Massacre à la Tronçonneuse

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Titre Original: The Texas Chainsaw Massacre

De : Tobe Hooper

Avec Marilyn Burns, Gunnar Hansen, John Dugon, Allen Danziger

Année: 1974

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Jeunes et insouciants, cinq amis traversent le Texas à bord d’un minibus. Ils s’aperçoivent bien vite qu’ils sont entrés dans un territoire étrange et malsain, à l’image du personnage qu’ils ont pris en stop, un être vicieux en proie à des obsessions morbides. Ce dernier ne tarde pas à se faire menaçant. Mais les cinq amis parviennent à s’en débarrasser.
Peu de temps après, une panne d’essence contraint le groupe à s’arrêter à une station-service. Non loin de là, une maison isolée attire leur attention. Deux d’entre eux décident de s’y aventurer, mais lorsqu’ils tentent de pénétrer à l’intérieur, un boucher masqué surgit et massacre les deux adolescents avec une tronçonneuse. Un de leur camarade, parti à leur recherche, subit le même sort. Il ne reste alors plus que deux survivants, et la nuit commence à tomber…

Avis:

Il y a des films d’horreur qui marquent toute une génération et qui resteront pour toujours dans les annales du cinéma de genre et du cinéma tout court. C’est en 1974 que sort sur les écrans un certain Massacre à la Tronçonneuse, qui sera l’avènement pour un réalisateur encore méconnu, mais très respecté aujourd’hui. Film suscitant une polémique et montrant une violence exacerbée pour l’époque, le métrage de monsieur Hooper ne laissera pas indifférent et donnera naissance à un monstre du cinéma horrifique avec la présence de Leatherface (ou tête de cuir en français). Présentant une jeunesse insouciante, mais aussi la désolation progressive de certaines régions à cause du progrès, le film se veut plus qu’un simple film de massacre avec une famille de dégénérés. Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce film violent? Quel message Tobe Hooper a voulu montrer? Et surtout, comment le film est-il devenu aussi culte et pourquoi? Et si on allait faire un tour au Texas, histoire de voir les vieux abattoirs!

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Ohh! La mauvaise surprise!

Le scénario de Tobe Hooper s’articule autour de trois axes bien distincts. Le premier axe est l’apparition des personnages, leur présentation, avec la jolie blonde, son frère handicapé, le couple d’ami et son copain très sympathique. On aura aussi droit à un petit malade mental, vraiment pas net que le groupe va prendre en stop. Ce sera le premier effet kiss cool de la part de Hooper, montrant ainsi un marginal complètement détraqué et une bande de potes à la fois curieux et apeuré. Du coup, on ne sait pas trop sur quel pied danser et cela instaure un sentiment profond de mal-être et de malaise. Par la suite, le deuxième segment vient de la nécessité de trouver de l’essence pour repartir, mettant en avant l’insouciance grandissante des jeunes et la découverte de la maison de la famille de tarés. C’est bien entendu là-dedans que les massacres vont avoir lieu, renforçant l’ambiance bien poisseuse et présentant le personnage central avec Leatherface. Enfin, le troisième segment va être composé de la fuite, la poursuite et la fin, lunaire et montrant la volonté de faire des suites à ce film. Ainsi, le film demeure très lisible et presque académique, surtout de nos jours avec tout ce qui est sorti depuis en matière d’horreur. Mais, pour l’époque, le film démarre comme un film quelconque, mettant juste en avant un jeune garçon plus ou moins laid et à la raison plus que défaillante. La suite, malgré son côté académique, va montrer quelque chose de plus fort et surtout de plus percutant.

En effet, alors que le film démarre de manière plus ou moins normale, le premier meurtre va être d’une violence et d’une rapidité très rare, proposant un sursaut au spectateur et mettant en avant pour la première fois un monstre sanguinaire et complètement dénué de sentiments. Bien entendu, après cette bonne surprise, le climat se retrouve encore plus inquiétant et Tobe Hooper sait manier son public. Proposant une ambiance très chaude avec des couleurs et des teintes allant vers le jaune, le film fait ressentir un grand sentiment d’étouffement et de gêne. Il s’en dégage alors une sensation d’urgence et on prend vraiment peur pour les personnages. Mais la question essentielle est: le film fait-il encore peur au bout de 38 ans d’existence? La réponse est évidente. Oui, le film fait peur et cela grâce au climat, à l’ambiance, mais aussi et surtout à des plans parfaitement choisi et à un méchant vraiment charismatique. Enigmatique mais profondément malade, Leatherface est le pivot de ce film, celui qui fait basculer le métrage dans une horreur totale. Mastodonte au visage affreux et à la tenue de boucher, tout en lui incarne la viande et le sang, ce qui est une chose assez rare avec les tueurs de notre époque. Enfin, l’absence de moyens de communication, ou encore d’armes à proximité renforce un sentiment d’isolement et de faiblesse. Cela rajoute un bonus à la peur ressenti.

