Meurtres à la St-Valentin 3D

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Titre Original: My Bloody Valentine

De : Patrick Lussier

Avec Jensen Ackles, Jaime King, Kerr Smith

Année: 2009

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé:

Il y a dix ans qu’une tragédie a changé la petite ville minière de Harmony pour toujours. À la suite d’une erreur d’un mineur inexpérimenté appelé Tom Hanniger, cinq mineurs ont trouvé la mort, coincés dans les tunnels souterrains. Le seul survivant, Harry Warden, est plongé dans le coma. Son désir de vengeance l’amène pourtant à se réveiller au bout d’un an, le jour de la Saint-Valentin, et il tue vingt-deux personnes avec une pioche avant d’être lui-même abattu. Dix ans plus tard, Tom Hanniger revient dans la ville de Harmony, toujours hanté par les morts qu’il a provoquées. Tout en essayant de tourner la page, il devra aussi accepter que son ancienne petite amie, Sarah, est maintenant mariée à son meilleur ami Axel, devenu chef de la police. Mais le passé est tenace et, ce soir-là, après des années de tranquillité, il semble que l’obscurité soit de retour. Derrière un masque de mineur et armé d’une pioche, un assassin terrorise la ville de Harmony. Lorsqu’il s’approche de plus en plus, Tom, Sarah et Axel soupçonnent qu’Harry Warden est revenu pour achever son plan de vengeance.

Avis :

Les remakes sont pour certains un fléau et on peut les comprendre. Très souvent inférieurs aux originaux, ils ont en plus tendance à dénaturer des mythes et à rendre nos boogeymens préférés en petites tafioles bougonnes et inoffensives. Prenons l’exemple le plus flagrant avec le dernier Freddy qui est une purge avec son lot d’acteurs imberbes et son tueur qui pourrait jouer dans Plus belle la vie. De plus, avec la génération actuelle, s’intéressant peu au cinoche, ces films risquent d’avoir tendance à faire oublier les magnifiques films d’avant alors qu’ils sont souvent bien meilleurs. Néanmoins, on peut aussi se dire que l’avantage des remakes, c’est de faire découvrir de vieux films et de les voir afin de se faire une opinion dessus, notamment sur la fidélité et sur la qualité. Meurtres à la St Valentin est donc un remake d’un film de 1981 que je n’ai pas vu, mais qui m’a fichtrement donné envie de le découvrir. Et ça c’est plutôt bon signe. Alors que vaut vraiment ce remake de 2009 ?

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Il me semble, après une expertise poussée que cette jeune femme est morte des suites d’une agression. Mais je peux toujours me tromper…

Le scénario du film s’articule autour d’un seul axe majeur, l’identité du mystérieux tueur à la pioche. Malgré les faiblesses de l’histoire et surtout sa simplicité, les scénaristes ont fait un effort considérable sur le background des personnages et surtout sur leurs relations. En gros, on va suivre une bande de quatre personnes, deux couples, dont seules les deux filles sont amies. Seulement, lors d’une soirée underground dans une ancienne mine, un étrange tueur va dézinguer du jeune à grands coups de pioche. Bien entendu, le tueur est tué et identifié comme étant un ancien mineur qui fut le seul survivant d’une catastrophe minière causée par un certain Tom. Bien évidemment, ce massacre a lieu le jour de la St Valentin. Sauf que dix ans  plus tard, ce même Tom revient en ville et que les massacres recommencent, sauf que cette fois, le tueur pioche des cœurs. Le scénario simpliste au possible va tout de même engranger deux questions fondamentales : Qui est le tueur ? Comment vont évoluer les relations entre les personnages lorsque l’un d’eux revient dix ans plus tard et que son ex s’est marié avec son pire ennemi ? Il est assez rare de voir un film d’horreur s’axer autour des relations et c’est plutôt bien foutu, mais l’ambiance tient-elle la route ?

