Maestro

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De : Léa Frazer

Avec Pio Marmai, Michael Lonsdale, Déborah François, Alice Belaïdi

Année : 2014

Pays : France

Genre : Comédie

Résumé :

Henri, un jeune acteur qui rêve de jouer dans FAST & FURIOUS, se retrouve engagé dans le film de Cédric Rovère, monstre sacré du cinéma d’auteur. Les conditions du tournage ne sont pas tout à fait celles auxquelles il s’attendait… Mais le charme de sa partenaire et la bienveillance du maître vont faire naître en lui des sentiments jusqu’alors inconnus. Et Rovère, conquis par la jeunesse et la fantaisie d’Henri, vivra ce tournage comme un cadeau inattendu.

Avis :

Avec « Maestro« , la réalisatrice Léa Frazer, rend hommage à son ami Jocelyn Quivrin, en mettant en scène un film qu’elle a écrit avec le défunt comédien et qui s’inspire beaucoup de la rencontre de Quivrin avec le cinéaste Eric Rohmer, pour lequel il avait tourné dans « Les Amours d’Astrée et de Céladon« .

« Maestro » sera donc une belle comédie, sur le cinéma et les acteurs, ainsi qu’un beau film touchant de par son histoire et par le geste sincère d’une amie pour la mémoire d’un ami, qui nous manque dans le cinéma et qu’on n’oublie pas, cinq ans après.

Henri est un jeune comédien sans le sou, qui idolâtre le cinéma d’action, Bruce Willis et Robert De Niro, qui rêve de tourner dans un film comme « Fast & Furious« . Ce comédien est alors choisi pour jouer dans le nouveau film de Cédric Rovère, immense réalisateur français du cinéma d’auteur.

Alors que le tournage est très loin d’être ce qu’imaginait Henri, conditions pas terribles, peu de budget et l’équipe technique a l’air d’avoir plusieurs postes en même temps ce qui est déroutant, Henri se prend au charme du tournage.

Ce qui devait être alors une petite expérience pour être plus connu va devenir le changement de sa vie. La patience, l’engagement et les conseils de ce grand Monsieur qu’Henri ne connaissait que de nom, vont le transcender et changer bien des choses en lui. Au fur et à mesure que le tournage avance, il se pourrait bien qu’Henri ait fait la rencontre de sa vie.

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De Léa Frazer, je n’ai vu que « Notre univers impitoyable » que j’avais bien aimé. Depuis la réalisatrice n’a pas chômé et c’est tenu à un film tous les deux ans à peu près, que je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de voir.

Le film s’ouvre sur deux copains pleins de rêves et surtout fauchés comme les blés. L’un d’eux par miracle est pris sur un film que va réaliser une légende. Et c’est plein d’impatience, d’espoirs et de rêves que les deux copains se rendent en pleine campagne, dans un hôtel bon marché pour tourner en jupettes.

Et c’est ainsi que la réalisatrice nous emporte pour une petite heure et demi, trop court dans une comédie des plus drôles et subtiles.

À première vue, « Maestro » serait une comédie un peu simple sur les déboires d’un tournage et la découverte loin des strass et paillettes qu’imaginait un jeune acteur. On pourrait penser à une version à la campagne de « Ça tourne à Manhattan« .

Le film enchaîne les situations burlesques et cocasses, les répliques sont géniales, bien placées et souvent balancées au moment où on s’y attend le moins, d’ailleurs quelques-unes m’ont déjà marquées (Bruce Willis, actor studio est magnifiquement placé).

Les deux potes qui découvrent cet univers sont attachants. Ils sont pleins de bonne humeur et d’envie de bien faire sans vraiment se rendre compte au début de ce qu’ils vont vivre.

Mais plus le film va avancer entre les scènes de ce tournage et plus l’on se rend compte que « Maestro » est bien plus intelligent qu’il n’y parait et ce film va avec subtilité et sensibilité, nous parler d’une passion et d’une rencontre, d’un moment et d’une expérience qui va tout changer.

La passion, c’est celle du cinéma et les difficultés que les équipes rencontrent pour faire un film. Ce tournage à la campagne a beaucoup de charme. Léa Frazer nous parle d’une façon de faire qui s’oublie petit à petit. Elle nous fait vivre à sa manière ce petit tournage décalé. L’ambiance de tournage est bien rendue, pleine de petits détails, de moments vrais, ça fonctionne bien, l’équipe est excellente et s’entraide. Il y a un vrai sentiment de partage et d’être là pour le projet, malgré les difficultés. On sent que malgré les crises de nerfs de la maquilleuse, habilleuse, régisseuse en renfort, il y a cette volonté d’emmener ce projet jusqu’au bout. Puis j’ai été touché par le regard de ce jeune comédien qui peu à peu change et s’implique de plus en plus.

Puis derrière le cinéma et ses déboires, la réalisatrice nous parle des relations humaines, des conseils d’un vieil homme un peu rêveur et oublié. La confrontation de la jeune génération et cette ancienne façon de faire. Bon, il y a bien quelques moments que j’ai trouvé un peu trop appuyés, beaucoup amenés par le personnage de Déborah François, mais c’est très vite oublié face au charme du film et au sourire qu’il m’a laissé sur mon visage. C’est vraiment une belle surprise que je n’ai pas vu venir.

Puis la réalisatrice n’oublie pas de faire une vraie comédie où l’on se marre bien devant les regards hébétés d’un acteur débutant qui se retrouve confronté au choc des cultures. Le film est très divertissant et je ne l’ai pas vu passer.

« Maestro« , c’est aussi la rencontre entre l’immense Michael Lonsdale et le jeune Pio Marmai. Les deux comédiens sont vraiment très bons et touchants chacun à leur manière. Lonsdale nous séduira avec ce phrasé incroyable qui est bien à lui et touchera avec ce regard qu’il pose sur le cinéma et sa passion. Il y a même presque quelque chose d’irréel qui émane de lui. C’est vrai qu’avec ses répliques tordantes et ses réactions prises sur le vif, Pio Marmai est le comique du film. Mais derrière le côté comique, j’ai été touché par le comédien qui découvre un autre monde. Pio Marmai est très attachant et il nous fait très bien passer ses émotions, et surtout ses désillusions, ou les changements qui s’opèrent en lui. J’ai beaucoup rigolé avec la relation qu’il a dans le film avec Alice Belaïdi. Les deux font très bien la paire et c’est assez fendard, la façon qu’ils ont de se battre même pour une nana. Grégory Montel qui joue le régisseur de ce tournage m’a énormément fait rire, l’acteur est tordant dans ce côté précipité et toujours débordé qui fait cinquante mille jobs sur ce tournage. Tout comme Dominique Reymond, qui joue la productrice et scripte, ou Nicolas Bridet, le meilleur ami de Pio Marmai dans le film qui va se retrouver à faire cinq peut être six rôles de figurant dans ce film.

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« Maestro » est donc la première belle surprise de mon été. C’est un film très drôle, intelligent. C’est un film qui transpire la passion du cinéma, cet amour qui nous réunit autour d’un projet pour l’emmener jusqu’au bout.

Puis « Maestro« , c’est aussi un geste d’amitié et un hommage de la réalisatrice à son grand copain Jocelyn Quivrin, parti beaucoup trop tôt.

Note : 15/20

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Par Cinéted

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