octobre 29, 2020

La Traque

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De : Antoine Blossier

Avec Grégoire Colin, François Levantal, Joseph Malerba, Fred Ulysse, Bérénice Béjo

Année : 2010

Pays : France

Genre : Horreur

Résumé :

Une nuit, plusieurs cerfs se jettent inexplicablement sur la clôture électrique d’une exploitation agricole. Apercevant de profondes traces de morsures sur les cadavres des bêtes, les propriétaires de l’exploitation comprennent qu’un prédateur sévit dans les bois alentours. Décidée à le chasser, la famille d’agriculteurs s’enfonce au cœur de la forêt voisine. Stupéfaits, ils constatent que la nature environnante se meurt, ravagée par un mal inconnu. Alors que le soleil décline, des hurlements retentissent autour d’eux. Les chasseurs sont devenus les proies…

Avis :

Quand on fait un film d’horreur en France, on souffre toujours de la comparaison avec les Etats-Unis. Cela fonctionne un peu comme les séries, puisque nous calquons nos séries sur les leurs avec un certain savoir dans la ringardise. Il suffit de regarder un épisode des Experts, qui se déroule dans le milieu de la nuit en plein Las Vegas avec de vrais tueurs et de vraies nanas dénudées et un épisode de RIS Police Scientifique pour voir la différence. Quel scénariste a eu l’idée de mettre une enquête au sein des ostréiculteurs ? Cela n’a rien de sexy, rien d’attrayant. Et c’est un peu pareil pour le cinéma de genre, même si cette tendance change un peu, d’abord parce qu’il y a de moins en moins de films d’horreur en France et surtout parce que ceux qui sortent sont de bonne qualité, les critiques et les spectateurs ne peuvent s’empêcher de faire des comparaisons souvent idiotes. La Traque peut faire rie avec ces sangliers furieux, mais il n’empêche que le film n’est pas si mal que ça !

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Nouveau film : Sangliers dans la Brume

L’histoire de ce film démarre de façon étrange. Un homme se blesse dans un champ de maïs et il se rend compte que des biches se sont jetées et tuées contre une barrière électrique. Sur les lieux, les propriétaires, qui détiennent une entreprise de produits chimiques, trouvent une dent énorme de sanglier. C’est alors que les hommes de la famille décident de partir à la chasse pour traquer la bête. Seulement, ils vont tomber sur quelque chose de beaucoup plus gros et grave. Le pitch pourrait prêter à sourire, et c’est vrai qu’une histoire avec des sangliers mutants est assez ridicule, sauf que certains films ont déjà utilisé ce concept et de fort belle manière, comme Razorback de Russell Mulcahy. Et Antoine Blossier, sans réaliser un énorme film, trouve un filon assez intéressant malgré des défauts inhérents au cinéma français.

On remarquera en premier lieu l’importance apportée à une famille assez bizarre où les liens sont très particuliers. On est dans un drame assez lourd, avec un gendre qui ne supporte pas que sa femme se fasse mener en bateau. Si cela reste très français dans le thème principal, on ressent une envie de sortir du schéma narratif classique. Bien entendu, l’élément déclencheur sera dans la forêt avec tous les ennuis, mais on gardera tout de même cet aspect français, notamment dans la cause de la mutation des sangliers. Et c’est là le plus gros point faible du film. En effet, la cause et écologique et le réalisateur en profite pour faire une morale à deux balles, entrainant ainsi des conflits familiaux. A ce moment-là, les sangliers n’ont plus une place prépondérante et on rentre dans quelque chose de trop gentil, qui n’est pas assez rentre dedans. C’est d’autant plus dommage que le film réserve de belles surprises.

Le côté survival est très bien foutu, et on retrouvera tous les codes qu’utilisent les ricains pour faire ce genre de film avec un petit budget. On pense de temps en temps à Predator, avec cette forêt hostile et ces ennemis invisibles et c’est franchement très bien filmé. D’ailleurs certains plans sont vraiment très beaux, comme sur la fin avec la cabane qui brûle. Le film demeure d’ailleurs assez nihiliste sur sa fin, ce qui est surprenant pour un film français. Pour le côté gore, on aura surtout des cadavres d’animaux relativement bien fichus. On retrouvera d’ailleurs un endroit riche en cadavres dans le film, ce qui n’est pas sans rappeler le livre La Petite Fille qui Aimait Tom Gordon de Stephen King et qui comporte une scène presque identique. D’ailleurs les références sont multiples, et on ressent une vraie implication de la part du cinéaste pour fournir quelque chose de propre et de surprenant.

Malheureusement aussi, on aura du mal à s’accrocher aux personnages car ils sont tous plus ou moins pénibles. Tous sans exception sont égoïstes au possible et presque inhumains, ne pensant qu’au profit. Grégoire Colin pourrait être le gentil de l’histoire, mais il joue assez mal et surtout ne possède pas les épaules et le charisme adéquats pour ce genre de rôle. Par contre, François Levantal est parfait dans son rôle de pourri égoïste, magnat du produit chimique qui a commis une bévue mais qui va tout faire pour étouffer cette affaire. Joseph Malerba est aussi très bon en frère bourru et c’est surement le personnage auquel on s’identifiera le plus, car c’est le plus proche de sa famille. Enfin, Bérénice Béjo est absolument détestable dans un rôle qui pourrait lui aller, mais dont la fin plombe complètement l’empathie que l’on pourrait avoir. Bref, le casting demeure en deçà de nos attentes.

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Il a une dent contre nous

Au final, La Traque n’est pas un film désagréable, bien au contraire, on passe un moment assez sympathique. Seulement, il n’arrive pas à se détacher du modèle français, voulant à tout prix mettre une cause écologique pour justifier une violence qui n’a peut-être pas lieu d’être. Avoir des références comme Predator c’est bien, les appliquer avec une variante, c’est bien, mais il faut jusqu’au bout de son délire et oser des choses qui permettent de sortir de ce schéma narratif si cher aux films français. Enfin, c’est toujours mieux de voir des films comme La Traque qui tentent quelque chose que des comédies populaires surfaites.

Note : 13/20

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Par AqME

HerschellNote de Herschell: 14/20

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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