Le fait de poser le film dans une ville minière est assez sympathique. Le cadre est idéal pour perpétrer des meurtres en série et les pécores y foisonnent. Néanmoins, ce n’est pas tant le cadre qui va nous tenir éveillés mais plutôt les différents lieus de la ville et le coté déluré des meurtres. Car ce Meurtres à la St Valentin alterne allègrement les phases de tension sombre dans les mines ou dans un vieux supermarché et les phases de gore complètement assumées avec du sang dans tous les sens et des coups de pioche bien placés. Le design du tueur n’est pas non plus étranger au suspens du film, puisque ce dernier revêt une tenue de mineur avec un masque à oxygène et que dans les mines, il peut se fondre dans la masse et buter qui il souhaite. Sans être totalement novateur, le film s’amuse aussi à jouer avec nos nerfs, notamment avec le fameux Whodunit, qui consiste à essayer de trouver qui est le tueur et il faut dire qu’ici tout s’articule autour de deux personnages qui se détestent mutuellement. Le concept n’est pas révolutionnaire, loin de là, mais cela fonctionne très bien dans ce métrage et l’attente de la réponse devient pénible, car on fait un va et vient psychologique des deux bonhommes.

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Tu préfères la pointe pour que je te fasse un deuxième trou de balle ou tu préfères la partie plate histoire de te faire une tête au carré ?

J’ai eu quelques réticences lorsque j’ai vu le casting de ce remake. En effet, le personnage principal, héros torturé sur lequel de nombreuses questions vont se poser, est interprété par Jensen Ackles. Alors peut être que pour certains d’entre vous cela ne leur dit rien, et pourtant il s’agit d’un des frères Winchester de la série des Supernatural et dont le seul nom suffit à faire mouiller une palanquée de jeunes américaines en chaleur. N’étant pas finaud dans la série, j’ai eu un peu peur qu’il ne fasse qu’un bien piètre héros dans ce film, et pourtant, il a réussi à tenir ce rôle avec assez de brio sans pour autant éblouir l’écran. A coté de lui, on retrouve la ravissante Jaime King, presque sosie de Sandrine Quétier, qui est le lien entre les deux hommes soupçonnés d’être le tueur. Elle tient bien son rôle de femme partagée entre son passé et son présent, malgré quelques surjeux notamment lors des dualités contre le timbré masqué. Enfin, on a le flic de service, très con étant jeune et toujours un peu débile à l’âge adulte incarné par Kerr Smith. Si l’on excepte sa tronche imbuvable, il reste intéressant dans son rôle et il joue surtout sur le fait qu’en tant que personnage détestable, il reste très soupçonnable. Le reste du casting se révèle assez anecdotique bien que sympathique.

Avec un titre comme celui-ci, le spectateur lambda s’attend à des crimes atroces perpétrés avec une bonne grosse pioche de mineur, pas une pioche pliable de chez Casto. Et bien ce spectateur sera relativement comblé car Patrick Lussier, le réalisateur, se lâche sur les scènes gores dans une sorte de délire visuel assumé ou personne n’est épargné, pas même le tueur qui va s’en prendre dans les roustons. On pourra, au gré du film, voir les quelques dégâts d’une bonne pioche suivant le lieu de plantation. En effet, un grand coup dans un œil aura un effet différent qu’un grand coup dans une mâchoire. De plus, si le coup est porté de bas en haut ou de par le coté, les effets ne seront pas les mêmes. Sales et sanglants, les meurtres s’avèrent libérateurs et le résultat assez gore, notamment avec l’application du tueur à arracher le cœur de ses victimes. Par contre, il sera assez difficile de ressentir de la peur durant le métrage. Misant plutôt sur quelques choses de nerveux et de sanglant, les scènes de tension restent rares bien que sympathiques, comme l’atteste la scène dans le supermarché avec les deux nanas coincées à l’intérieur.

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Chérie, c’est fou comme un rayon de soleil met en évidence ton sublime petit cul…

Au final, Meurtres à la St Valentin est un remake assez sympathique et donne bien envie de se visionner l’original de 1981. Patrick Lussier, dans un souci de folie et, peut être, de réalisme, n’hésite pas à foutre des femmes à poil, des passages bien gore et quelques situations délicates. En ce sens, il montre un certain anticonformisme dans le cinéma d’horreur actuel qui ne présente que des nanas bien gaulés ou des beaux gosses au torse épilé, avec des passages gores sans grand intérêt et surtout des scènes de nudité à proscrire (il n’y a qu’à regarder le dernier Freddy !). Bref un film pas inintéressant, rythmé, et proposant un questionnement assez superficiel mais qui nous maintient en haleine. Pourquoi pas ?

Note : 14/20

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