octobre 26, 2020

Ponyo sur la Falaise

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Titre Original : Gake No Ue No Ponyo

De : Hayao Miyazaki

Avec les Voix de Tomoko Yamaguchi, Hiroki Doi, Kazushige Nagashima, Rumi Hiiragi

Année : 2008

Pays : Japon

Genre : Animation

Résumé :

Le petit Sosuke, cinq ans, habite un village construit au sommet d’une falaise qui surplombe la Mer Intérieure. Un beau matin, alors qu’il joue sur la plage en contrebas, il découvre une petite fille poisson rouge nommée Ponyo, piégée dans un pot de confiture. Sosuke la sauve, et décide de la garder avec lui dans un seau.
Ponyo est aussi fascinée par Sosuke que ce dernier l’est par elle. Le petit garçon lui promet de la protéger et de s’occuper d’elle, mais le père de Ponyo, Fujimoto – un sorcier autrefois humain qui vit tout au fond de la mer – la force à revenir avec lui dans les profondeurs. Bien décidée à devenir humaine, Ponyo s’échappe pour retrouver Sosuke.
Mais avant de prendre la fuite, elle répand l’élixir magique de Fujimoto, l’Eau de la Vie, dans l’océan. Le niveau de la mer s’élève, et les soeurs de Ponyo sont transformées en vagues gigantesques qui montent jusqu’à la maison de Sosuke sur la falaise, et engloutissent le village…

Avis :

Les contes traditionnels européens ont toujours eu une grande influence sur le cinéma fantastique et sur des adaptations en tout genre. Bien souvent, ce sont les contes de Grimm qui ont du succès, car ils ont une approche très horrifique, du moins les versions originales, et on peut en faire des détournements assez contemporains. Mais on peut aussi compter sur Charles Perrault ou encore Hans Christian Andersen. Ponyo sur la Falaise est sorti en 2008 et il s’inspire grandement de l’œuvre de ce dernier avec La Petite Sirène. Mais non content de s’inspirer d’un conte difficile à mettre en place dans un contexte contemporain, Miyazaki va en plus y raccrocher ses thèmes et y mettre des relations personnelles à l’intérieur. Et forcément, avec ce grand maître de l’animation, on est face à un chef d’œuvre absolument magnifique et naïf.

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Circuler durant un tsunami n’est pas conseillé !

Le scénario s’appuie sur quelque chose d’assez simple et de vraiment poétique. On commence le film avec un magicien sous l’eau qui crée des espèces aquatiques à l’aide de fiole de couleur. Un poisson avec une tête d’humain se fait la malle et s’échoue près des rives. Ce poisson au visage féminin est recueilli par un jeune garçon de cinq ans, Sôsuke, qui va de suite lier une profonde amitié avec cet animal. La renommant Ponyo, il va découvrir que l’animal en question possède des pouvoirs magiques. Alors que Ponyo est récupérée par le magicien qui essaye de construire une potion pour retourner à l’état du Dévonien, elle va tomber dans cette potion magique et décupler ses pouvoirs magiques, devenant ainsi une jeune fille mais créant un véritable raz-de-marée. C’est alors que l’on apprend le devenir de Ponyo. Soit le garçon l’accepte et jure de l’aimer tout le temps et elle restera une jeune fille sans pouvoir magique, soit elle deviendra de l’écume.

On ne peut passer à côté des similitudes avec La Petite Sirène de Hans Christian Andersen, mais le contexte change complètement car Hayao Miyazaki, en plus d’y apposer sa pâte, propose quelque chose de beaucoup plus fin et surtout que beaucoup plus positif. On retrouve tous les thèmes qui sont chers au maître, que ce soit l’écologie avec Ponyo qui manque mourir dans un bocal de verre sous l’eau, la jeunesse avec les deux personnages principaux ou encore la force de l’amour pour comprendre, on sera vraiment devant un classique du studio Ghibli. Mais ce qui aurait pu être enfantin voire niais ne l’est pas du tout puisque le traitement est vraiment mature et propose des thèmes plus poussés, plus adultes, comme la situation familiale de Sôsuke ou les relations entre la jeunesse et les vieilles personnes. Ainsi, on est devant un spectacle complet qui va ravir les plus jeunes comme les parents. L’autre force de ce récit, c’est que les moments profondément oniriques sont sublimes. L’apparition de la mer de Ponyo est un grand moment de magie et force le respect car c’est beau, mais c’est aussi très touchant.

La particularité ce film, c’est aussi qu’il ne possède pas une once de méchanceté. Tous les personnages sont gentils. A la rigueur, certains personnages sont méfiants, ou ont peur de l’inconnu, autre thème récurrent chez Miyazaki où c’est la jeunesse qui fait le premier pas, mais on n’aura aucun personnage mauvais ou avec de mauvaises intentions. Même le magicien essaye de récupérer Ponyo pour la protéger du monde des humains qu’il croit néfaste. Et c’est là-dedans que réside le génie de ce film. Si on avait pour habitude d’avoir des films qui traitent de la pollution (Nausicäa, Princesse Mononoké), de l’expansionnisme urbain (Pompoko) ou encore de la mauvaise curiosité et de la consommation (les parents de Chihiro dans le Voyage de Chihiro), l’humains était perçu comme fautif dans un monde pas si rose. Avec Ponyo sur la Falaise, on se rend compte que l’être humain peut être bon et que finalement, la Terre n’est pas un endroit si dégueulasse si on se donne la peine d’y jeter un œil. Bref, il s’agit là d’un film positif et ça fait un bien fou. Il faut aussi rajouter à cela un graphisme phénoménal et un humour enfantin très touchant, rappelant nos souvenirs d’école.

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Ponyo n’a pas la lumière à tous les étages.

Au final, Ponyo sur la Falaise est un chef d’œuvre immanquable dans la filmographie de Miyazaki. Profond, beau, touchant, émouvant, les superlatifs manquent, mais le film en vaut vraiment la peine. Si certains diront que le réalisateur a perdu de sa superbe en ne faisant que des critiques édulcorées, il faut plutôt croire qu’il a gagné en sagesse et en finesse, proposant une double lecture sur une magnifique histoire positive.

Note : 18/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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