Gaetan Roussel – Orpailleur

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Avis :

Faire une carrière musicale solo alors qu’au départ on fait partie d’un groupe, c’est assez difficile et c’est pourtant monnaie courante. Bien souvent, les leaders de groupes se lancent dans des carrières solos, soit pour marquer une pause afin de changer de registre, soit pour marquer sa séparation avec le dit groupe. On a vu Serj Tarkian prendre du recul avec System of a Down, tout comme Scott Stapp lorsque Creed a cessé d’exister. Néanmoins, la notoriété reste amoindrie en rapport au succès du groupe. Bertrand Cantat vendra toujours moins de disques que Noir Désir. Mais finalement, peu importe les ventes ou les rumeurs, l’essentiel de voir les démarches artistiques et ce que peut proposer un artiste sans les contraintes du groupe. Gaetan Roussel est surtout connu pour être le leader de Louise Attaque, qui a connu un succès fulgurant avec des morceaux devenus quasiment cultes. C’est en 2009, après avoir écrit des paroles pour Alain Bashung, Rachid Taha ou encore Vanessa Paradis qu’il se lance dans la conception d’un album avec Ginger. Le succès sera immédiatement au rendez-vous et il aura même une victoire de la musique pour le meilleur album rock en 2011. C’est en 2013 qu’il sort Orpailleur, son second album solo, censé raconter sa vie.

Le skeud commence avec La Simplicité. On y retrouve un travail musical assez proche d’un Louise Attaque sans pour autant apporter l’énergie qui faisait la particularité du groupe. Le texte parle de la difficulté à trouver de la simplicité dans tout ce que l’on fait alors que finalement, cela a toujours existé. Si le titre n’est pas le meilleur de l’album, il reste une bonne entrée en matière avec des chœurs féminins agréables. C’est surtout le deuxième titre, Eolienne, qui va retenir l’attention de l’auditeur. Le texte est très intelligent, jouant avec le mot vent, pour symboliser le vide qui habite notre télé ou nos existences. Bien écrit et avec une rythmique intéressante, on est face au meilleur titre de l’album qui fait appel à quelques petites touches de guitares électriques. Le troisième titre est poil moins agréable. Par-dessus tes Epaules est un petit titre où la musicalité reste minimaliste, comme une bonne vieille chanson française, et où les paroles prennent un rôle prépondérant. Seulement, les paroles restent assez obscures et ne veulent pas raconter grand-chose. On entend bien une sorte d’amourette mais finalement, on n’a rien qui n’accroche véritablement l’oreille et c’est dommage. On retrouvera ce problème au niveau des paroles avec Cha Cha Cha, puisqu’elles n’auront que peu d’intérêt, racontant l’espoir de refaire la fête alors que l’on a vieilli. Reste une batterie sympathique mais qui ne sauve finalement pas le morceau. Par contre, Poésie va remonter le niveau avec une musicalité plus intéressante, notamment grâce à des violons qui vont rendre le morceau plus beau. D’un point de vue des paroles, on retiendra surtout le refrain qui reste un long moment dans la tête malgré son non-sens.

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Le skeud continue avec une seconde moitié un peu moins mémorable que le début. Orpailleur est un titre sympathique avec un refrain efficace, mais au final, on ne retiendra que cela est c’est bien dommage. Et ce n’est pas la présence de cuivres qui changera la donne. D’un point de vue des paroles, cela reste encore nébuleux et on ne comprend pas grand-chose, mais n’est-ce pas l’adage de la poésie ? Matrice est le titre le plus rock du skeud. Seulement, on est obligé de le réécouter pour se le remémorer et c’est souvent mauvais signe. Titre le plus court, il fait plutôt office de bouche-trou que de véritable titre à part entière. Hum Hum Hum est comme les quelques titres de cette seconde moitié Si certains passages dans la chanson sont intéressants et même plaisants, l’ensemble est assez chiant et pas assez dynamique pour vraiment marquer l’auditeur. Le principal reproche que l’on pourrait faire, c’est que le titre est trop linéaire et manque cruellement de variations. Face aux Etoiles est dans la même veine que le reste. C’est assez plaisant à l’écoute mais il manque un petit quelque chose pour vraiment pour marquer. On retrouve la propension du chanteur à mélanger l’anglais avec le français, mais cela ne prend pas vraiment et fait juste penser à son précédent succès. En parlant de linéarité, We Will Be Strong s’impose comme le titre le plus pénible de l’album, utilisant une rythmique anecdotique et redondante. Enfin, il reste La Barbarie, dont les paroles sont plutôt sympathiques, mais dont la musique demeure minimaliste et assez facile.

Au final, Orpailleur, le dernier album de Gaetan Roussel n’est pas foncièrement mauvais. L’album contient quelques titres intéressants comme Eolienne ou encore Poésie, mais le principal problème va venir de la linéarité ambiante qui baigne tout l’ouvrage. Tout cela manque vraiment de rythme et de peps et c’est dommage quand on entend les anciens succès de Louise Attaque.

  1. La Simplicité
  2. Eolienne
  3. Par-dessus tes Epaules
  4. Cha Cha Cha
  5. Poésie
  6. Orpailleur
  7. Matrice
  8. Hum Hum Hum
  9. Face aux Etoiles
  10. We Will Be Strong
  11. La Barbarie

Note : 11/20

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Par AqME

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