décembre 2, 2020

Dreamscape

dreamscape

De : Joseph Ruben

Avec Dennis Quaid, Max Von Sydow, Christopher Plummer, Kate Capshaw

Année : 1984

Pays : Etats-Unis

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Le gouvernement américain a mis au point, et ce dans le plus grand secret, un système permettant à un télépathe de pénétrer dans le rêve d’une personne endormie.

Avis :

Le rêve a toujours fasciné les scientifiques et les fantaisistes. On retrouve d’ailleurs ce thème dans de grands nombres de formats et de médiums. Des chansons sont faites dessus, des romans sont écris ainsi que des essais vraiment scientifiques. Mais la science des rêves reste un concept très difficilement appréhendable, faisant appel à notre subconscient et où visiblement tous les fantasmes sont permis. Dans le domaine du cinéma, le rêve a une place assez importante et permet de laisser libre cours à son imagination. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que le rêve est l’occasion rêvée (jeu de mot) pour un réalisateur de faire un peu n’importe quoi avec sa caméra et sa palette de couleurs. Si certains ont préféré utiliser le rêve comme faire des comédies romantiques, d’autres se sont amusés à les transformer en cauchemar pour fournir des films d’horreur parfois efficace et parfois moins. D’ailleurs, Freddy Krueger n’est-il pas le maître des rêves et des cauchemars ? Dreamscape est un film un peu à part dans le domaine du rêve. Voulant faire valoir l’aspect scientifique de la science du rêve, le film explore aussi le côté fantastique en y introduisant une partie thriller par dénuée d’intérêt. La sortie le 20 aout, pour la première fois, du bluray chez Carlotta, c’est l’occasion rêvée (encore !) de parler de ce film.

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Tu vois ça, ce sont des nunchakus pète burnes

L’histoire de Dreamscape est très simple à suivre. Le film débute comme un film scientifique assez sympathique. On nous explique clairement que l’on peut combattre les cauchemars des gens, grâce à une machine qui envoie une personne dans le rêve d’une autre pour l’aider. Mais la personne envoyée doit être un télépathe de talent. Alex Gardner est un ancien télépathe qui en a eu marre d’être une bête de foire et qui s’est barré de son hôpital. Son ancien docteur décide de le retrouver pour lui proposer les expériences. Plus ou moins forcé, Alex accepte et commence son travail avec zèle. En parallèle, le spectateur découvre que le président des Etats-Unis est victime de terribles cauchemars sur une bombe atomique et il décide de signer un accord de désarmement avec la Russie. Son bras droit décide de lui faire passer le test sur la machine pour se débarrasser des cauchemars, mais il s’agit d’un complot visant à la mort du président. C’est alors qu’intervient la partie thriller. C’est assez binaire, on voit bien les changements de genre, mais cela reste efficace et accrocheur.

Le film regorge de bonnes idées et il est typiquement estampillé film des années 80. Que ce soit dans l’imagerie, la réalisation ou encore le jeu des acteurs, on est typiquement dans un film de science-fiction de ces années-là. Le film s’attarde assez peu sur la fonction scientifique du produit et c’est d’ailleurs pour son peu de crédibilité que Joseph Ruben décide de balancer toutes les allocutions sur le principe assez vite. On aura vite fait de retrouver Alex dans son premier rêve pour aider le premier patient. Par la suite, ce sera vraiment l’aspect fantastique et horrifique qui sera mis en avant. Tout d’abord dans le rêve d’un gosse qui a peur d’un homme serpent, puis par la suite dans l’affrontement avec un autre médium, mais légèrement psychotique. D’ailleurs, en ce qui concerne les rapports humains, on est dans une sorte de triangle émotionnel avec notre héros au milieu. Entretenant des rapports proches et amicaux avec le professeur, il est à l’opposé avec l’autre médium, qui sera le grand méchant de l’histoire. Enfin, il y aura la sempiternelle relation amoureuse avec une charmante médecin. Tout cela fleure bon les eighties et on prend un plaisir coupable à regarder cela.

D’un point de vue technique, Joseph Ruben a fait un super boulot en ce qui concerne les cauchemars. Si le premier est assez classique, on sera charmé par les efforts effectués sur le cauchemar de l’enfant. C’est très sombre et on se rapproche fortement d’un univers à la Tim Burton, avec des proportions faussées et des cadres de portes de traviole. On retrouvera cette sensation avec les escaliers dans le noir, complétant un tableau angoissant et sombre tout en restant dans un univers enfantin. Dans un sens, c’est un peu la maison de Paperhouse de Bernard Rose. Le cauchemar du président bénéficie d’un autre univers et d’un autre aspect. Oscillant entre les cauchemars fous que peut transmettre un Freddy dans Les Griffes de la Nuit et son univers chaud de chaufferie et un film de zombies, ce passage est très bien maîtrisé et termine le film de manière satisfaisante. Néanmoins, pour les passages hors rêve, c’est très classique, parfois un peu trop et on regrettera amèrement l’amourette entre le héros et la scientifique. On sera aussi un peu déçu par la profondeur du film, qui ne se préoccupe finalement que d’un combat incessant entre le bien et le mal et l’ambition. Le tout est porté par un Dennis Quaid au sourire ravageur, très efficace, un Max Von Sydow égal à lui-même, un Christopher Plummer froid et une Kate Capshaw sublime.

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Tu t’es planté

Au final, Dreamscape est un film très intéressant et très ambitieux pour l’époque. Occultant rapidement les principes scientifiques à deux balles, le film se concentre plus volontiers sur les cauchemars et le complot visant le président des Etats-Unis. Le métrage se révèle efficace, prenant, avec un univers très ancré dans les années 80 et la sortie en bluray révèle quelques surprises. Si l’image n’est pas nette, il s’agit de la meilleure pour le moment. On sera un peu plus déçu par le nombre de bonus, n’ayant qu’une vieille interview de Dennis Quaid sur le film. Bref, un film que l’on conseille à tous les nostalgiques des films fantastiques des années 80, mais qui mérite aussi une vue par tous les fans de films de genre, ne serait-ce que pour sa culture personnelle. Rythmé, intelligent et doté d’une réalisation léchée, ce film ne vend pas du rêve, mais presque !

Note : 14/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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