Bobby Deerfield

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De : Sydney Pollack

Avec Al Pacino, Marthe Keller, Anny Duperey, Romolo Valli

Année: 1977

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Résumé:

Un champion de formule un, déçu par son métier, s’éprend d’une inconnue rencontrée dans une clinique. Quand lui respire la mort, elle éclate de vie. Mais il apprend bientôt qu’elle est atteinte d’un mal incurable.

Avis:

Sydney Pollack est un immense réalisateur. En quarante ans de carrière, le réalisateur n’a pas chômé. Il a réalisé vingt films, vingt œuvres plus ou moins marquantes. Si tout le monde connait ses films comme « Out Of Africa« , « La Firme« , « Tootsie« , « Jeremiah Johnson » ou bien « Les Trois jours du Condor« , il a fait aussi bien d’autres films avec de multiples sujets. « Bobby Deerfield » fait partie des films de la carrière de Pollack qui sont un peu oubliés et à tort.

Voulant découvrir ce qu’il a fait d’autre, je suis tombé par hasard sur cette histoire d’amour sur fond de formule 1 et j’en suis tombé amoureux de suite. « Bobby Deerfield » est un petit bijou oublié, un beau film intense et romantique à redécouvrir.

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Bobby Deerfield est un champion de formule 1 adoré de tous. Il aime son métier et tout lui réussit. Mais après une course qui s’est mal fini pour son coéquipier, Bobby se met à douter du métier et du danger refusant de prendre le volant pour la prochaine course. Bobby a beaucoup de mal à encaisser cette mort brutale. C’est comme ça qu’il décide de se rendre au chevet d’un autre ami accidenté pendant cette course. L’homme qui a percuté la voiture de son ami, peut-être que lui pourrait lui apporter l’explication que Bobby cherche tant. C’est là, qu’il y fait la rencontre de Lilian Morelli, une jeune femme pleine de vie et d’espièglerie, de joies, de bonne humeur, de franchise et qui ne sait pas qui il est. Le contact passe très bien entre eux, Bobby est comme fasciné par cette femme mystérieuse.

Alors que Bobby respire la mort et le désespoir, elle va lui redonner le gout de vivre.

Un coup de cœur, c’est bel et bien un gros coup de cœur que j’ai eu pour ce film, qui est surement l’un des plus beaux films que j’ai vu de Sydney Pollack. « Bobby Deerfield » est une magnifique romance intime avec une ambiance authentique comme seul l’immense Sydney Pollack savait en faire.

Le scénario est beau et simple dans sa ligne directrice. L’histoire, même si elle change un peu, est déjà vue, mais pourtant le réalisateur sait y apporter tant de choses pour la traiter qu’on redécouvre ce genre d’histoire à l’issue finale connu d’avance.

Ce film, c’est ce moment à part où « Rush » rencontre « Love Story« . C’est ce moment où le réalisateur, après avoir fait des films sombres comme « Les Trois jours du Condor » ou bien « Yakuza » a voulu faire autre chose et surprend en se lançant dans une histoire d’amour tragique certes, mais très lumineuse, presque onirique et bien loin de tout ce qui est pathos et facile. Ici, le tragique de cette histoire est prenant et non tire larmes. Le réalisateur préfère laisser ses personnages se séduire peu à peu, s’appuyant sur des émotions et un passé. Il le fait avec des silences, des regards, ou des envolés de dialogues d’une Marthe Keller joyeuse qui n’arrête pas de parler pour ne rien dire. Il préfère éviter aussi les grandes effusions de larmes à la fin pour laisser place à l’authenticité et la simplicité.

Il y a des images sublimes dans ce film, la mise en scène est somptueuse. Ce que j’aime beaucoup dans tous les films que j’ai pu voir de Sydney Pollack, c’est qu’ils ont tous beaucoup d’élégance. On sent que les plans sont travaillés, que la photographie est sublimée au possible. Ses films ont de la classe et le réalisateur sait très bien s’adapter à tous les genres. Ici on passe à des scènes de courses (Même s’il y en a peu et on en aurait bien voulu plus d’ailleurs) très bien filmées, nerveuses et réalistes, à des scènes plus tendres, plus subtiles, plus simples et ces deux ambiances fonctionnent parfaitement l’une avec l’autre. J’ai vraiment apprécié et je me suis laissé entraîner dans cette histoire les yeux grands ouverts, l’esprit libre et je n’ai pas vu mon film passer.

Le film est aussi sublimé par l’interprétation fabuleuse d’Al Pacino comme je ne l’avais encore jamais vu. L’acteur qui est froid au départ se laisse peu à peu bouleverser, il se révèle très fragile et il le joue si bien qu’il nous bouleverse à notre tour. Marthe Keller est très très bien dans ce film. L’actrice est mystérieuse et en même temps c’est un vrai bonheur, pleine de joie, imprévisible. Son couple avec Al Pacino fonctionne à merveille. Ils sont beaux, joyeux et tristes, intenses et simples, c’est superbe. Et de plus ils sont magnifiquement filmés par Pollack.

Il ne faut pas oublier la composition impeccable et pleine de classe d’une Anny Duperey dans son seul rôle à l’étranger si je ne me trompe pas.

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« Bobby Deerfield » en plus d’être un excellent film, possède aussi ce petit côté vieillot qui donne tant de charme à tant de films. Le film, dans sa mise en scène n’a pas spécialement vieilli, mais c’est son image qui lui donne ce côté vieux que j’aime.

Sydney Pollack est décidément un réalisateur surprenant, plus je découvre son œuvre et plus je suis impressionné par la diversité de ses films, l’élégance que chacun dégage. Sydney Pollack était vraiment un immense réalisateur, j’ai très hâte d’en découvrir d’autres.

Ce film est donc à redécouvrir, car il me semble bien oublié.

Note : 18/20

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Par Cinéted

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