avril 16, 2021

Les Chèvres du Pentagone

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Titre Original: The Men Who Stare at Goats

De : Grant Heslov

Avec George Clooney, Ewan McGregor, Jeff Bridges, Kevin Spacey

Année: 2010

Pays: Etats-Unis

Genre : Comédie

Résumé:

Bob Wilton, un journaliste désespéré fait l’heureuse rencontre de Lyn Cassady, un soldat aux pouvoirs paranormaux combattant le terrorisme. Ils se rendent ensemble en Irak ou ils rencontrent Bill Django, le fondateur de l’unité, et Larry Hooper, soldat de l’unité qui dirige une prison.

Avis :

Les américains nous ont souvent habitués à des comédies bien grasses ou des comédies pour adolescents avec une forte présence de sexe (tout du moins, verbalement). Si on se souvient des American Pie qui ont bercé notre adolescence, on a plus de mal à se rappeler d’autres films qui nous ont fait sourire. Le dernier en date était Very Bad Trip, mais on s’éloigne du propos et des comédies grasses. Les Etats-Unis seraient-ils en train de changer ? Je ne sais pas, mais il faut aussi dire que certains américains semblent très préoccupés par leur situation politique et par certaines aberrations de leur système. On se souvient de Burn After Reading des frères Cohen, présentant des personnages bêtes et méchants. Les Chèvres du Pentagone est dans la même veine et je pense d’ailleurs que les frères Cohen n’auraient pas renié ce métrage. Le seul gros problème, c’est que tout cela est très axé sur la politique interne des States et que si l’on ne s’intéresse pas un tant soit peu à la politique américaine, on risque de ne pas comprendre toutes les subtilités du film. Mais une surprise est toujours possible. Alors que vaut ce film ? La critique du système politique et militaire est-elle efficace ? Sortez votre crottin et votre barbiche, on va parler chèvres !

Grant Heslov, le réalisateur du film, a toujours était le producteur de George Cloney. Les Chèvres du Pentagone est son premier film, et il est donc logique de retrouver ce bon vieux George dedans. Le scénario du film est tiré d’un livre éponyme de Jon Ronson, et narre une histoire rocambolesque. Le film démarre avec une phrase qui en gros signifie que ce que nous allons voir n’est pas aussi burlesque que ça. En gros, ce que l’on va voir n’est pas si loin de la réalité et que parfois, les grands pontes américains ont des idées vraiment loufoques. L’histoire raconte les aventures d’un journaliste à la recherche d’un scoop et qui va trouver un ancien militaire qui dit avoir des pouvoirs surnaturels comme tuer un hamster par la pensée. Il va suivre cette piste jusqu’en Irak où il trouve un autre soldat ayant fait partie d’une branche de l’armée exploitant le côté psychique des gens pour utiliser la dissuasion ou tuer d’un regard. On aura donc droit à un historique sur des recherches de l’armée avec un gourou shootant ses soldats au LSD et faisant des choses incroyables comme tuer des chèvres avec un regard. Seulement, on va voir qu’un des soldats voulait exploiter le mauvais penchant de cette branche pour faire des soldats sans pitié. Bref, l’histoire est totalement barrée et presque impossible à résumer. C’est d’ailleurs le principal problème de ce film car il accumule des scènes absolument surréalistes à côté de scènes plus terre à terre. L’humour n’est pas aussi présent que l’on voudrait bien le croire et je pense que les raisons du film sont trop éloignées de notre culture. Bon, on sait qu’un bon nombre des américains sont des idiots et que beaucoup croient encore en des conneries comme la zone 51 ou aux pouvoirs psychiques de l’homme, mais ce film, non content de les montrer, ridiculise de façon absurde tous les soldats. Alors il est possible que le film satisfasse l’intelligentsia américaine ou les bourgeois se sentant au-dessus de la société, mais j’ai trouvé le film trop grandiloquent, trop péteux. J’ai préféré Burn After Reading par exemple, qui montre des personnages et pas toute une institution. On repère cette critique avec la première scène où l’on voit le visage buriné d’un soldat qui se rue vers un mur. Bref, si la critique est présente, je la trouve bien trop grosse et trop absurde. L’ambiance générale du film baigne dans la bêtise, avec des dialogues imbéciles et des situations cocasses hallucinantes.

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George Clooney et sa nouvelle compagne !

Ce qui est dommage avec ce film, c’est que le casting est une vraie réussite. On a d’ailleurs quatre acteurs très talentueux. En premier, on a George Clooney, ce qui est logique puisque le réalisateur est son producteur. Il joue le rôle d’un agent secret, le plus doué de la section secrète de l’armée, car il arrive à tuer des chèvres avec sa concentration et son regard. Il tient bien son rôle de débile qui croit en ce qu’il fait et il joue à fond son personnage. Ewan McGregor joue le journaliste à la recherche de scoops qui va se retrouver bien malgré lui dans toute cette sombre affaire. Assez crédible et plutôt innocent, il tient la route. Mais le meilleur, c’est bien Jeff Bridges, chef de cette unité, sorte de gourou hippie. Il est vraiment crédible et joue son rôle à fond. Il est d’ailleurs l’élément le plus drôle et le plus intéressant du film. Cantonné aux rôles de méchant, Kevin Spacey joue le salaud qui veut détruire cette unité pour en reconstruire une autre sur les bases de celle-ci. Discret et n’y croyant pas plus que ça, il assume l’essentiel mais n’est pas pour autant assez charismatique. Bref, on aurait pu avoir mieux et tout cela reste assez décevant. Malheureusement, je crois que c’est l’adage des comédies voulant tourner au ridicule des personnages ou des systèmes, car jouer l’idiot est assez difficile, et même si certains acteurs ont l’habitude de ce genre de rôle, tout cela demeure exercice pas si évident. La fin du film est du même acabit que tout le reste, c’est-à-dire surréaliste et je ne me suis pas senti absorbé par l’histoire.

Au final, Les Chèvres du Pentagone est une comédie mi-figue mi-raisin qui ne m’a pas forcément emballé. Loin d’être mauvais, le film parle d’un sujet typiquement américain et je me suis senti peu concerné par ce sujet et donc par l’absurdité du scénario. Surement plus intéressant à lire qu’à voir, le film a quand même le toupet de se moquer de l’armée et dénonce le gaspillage gouvernemental dans une branche absolument inutile et à contre-courant du progrès. Si la démarche est intéressante, la critique est trop grosse et pas assez fine. Dommage, avec un casting comme celui-là, je m’attendais à beaucoup mieux.

Note : 10/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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