octobre 26, 2020

Le Village des Damnés

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Titre Original: Village of the Damned

De : John Carpenter

Avec Christopher Reeve, Kirstie Alley, Linda Kozlowski

Année : 1995

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Un jour d’automne, une force invisible et mystérieuse endort les habitants du modeste village de Midwich. Quelques semaines plus tard, le docteur Alan Chaffee découvre qu’une dizaine de ses patientes attendent un heureux évènement.

Avis :

Regarder un Carpenter n’est jamais anodin. Les scénarios sont toujours élaborés, intéressants et comportent toujours un petit côté critique du système bien senti. Seulement, Le Village des Damnés est un remake et non un film de lui à la base. Film de 1960 de Wolf Rilla, le Village des Damnés s’inspire d’un livre de science-fiction écrit par un certain John Wyndham en 1957 et qui a pour nom, Les Coucous de Midwich. Avant de commencer toute critique, il faut dire que je n’ai pas vu la première version du film et que mon jugement ne se base que sur le film de Carpenter et non pas sur une comparaison entre le film de Rilla et celui de 1995. Fort d’une réputation à la fois magistrale et sulfureuse, Carpenter, grand maître du fantastique et du frisson, prend en main ce remake et tente d’en faire un film d’épouvante particulier, mettant en avant des enfants tueurs mais aussi une certaine critique de notre société, en assimilant l’instinct de survie, le malheur et l’argent. Traversons Midwich et ces enfants maudits.

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Conjonctivite collective !

Si le scénario de ce film peut sembler assez désuet de prime abord, il faut quand même se dire que l’histoire date de 1957 et qu’à cette époque, la science-fiction n’en était qu’à ses prémices. Mais si on y regarde de plus près, le film de Carpenter propose une vision assez réaliste de l’invasion extraterrestre et propose par delà la vision propre de l’invasion, un stade de survie avancée et une race qui fait froid dans le dos. Il est d’ailleurs intéressant de voir le maître du fantastique s’attaquer de manière si subjective aux extraterrestres, alors que dans Invasion Los Angeles, tout cela était bien plus percutant, plus visible. Ici, les extraterrestres sont des enfants à la chevelure blanche dont on ne sait pas grand-chose. En effet, après une sieste collective due à une ombre mystérieuse, 8 femmes se retrouvent enceintes. Contre de l’argent, elle accepte de garder les bébés pour une expérience du gouvernement. Seulement, rapidement les enfants deviennent incontrôlables, inquiétants et les morts s’accumulent autour d’eux. Avec ce film, Carpenter renoue avec ce qu’il aime le plus, l’horreur au service du complot gouvernemental. En effet, si tout porte à croire que ces enfants ne sont pas humains, le gouvernement s’en sert et essaye de déchiffrer leur mode de fonctionnement, jusqu’à la fin du village. Profondément ancré dans une sorte de paranoïa américaine, le film reste assez contemporain de nos jours avec tous les hurluberlus qui pensent encore au complot des différents gouvernements et de tout ce que nous cachent les hautes sphères politiques.

Le gros point faible du film semble être l’ambiance qui baigne le film et qui le fait rentrer dans un faux rythme assez pénible. Dès le début du métrage, avec ce mystérieux voile noir qui chuchote, on se demande ce qu’il va se passer et finalement, les gens s’endorment simplement. Alors c’est vrai que cela parait étrange et que des catastrophes s’enchaînent, mais l’effet produit n’est surement pas assez percutant. De plus, les personnages que l’on rencontre ne sont pas assez charismatiques. Alors je ne dis pas que Christopher Reeve n’est pas charismatique, bien au contraire, mais les personnages que l’on rencontre dans le métrage sont surement trop communs et que seule la médecin du FBI semble avoir un peu de cachet. Si ce n’est qu’elle est trop caricaturale. Et c’est à chaque ce problème avec ce film, on a de bons éléments bien sympathiques, puis des défauts assez conséquents qui font que l’on n’accroche pas aussi facilement qu’avec les autres Carpenter. Heureusement que le comportement des enfants et la musique forme un ensemble bien gênant et assez flippant, pour peu que l’on se mette à la place de l’enseignante. Avoir des gosses comme ça dans une classe, il y a de quoi avoir les jetons. Leur démarche, leur façon de parler, leur physique, font que le film est porté par les enfants.

