Cutter’s Way

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De : Ivan Passer

Avec Jeff Bridges, John Heard, Lisa Eichhorn, Stephen Elliott

Année : 1981

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Alex Cutter a été traumatisé après la guerre du Vietnam. Son handicap a ruiné sa vie professionnelle et affective. Son ami Richard assiste à un meurtre et croit reconnaitre l’assassin. Mais celui-ci est soupçonné. Les deux compères vont mener l’enquête…

Avis :

Il est assez difficile de parler du cinéma d’Ivan Passer. Réalisateur d’origine tchécoslovaque, il a essentiellement tourné aux States pour fournir seulement huit films au cinéma et deux téléfilms. Et on ne peut pas dire que ses films ont marqué l’histoire du cinéma, malgré des castings intéressants, comme Peter O’Toole dans Creator, ou encore Josh Brolin dans le téléfilm Picnic. Il faut croire que son plus grand coup d’éclat reste Staline, avec Robert Duvall qui donne ses traits au dictateur, ou encore Cutter’s Way, thriller dramatique avec, encore une fois, un casting des plus agréables. Et ça tombe bien, parce que le génial éditeur qu’est Carlotta a décidé de ressortir ce film en version restaurée au cinéma, afin de lui rendre justice. Effectivement, il faut avouer que Cutter’s Way est un film assez méconnu et c’est plutôt injuste, car si le film possède des défauts, il reste efficace et propose quelque chose d’assez inattendu.

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Bon tu nous la chies ta critique ou pas ?

Le trouble de la guerre du Vietnam a déjà été vu dans différents films et dans des genres différents. On pense notamment à Rambo qui sous ses airs de film d’action reste un formidable drame avec un traitement très fort sur les traumatismes qu’a causé cette guerre. Dans Cutter’s Way, le traumatisme est vu via un personnage presque secondaire, mais qui demeure très instable émotionnellement. Pour la petite histoire, Richard sort d’un hôtel et tombe en panne dans une ruelle. Une voiture arrive, se gare derrière lui, et dépose un cadavre dans la poubelle. La voiture essaye d’écraser Richard, mais le loupe. Alors soupçonné du meurtre, Richard en parle à son meilleur ami, Alex Cutter, ex soldat qui a été traumatisé durant la guerre du Vietnam, autant physiquement que psychiquement. Alors que Richard croit reconnaître le meurtrier, un dénommé J.J Cord, magnat du pétrole, Alex veut mener l’enquête et faire chanter le supposé meurtrier.

Comme on peut le voir, on est face à un thriller qui ne possèdera pas beaucoup d’action contrairement à ce que pourrait laisser penser l’affiche. Le film sera plutôt un drame autour d’un trio de meilleurs amis et qui ne seront pas forcément d’accord avec les méthodes de chacun. Les dissensions vont être nombreuses, provoquant parfois des déchirements entre les personnages. Et c’est là que réside la plus grande force du métrage, les personnages et leurs relations. Le plus imposant reste Alex Cutter, complètement saccagé par la guerre et qui est très affecté moralement. Alcoolique notoire, délaissant sa femme, il trouve dans cette enquête de quoi se raccrocher à la vie, mais c’est finalement ce qui va le perdre. Magistralement interprété par un John Heard habité, ce sera le personnage le plus marquant de l’histoire. Pour incarner son meilleur ami, on aura Jeff Bridges dans la peau de Richard. Ce personnage est plus clair, plus simple à cerner. Sorte de gigolo soupçonné de meurtre bien malgré lui, il sera la résistance de Cutter, il sera celui qui pourra éventuellement le calmer dans son délire paranoïaque. C’est aussi le plus sage, sauf lorsqu’il s’agit de femmes. Là aussi, l’interprétation de Jeff Bridges est magistrale et il tient parfaitement son rôle. Enfin, n peut citer la femme de Cutter, jouée par Lisa Eichhorn, et elle est bouleversante. Proche de la dépression, elle reste la plus sage et la plus équilibrée. Elle entretient une relation ambiguë avec les deux personnages masculins et elle crée une forte empathie dès son entrée en scène.

Le principal défaut du film est son scénario. De nos jours, le script n’a rien de surprenant et seule la folie de Cutter sera très intéressante. C’est pourquoi le film n’est pas parfait. Il y a un énorme manque d’action dans le film et très souvent on se perd en parlotes ou en crise de nerf de Cutter, comme la scène sur le stand de tir d’une fête foraine. Du coup, il y a un gros ventre mou qui fait que le spectateur peut se perdre et se lasser, d’autant plus que l’a vite cerné les traits de caractère de chacun. Heureusement, la fin est très intéressante, avec un jeu du chat et de la souris bien foutu et un final dramatique qui laisse sur une fin ouverte. C’est assez intelligent et même si le doute est infime, on se pose des questions durant le générique de fin et sur la certitude de Richard et d’Alex. On peut aussi parler de la mise en scène, qui reste très propre, assez crépusculaire dans sa photographie et qui donne un vrai cachet au film.

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Te fous pas de ma gueule, mon film est juste indispensable puisque je suis dedans.

Au final, Cutter’s Way est un film très intéressant et qui peut falloir le coup sur grand écran dans une belle version restaurée. Très intelligent dans son traitement sur les traumatismes de la guerre du Vietnam, le film s’enlise un petit peu dans un rythme mou et qui peut lasser, notamment dans son aboutissement, pour faire chanter un magnat du pétrole. Il n’en reste pas moins un bon film typique des années 80 qui aurait peut-être gagné en action et tension.

Note : 13/20

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Par AqME

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