Martyrs

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De : Pascal Laugier

Avec Morjana Alaoui, Mylène Jampanoi, Catherine Bégin, Patricia Tulasne

Année : 2008

Pays : France, Canada

Genre : Horreur

Résumé :

France, début des années 70.
Lucie, une petite fille de dix ans, disparue quelques mois plus tôt, est retrouvée errant sur la route. Son corps maltraité ne porte aucune trace d’agression sexuelle. Les raisons de son enlèvement restent mystérieuses.
Traumatisée, mutique, elle est placée dans un hôpital où elle se lie d’amitié avec Anna, une fille de son âge.
15 ans plus tard.
On sonne à la porte d’une famille ordinaire. Le père ouvre et se retrouve face à Lucie, armée d’un fusil de chasse. Persuadée d’avoir retrouvé ses bourreaux, elle tire.

Avis :

Passionné passionnant, Pascal Laugier est l’une des figures de proue du cinéma de genre en France. Après un Saint-Ange dont la réputation reste mitigée, le réalisateur français décide de frapper un grand coup en proposant Martyrs, un film frontal, violent, gore et très sombre. Sorte d’ovni dans le paysage culturel français, Martyrs est un excellent film qui se soucie finalement peu du contexte politique ou social de notre pays, pour se focaliser exclusivement sur une histoire qui fait froid dans le dos et qui semble totalement décomplexée par rapport à la censure ou au politiquement correct. Et c’est assez rare pour être souligné, car la plupart des films de genre français, produit en voie d’extinction, contiennent toujours un message à portée politique ou social et nuit au film, le rendant trop auteurisant et pas assez grand public. Pour en revenir au film qui nous intéresse, on est vraiment dans quelque de binaire, mais qui possède une part de mystère pour nous tenir en haleine.

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T’as raison mange ton kebab avant la boucherie

L’histoire est composée de trois sous-parties avec une introduction et une conclusion. Si cela n’est pas clairement exposé dans le film, on les remarque rapidement et cela prouve déjà une bonne lisibilité du scénario. On commence dans les années 70 où une jeune fille s’vade d’un asile après avoir subi des séances de torture. Quinze ans plus tard, elle revient chez ses bourreaux et les exécute avec un fusil de chasse. Pensant être suivie par une femme se rapprochant plus de la goule, elle appelle sa meilleure amie pour qu’elle vienne l’aider. Ici, on est dans la première partie, surement celle qui est la plus violente physiquement. Pascal Laugier ne fait pas de sentiments dans sa mise en scène et propose de tout montrer pour un spectacle qui frise avec A l’Intérieur de Julien Maury et Alexandre Bustillo. Cette partie permet de montrer les deux personnages féminins, leur relation et la psychose de la tueuse. C’est très bien fichu et on rentre directement dans le thème.

Cette entrée fracassante un brin tape à l’œil va précéder une deuxième partie plus lente, mais aussi plus bizarre. On entre vraiment dans le domaine du thriller, avec une enquête, des découvertes et surtout une nouvelle relation sordide qui se met en place. On admirera le jeu tout en finesse de Morjana Alaoui, qui sert une prestation remarquable. Ce passage est moins gore, mais il est très dérangeant, car il interpelle le spectateur sur ce qui se passe réellement dans la baraque Les images glauques se succèdent, on est fortement dérangé par la nouvelle présence qui très ingrate et complètement folle. Il faut dire que le design de sa tenue fait froid dans le dos et correspond à tous les codes de l’ambiance du film. On a quelque chose de froid, de lugubre, dans les teintes grisâtres et qui donne un sentiment total de nihilisme. Le tout devient pesant et on ne sait pas trop où veut nous amener le cinéaste.

Toutes les réponses arriveront dans la troisième partie, avec une légère perte de repère. Sans trop en dévoiler, on arrive au tournant du film, qui signe finalement la compréhension totale du scénario. On arrive sur la partie la plus dure, mais peut-être aussi la moins intéressante car elle est hyper répétitive. Mais, elle reste très puissante sur sa révélation, car l’idée est vraiment novatrice et complètement inattendue. On est vraiment dans la partie psychologique du film et c’est surement le moment le plus difficile. Entre torture physique et passage gore, on peut dire que rarement on aura atteint un tel niveau de sadisme dans le cinéma français. Le pire dans tout cela, c’est que c’est extrêmement bien filmé et que l’on est pris dans cette spirale infernale, pour savoir le fin mot de l’histoire. Alors certes, le plan final reste très décevant et nos attentes ne seront pas totalement comblées, mais c’est jusqu’auboutiste au possible et ça fait un bien fou de voir du cinéma français comme cela.

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Reconversion de Catherine Lara

Au final, Martyrs est un très bon film de genre français. Film très cru, il ne peut laisser indifférent tant il est nihiliste et propose quelque chose de vraiment différent de ce qui se fait dans le cinéma français, même en horreur. Alliant trois phases distinctes avec leurs moments forts et violents, Pascal Laugier livre un film fort, parfois un poil ennuyeux, mais toujours sur la brèche et laissant le spectateur pantois. Une réussite qui prouve que le cinéma d’horreur français peut faire de belles choses sans s’engluer dans des messages divers et variés qui ont tendance à desservir le métrage.

Note : 15/20

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Par AqME

HerschellNote de Herschell: 12/20

TrasherNote de Trasher: 18/20 Un film de genre comme on en fait peu dans l’hexagone!

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