Elle va alors lui raconter la vie de son père. On y apprend donc que Ra’s Al Ghul était un scientifique au service d’un roi et qu’en sauvant le fils de ce roi avec un puits, il a perdu sa femme, tuée par la folie meurtrière du fils sortant du puits. Cette histoire demeure intéressante mais elle s’inscrit assez mal dans un comic. En effet, on a l’impression de lire une histoire de BD, que ce soit pour son histoire en elle-même ou pour son dessin. L’aspect crayonné est assez surprenant et l’histoire est très différente que ce à quoi on pourrait s’attendre pour un Batman. Dans le fond, cela reste assez sympathique mais l’histoire a plutôt mal vieilli et tient moins la route.

La deuxième histoire se nomme La Fille du Démon et c’est peut-être la meilleure histoire du recueil. On va y voir pour la première fois Batman s’allier à Ra’s Al Ghul pour combattre un ennemi commun. Chose très rare pour un Batman, on va le voir aimer quelqu’un et faire l’amour avec quelqu’un. De cette histoire naîtra d’ailleurs un enfant. Sur fond d’attaque terroriste pour faire entrer la Russie et les Etats-Unis en guerre, on a droit à une histoire assez intelligente, qui s’axe autant sur Ra’s que sur sa fille Talia, déchirée entre le devoir d’obéir à son père et l’envie de lui désobéir. Encore une fois, d’un point de vue du dessin, ça a assez mal vieilli, les couleur sont fades malgré des dessins précis pour les visages. Tout cela garde un aspect « vintage » pas désagréable mais on a la sensation d’être face à un Rambo plutôt qu’un Batman. Il manque cette ambiance sombre et lugubre d’un Gotham.

Enfin, la troisième histoire est La Fiancée du Démon. Nous sommes ici en présence d’une histoire classique, où Ra’s Al Ghul veut détruire le monde avec une arme météorologique. Pour l’aider dans sa conquête, le méchant kidnappe une actrice sur le déclin et la plonge dans un puits, le redonnant sa jeunesse et la séduisant pour faire un enfant. Batman voit le pot aux roses et décide d’arrêter ce projet, tout en protégeant le docteur Carmody qui aide Ra’s Al Ghul suite au décès de son enfant. Le scénario est simple à suivre, on retrouve les éléments qui sont propres à ce méchant, c’est-à-dire une fille déchirée entre son amoureux et son père, une armée de baltringues et un bras droit raciste à côté de ses pompes. Si cela se lit sans problème et demeure assez fluide, on notera quand même que sans son armée, Ra’s est quand même bien faiblard, se faisant étaler en une droite. Si on ajoute à cela des dessins vieillissants, on obtient un recueil sympathique et qui se laisse lire, mais qui ne laisse pas un souvenir impérissable.

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Au final, La Saga de Ra’s Al Ghul n’est pas un recueil médiocre, bien au contraire, mais il souffre des affres du temps et force est de constater qu’il a bien vieilli. Les fans de ce grand méchant (ras le cul d’écrire son nom à rallonge) seront certainement comblés mais pour ceux qui ne le connaissent que trop peu risquent d’être déçu par son origine tirée par les cheveux et par son incapacité à mettre Batman en danger. Après, cela se laisse lire facilement, mais ça reste en dessous que La Cible de Deadshot ou encore Les Tourments de Double-Face.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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