Mutants

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De : David Morley

Avec Hélène de Fougerolles, Francis Renaud, Dida Diafat, Marie-Sohna Condé

Année : 2009

Pays : France

Genre : Horreur

Résumé :

Dans un monde où un terrible virus a contaminé la population, un couple en fuite tente de trouver une zone où se réfugier. Pris au piège par des créatures sanguinaires, Marco et Sonia vont devoir lutter pour leur survie…

Avis :

Faire un film de zombies peut paraître assez facile. On prend un décor qui fait apocalyptique, on maquille des gens en zombies, on met des survivants et c’est parti pour un film basique. Sauf que lorsque l’on regarde de plus près, faire un film de zombies qui se démarque, c’est bien plus difficile et c’est papy Romero qui a montré la voie en mettant des messages politiques et sociaux dans ses métrages. Et il fut très difficile de passer derrière lui sans pour autant paraître pour un blaireau. On retient quelques films à petit budget qui sont franchement dégueulasses et qui ne font pas honneur aux morts-vivants. En France, si faire des films de genre est déjà bien compliqué, faire des films de zombies tient du chemin de croix. Néanmoins, on compte quelques essais plutôt concluants comme La Horde de Yannick Dahan et Benjamin Rocher ou encore Goal of the Dead de Benjamin Rocher et Thierry Poiraud, qui lorgne plutôt du côté des enragés. Mais avant ces deux sorties, David Morley signe un premier film intéressant, Mutants, qui tire des références dans tous les sens, mais qui n’a pas forcément convaincu le grand public. Retour sur un film presque réussi.

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Un doigt dans le cul et c’est l’extase !

L’histoire du film est très simple à comprendre et ne contient pas de messages politico-sociologiques. On va suivre Sonia et Marco, un couple éperdument amoureux, dans un monde où les hommes se sont transformés en mutants, sorte de zombie monstrueux et rapide. Malheureusement, Marco est blessé et contaminé et il se transforme petit à petit en un mutant. Seulement, Sonia, alors immunisée, va tout faire pour le sauver ou tout du moins le cacher. Malgré le léger changement dans le design des créatures, on retrouve tous les codes inhérents au genre du zombie. On est dans le pur survival en milieu hostile sans aucune once d’originalité. Mais force est de reconnaître que le film reste assez bien foutu et que l’on va le suivre pour avoir le fin mot de l’histoire.

Mais encore une fois, le film ne va pas pouvoir se détacher de certains schémas qui sont la marque de fabrique des films d’auteurs français. Ainsi, le film est bourré de silence. Il se veut par moment contemplatif, mais on s’en bat un peu les cacahuètes des montagnes enneigées de Chamonix. Le film est rempli de non-dits, et lorsque les personnages parlent, ils ont tendance à chuchoter, pour essayer de renforcer une ambiance froide et sinistre. David Morley a voulu s’inspirer de The Thing de Carpenter, mais il n’arrive pas à capter l’essence même de cette isolation sauvage préférant mettre les protagonistes dans un sanatorium lugubre, qui va confiner le film au rayon des déjà-vus. On regrettera aussi le peu d’imagination pour fournir un final bancal (du fumigène pour empêcher les mutants de voir alors qu’ils ont l’air de se repérer à l’odorat ?) et qui se veut un ersatz de 28 Jours Plus Tard de Danny Boyle.

Par contre, le film est réussi sur plusieurs points. On sera touché par la relation entre les deux personnages. Certes, les silences et non-dits sont très agaçants, mais le couple Hélène de Fougerolles/Francis Renaud fonctionne très bien et on sent que les acteurs sont bien dans leurs rôles. Du coup, on se prend d’affection pour eux et on sent le déchirement de la femme lorsqu’elle voit qu’elle ne peut rien faire pour son compagnon qui se transforme lentement. C’est d’ailleurs cette transformation qui sera le point le plus réussi. En effet, Francis Renaud est bluffant dans son rôle et les différentes étapes sont très marquantes. On pense notamment lorsqu’il déboule nu et plein de sang, ou encore lorsqu’il s’arrache les dents au bord des toilettes. S’inspirant du film La Mouche de Cronenberg, David Morley livre des moments angoissants, parfois bien crades, mais parfaitement réussis. Mais s’il y a bien une actrice qui n’est pas du tout bluffante et qui est même d’une grande nullité, c’est Marie-Sonha Condé, qui joue une flic et qui parle comme une racaille et qui est juste insupportable. On regrettera aussi la venue des méchants humains sur la fin, qui surjouent à mort et qui ne sont pas crédibles un seul instant.

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Stupéfaction !

Au final, Mutants n’est pas un mauvais film et il est loin de faire déshonneur aux films de genre français. Doté d’une transformation bien crade et d’un acteur transfiguré, on regrettera cet aspect auteurisant, bourré de non-dits et de moments contemplatifs vraiment pas intéressants et ralentissant le rythme déjà pas folichon. Le métrage rentre dans la catégorie des films qui sont moyens, injustement bâchés et boudés en salles et qui pourtant montrent un certain savoir-faire, un peu comme La Traque d’Antoine Blossier.

Note : 13/20

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Par AqME

HerschellNote de Herschell: 10/20 On se fait chier…

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