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Une idée de chorégraphie pour Danse avec les Stars 4!

Bien entendu le film ne serait rien sans ses acteurs et notamment Marilyn Burns qui incarne l’héroïne du métrage. Elle joue de façon très juste et incarne la jolie fille qui veut s’amuser et s’éloigner un petit peu de son frère handicapé. Elle tient son rôle du début jusqu’à la fin et sa prestation à la fin est très crédible. Paul A.Partain, qui incarne le frère handicapé, Franklin, est peut-être celui qui joue le même bien, notamment lors de la scène de la découverte de la vieille maison où il se met à cracher tout seul, comme un enfant de 5 ans ou encore lorsqu’il regarde son canif. Néanmoins, il n’est pas facile de jouer un handicapé. Mais finalement, la plus belle prestation vient de Gunnar Hansen, le tueur charismatique du film et le gros bourrin de base. Malgré le fait que son visage soit caché par un masque, il impose le respect et la crainte. On voit aussi toute sa folie et son mal-être au travers ses meurtres mais aussi ses gestes, comme lorsqu’il pleure sur le fauteuil. On pourra aussi féliciter le jeune acteur incarnant le frère de Leatherface, qui demeure bien timbré et avec un visage bien dégueulasse. Quoiqu’il en soit, le casting demeure très intéressant, si ce n’est le pauvre conducteur de poids lourd qui se fait dézinguer et qui ne sert que de chair à saucisse dans ce métrage.

Là où le métrage se montre très intelligent, c’est qu’il ne montre rien. En effet, Tobe Hooper ne tombe pas dans la facilité et dans le gore, mais il reste plutôt dans la suggestion, proposant du coup quelque chose de plus fort, faisant marcher le cerveau du spectateur et le laissant libre avec son imagination. Ainsi, le film montre très peu de sang, ce qui n’empêche pas celui-ci d’être très glauque et dérangeant. Jouant plus sur le décor de la maison avec la salle de boucherie, le salon ou encore la salle avec tous les ossements, Tobe Hooper va jouer aussi avec nos nerfs, suggérant des scènes de boucherie sur des humains sans pour autant les montrer. Et des morts, il y a aura, à grands coups de tronçonneuse ou de marteau de boucher, mais tout cela sera hors champ. Misant aussi sur une ambiance pesante et poisseuse, le film réussit son coup en dérangeant le spectateur avec une famille de tarés, du fils jusqu’au grand-père tout flétrit, ressemblant davantage à un cadavre qu’à un être humain et qui tente de tuer la jeune femme pour boire son sang. Ce qui est assez drôle, c’est que le film est gore sans l’être, laissant l’interprétation du spectateur et montrant quelques passages assez sales, comme le fauteuil où les accoudoirs sont de vrais bras humains. La fin reste assez abrupte et lunaire, restant dans un ton dérangeant, montrant la folie de Leatherface dans une danse macabre.

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Arrête de gueuler, t’es sauvée!

Au final, Massacre à la Tronçonneuse est un excellent film d’horreur qui marquera toute une génération. Mêlant habilement une ambiance chaude et étouffante avec une famille de dégénérés dont le grand frère est un taré maniant la tronçonneuse, le métrage va influencer un grand nombre de réalisateurs, dont un certain Rob Zombie avec sa Maison des 1000 morts. Un film violent et suggéré mais qui ne peut laisser indifférent. Bref, une réussite pour l’époque et qui est toujours d’actualité, montrant la vacuité de la jeunesse et les dégâts de la modernité sur les laisser pour comptes!

Note: 17/20

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One Comment to "Massacre à la Tronçonneuse"

  1. […] Massacre à la tronçonneuse (The Texas Chain Saw […]

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