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J’ai envie de péter là !

Au niveau du casting, Carpenter s’éloigne un petit peu des gens auxquels il nous avait habitués. Point de Kurt Russel, Point d’Adrienne Barbeau, point de Donald Pleasence, mais le film est sauvé par Superman ! Christopher Reeve, le héros au collant rouge se colle à l’aventure et incarne le docteur Alan Chaffee dont la femme tombe enceinte et qui semble être le seul à comprendre et connaître l’origine des enfants. Il joue très bien son rôle et incarne parfaitement le héros. Seulement, il n’est pas très attachant et cela porte préjudice sur la fin du film. A ses côtés, on trouve Kirstie Alley qui joue le docteur du FBI, une femme mystérieuse, parfois cynique mais qui cache un lourd secret dans ses dossiers. Le personnage étant quelque peu déluré, elle a du mal à ne pas surjouer, mais elle arrive par moment à rester dans le bon ton et sa fin est exemplaire. Le plus gros travail de casting a été avec les enfants qui sont franchement inquiétants et effrayants. Déjà la chevelure fait son petit effet sur des enfants, les rendant maladifs et différents, mais ce n’est pas tout, car ils sont vraiment talentueux. Rien que le regard de la petite fillette est difficilement soutenable et met mal à l’aise. Le petit David demeure l’enfant le plus touchant, le personnage le plus sympathique et laisse un petit espoir quant à cette race sans scrupule. Le reste du casting est sympathique, même si certains seconds couteaux sont assez risibles, comme l’homme à tout faire de l’école qui est alcoolique et un peu libidineux. Le petit caméo de Carpenter en train de téléphoner reste anecdotique.

Les effets gores sont très peu nombreux dans le métrage et Carpenter ne mise pas sur ces effets, mais plutôt sur une ambiance angoissante et une fin absolue si les habitants ne se débarrassent pas rapidement des enfants. Néanmoins, les enfants créant des accidents, on obtient tout de même des passages bien sympathiques. Par exemple, la femme qui meurt immolée est un des passages marquants du film, montrant l’impuissance du peuple à survivre sans un leader. Le passage de la mort de l’homme de l’école est assez marrant, mais malheureusement on voit très rapidement le bonhomme en mousse (je rappelle quand même que le film date de 1995). Carpenter n’est pas avare non plus en explosions et autres accidents de voiture montrant ainsi la force des extraterrestres. Le meurtre au scalpel est aussi bien fichu même si l’on ne voit rien. Au niveau des effets spéciaux, les effets lumineux sont plutôt bons et le regard des enfants reste le point phare du film, montrant leur puissance et leur méchanceté. Quand on voit la vraie nature des aliens, on pet applaudir le plasticien qui a fait le boulot. Mais tout cela semble assez obsolète pour l’époque et seulement 3 ans plus tard, Carpenter va proposer quelque chose de bien mieux avec Vampires. La fin demeure classique et sans surprise, mais montre à quel point la survie d’une espèce met en jeu des éléments fondamentaux comme le meurtre. Qu’aurions-nous fait à la place des aliens ?

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Mon Dieu ! J’ai oublié les enfants pour la fête de l’école !

Au final, Le Village des Damnés reste un film intéressant dans la filmographie de Carpenter mais il comporte tout de même des défauts majeurs assez pénibles. Ne présentant pas de personnages attachants et n’exploitant pas assez le côté obscur des enfants, le film s’enlise dans un rythme lent que l’on retrouve dans les vieux Carpenter comme The Fog. Loin d’être mauvais, le film présente tout de même une critique acerbe du gouvernement et de ses cachotteries, mettant en péril des habitants dont les grands pontes n’en ont que faire. Un film sympathique, mais qui ne remplace pas les meilleurs Carpenter comme The Thing, Christine, Invasion Los Angeles.

Note : 13/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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