novembre 30, 2020

Blankass – Les Chevals

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Avis :

Dans le domaine du style qui s’embobine, on réclame le rock français sur le devant de la scène. Difficile de dire à partir de quel moment ce genre si intéressant s’est décliné sous la forme d’un conglomérat de petits groupes à groupies, mais le rock français est en nette perdition depuis une bonne grosse dizaine d’années. Cependant, si le rock français a perdu de sa superbe, on peut savoir pourquoi. Si la musique subit depuis quelques années des difficultés financières, c’est justement parce que tout le monde propose la même chose afin de plaire à un public plus large. Et cela touche tous les genres, y compris le rock. Quand on écoute les BB Brunes, il y a de quoi devenir timbré si on considère cela comme du rock. Blankass est un groupe qui s’est fondé en 1990 et qui n’a cessé de tourner et de faire des albums. Si les causes qu’ils défendent sont souvent justes et bien éloignées des domaines du tout public, comme le Tibet libre ou la défense d’un enfant mongol menacé d’expulsion, le genre que le groupe revendique, le rock, n’est pas tout à fait le mot juste. Ayant un mal fou à s’extraire des textes typiquement franchouillards n’apportant rien de bien neuf et enfonçant des portes ouvertes, le groupe reste enfermé dans un genre mixte entre variété française et pseudo rock pour mamys. Les Chevals, leur sixième album en est l’exemple typique, qui montre que finalement le groupe refuse de faire un choix et reste le cul entre deux chaises, ne proposant rien de nouveau ou de transcendant.

Le premier titre est assez symptomatique de tout le reste. Rendez-Vous est un morceau sympathique, mais il reste trop aseptisé et ne prend pas de risque avec une guitare plus présente et plus puissante. On reste sur quelque chose de gentil et de plutôt redondant. Les paroles sont assez intéressantes, parlant de la superficialité de notre époque, mais il n’y a rien de bien transcendant. J’Attends Depuis si Longtemps est un titre un peu plus dynamique, un peu plus dans un esprit rock. Cela est dû à une batterie qui scande un bon rythme et une guitare un peu plus présente. Seulement, les paroles restent le point faible car elles ne représentent finalement aucun intérêt. King of the World s’inscrit dans une démarche plus sombre. Il y a une ambiance qui se dégage du titre et c’est un plus indéniable. La voix feutrée du chanteur en anglais ajoute une plus-value non négligeable. Le problème c’est que le morceau ne décolle jamais, et ce n’est pas le moment à la fin où le chanteur hausse un peu le ton que cela va changer quelque chose. Le morceau se révélera à la fin assez plat et manque d’envergure. Et cette sensation nous poursuivra tout le skeud. Le summum de la platitude viendra avec Je me Souviens de Tout, un titre purement variété française, qui n’a rien de rock et qui est d’un ennui mortel, que ce soit dans les paroles ou dans la musicalité. Rien de rebelle, rien de rentre dedans, c’est plat et sans saveur. C’est alors que surgit de nulle part arrive Killer Inside, avec un rythme agréable et une belle gratte. On pense un petit peu à la country dans le rythme et ça change du reste du skeud. Seulement, encore une fois, on attendra vainement que tout parte dans une énergie folle et on n’aura rien de tout ça. C’est d’autant plus dommage que l’on sent un vrai potentiel.

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L’Empreinte signe le milieu du skeud qui demeure très court (à peine 30 minutes de temps d’écoute). Si dans sa longueur le morceau est très beau et presque touchant, on ne peut que fustiger le groupe qui fournit un titre mou et sans aucune prise de risque. Cela ressemble à un morceau que pourrait faire un Pascal Obispo ou un Florent Pagny et ce n’est pas ce que l’on attend de Blankass. Toi tu Marches est une pièce intéressante dans sa démarche et dans son instrumentalisation. C’est assez grandiloquent, on dirait par moment du Alain Bashung ou du Serge Gainsbourg, mais si les comparatifs sont élogieux, on restera encore une fois dubitatif à la longue, sur plusieurs écoutes, car le titre reste plat et ne s’envole jamais vers les stratosphères du rock. C’est alors qu’arrive enfin le titre rock du skeud. Summertime démarre très fort avec un joli rythme et une guitare bien présente, ainsi qu’une ligne de basse intéressante. Le refrain est relativement dynamique et le tout forme vraiment quelque chose de rock. On regrettera cependant les paroles en français qui dénotent du rythme. L’Heure du Train est un titre bouche-trou qui ne contentera que les fans du groupe et qui se repose sur des rythmiques déjà vues auparavant et ne réservera donc que peu de surprises. Enfin, le skeud se termine sur Exil, un morceau où l’on entend la technicité du guitariste, qui pourrait partir vers des solos impressionnants et proposait des passages plus rock. Néanmoins, le titre reste encore une fois assez plat et semble peu taillé pour la scène.

Au final, Les Chevals, le sixième album de Blankass reste une déception. Proposant peu de morceaux (10) sur un temps très court (à peine un poil plus d’une demi-heure), le skeud peine à convaincre tant le groupe n’arrive pas à se décrocher de cet aspect variété française qui pollue finalement tout le côté rock et rebelle. Bref, c’est plat, sans énergie et tout cela semble peu taillé pour la scène, ce qui est bien dommage.

  1. Rendez-Vous
  2. J’Attends Depuis si Longtemps
  3. King of the World
  4. Je me Souviens de Tout
  5. Killer Inside
  6. L’Empreinte
  7. Toi tu Marches
  8. Summertime
  9. L’Heure du Train
  10. Exil

Note : 09/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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