octobre 29, 2020

R. Kelly – Black Panties

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Avis :

Avant de commencer cette critique, il faut dire que R.Kelly est un grand monsieur de la musique. Au même titre que Dr. Dre ou Jay-Z, il a contribué à la démocratisation du R’n’B mais aussi du hip-hop. Ce n’est pas pour rien qu’il a ce surnom : King of R’n’B. originaire de Chicago, la ville des gangsters, le petit Robert Sylvester Kelly s’est fait connaître en 1992 alors qu’il sort un premier album avec un collectif. Un an plus tard, il sort son premier disque qui devient disque de platine et l’année d’après, il commence à produire de jeunes talents comme Aaliyah par exemple. Mais il explose vraiment à l’internationale en 1998 grâce à une bande originale de film, Space Jam (nous ne reviendrons pas sur les qualités incertaines de ce film), avec le hit en puissance I Believe I Can Fly (Monsieur et madame Fly ont trois fils, Abdoul, Yves et Hakim). Le carton est grandiose et le chanteur devient plus que populaire, il devient culte. Inutile ensuite de refaire sa discographie car elle est trop longue et que bien souvent, longévité rime avec qualité (parce que vous croyez vraiment que Tal va perdurer dans le temps ?). Black Panties est son dernier album et la curiosité est un vilain défaut, mais pour avoir une bonne culture générale, il faut écouter de tout, et bien mal nous en a pris. A presque 50 ans, le rappeur sort un album putassier, grotesque et d’une facilité affligeante.

Le premier titre se nomme Legs Shakin’ et il est en compagnie de Ludacris. Si on pourrait s’attendre à un morceau qui fait bouger les jambes, on sera bien loin de la vérité. Il s’agit d’un morceau où la musique n’est qu’accessoire, avec une boîte à rythme de temps à autre afin de balancer un chant ou un flow merdique. C’est mou, musicalement pauvre et on se demande encore si l’album a vraiment commencé. Et la suite ne sera pas mieux avec un semblant de son électro et une sorte de piano tout pourri en fond sonore pour attaquer Cookie, un titre où notre cher chanteur compare la femme à un Oréo. Bordel de merde, mais quand t’arrive à quasiment cinquante balais, tu arrêtes de chanter des conneries d’ados non ? Tu essayes de faire des sujets plus délicats, plus sulfureux. Mais là, ça tape en dessous de la ceinture et c’est vrai que la jaquette était assez évocatrice, mais là, c’est l’apologie du vide. Les paroles sont débiles en plus (j’aime lécher le milieu comme un Oréo). Bref, un titre plus rythmé que précédemment, mais d’une grande crétinerie. Mais ce n’est pas le morceau d’après qui va relever le niveau. Throw This Money on You est d’une lenteur indécente et on retrouve tous les travers du premier morceau, sauf que cette fois-ci, on aura droit à de l’autotune affreuse qui dessert la belle voix naturelle du chanteur. Il ne faut pas se voiler la face, R.Kelly possède un joli timbre, alors pourquoi massacrer sa voix comme cela ? On passera le Prelude qui n’est qu’un moment parlé avec un pote, pour tomber dans le summum de la daube intersidérale, Mary the Pussy. Et oui, le chanteur veut épouser des chattes. Un morceau très lent, avec une simple boîte à rythme et un piano en fond sonore pour un titre d’un ennui mortel et qui ne donne rien de nouveau. You Deserve Better arrive derrière pour proposer un titre tout en autotune et qui ne réserve rien de bien, se contentant du minimum syndical pour fournir un titre déjà entendu des millions de fois.

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Pour entamer cette deuxième moitié d’album, on a droit à Genius, qui se démarque des autres titres avec des percussions plus appuyées. Seulement, c’est encore trop lent, pas novateur et le chanteur se prend encore une fois pour un ado de 16 ans avec des paroles d’une nullité gravissime. All the Way avec Kelly Rowland affiche une petite nouveauté incroyable. En effet, on a droit à un morceau un peu plus soul, avec un peu plus de recherche. Du coup, c’est un tout petit peu mieux que ce que l’on a entendu précédemment, mais ça reste trop classique pour se démarquer de la masse. Arrive alors le tube de l’album avec My Story en duo avec 2 Chainz. Un brin de guitare en fond, une petite batterie, une boîte à rythme, certes, ça change un peu, ça mélange rap et R’n’B, mais ça reste mou et très pauvre musicalement parlant. Right Back est un titre tout aussi chiant que le reste, avec pour nouveauté un xylophone en fond, mais la répétition du mot Nigger (ou nigga) est insupportable. Il faut croire que les rappeurs de maintenant doivent mettre ce mot à toutes les sauces. Bref, un titre horrible avec de l’autotune à fond qui rendrait fou un malade en asile psychiatrique. Spend That avec Jeezy est un peu plus sympa car il s’agit d’un morceau rap old school avec un piano redondant et un côté mauvais genre Ce morceau change de la daube que l’on a entendue auparavant et se révèle presque salvateur. Avec Crazy Sex, le chanteur retourne dans ses travers et c’est vraiment pénible, entre une pauvreté anémique de la musique et des paroles d’une grande débilité. Pour clore l’album, on a droit à Shut Up, et c’est à l’image du reste du skeud, bien que ce soit un peu plus nerveux. Quoiqu’il en soit, c’est assez drôle de finir par un titre qui comporte exactement les mêmes mots que l’on a envie de lui dire en fin d’écoute.

Au final, Black Panties, le dernier album de R.Kelly est une daube horripilante. Entre de l’autotune qui déforme la voix, des boîtes à rythme absolument imbuvables et des rythmes lénifiants, on touche le fond du fond de la musique R’n’B. A 47 ans, il serait peut-être temps, soit de trouver des thèmes plus sérieux et intéressants, soit de prendre sa retraite. Personnellement, on penche pour la seconde option, mais les fans sont toujours bien présents et peut-être ont-ils raison, quoiqu’il en soit, nous, on a détesté !

  1. Legs Shakin’ featuring Ludacris
  2. Cookie
  3. Throw This Money on You
  4. Prelude
  5. Marry the Pussy
  6. You Deserve Better
  7. Genius
  8. All the Way featuring Kelly Rowland
  9. My Story featuring 2 Chainz
  10. Right Back
  11. Spend That featuring Jeezy
  12. Crazy Sex
  13. Shut Up

Note: 01/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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