octobre 24, 2020

La Fiancée de Frankenstein

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Titre Original : The Bride of Frankenstein

De: James Whale

Avec Boris Karloff, Colin Clive, Valerie Hobson, Elsa Lanchester

Année : 1935

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Le Dr Frankenstein et sa créature ont survécu. Un savant fou, le Dr Pretorius, kidnappe la femme du Dr Frankenstein, et l’oblige à tenter de nouveau l’horrible expérience, dans le but cette fois de créer un monstre féminin…

Avis :

Faire des suites n’est pas un phénomène de mode. Les suites, les reboots, les remakes, ça ne date pas d’aujourd’hui et quand on jette un œil dans l’histoire du cinéma, on se rend que bon nombre de films ne sont pas des copies originales. En 1931, James Whale frappe un grand coup dans le domaine de l’horreur avec Frankenstein, relançant la machine horrifique avec les studios Universal. Le film est un grand succès et même aujourd’hui, on se rend compte de la violence du propos et de l’intelligence du métrage, montrant un monstre maladroit et pas forcément mauvais. C’est alors que quatre ans plus tard sort une suite qui pourrait sembler opportuniste. En effet, avec un titre comme la Fiancée de Frankenstein, on a bien peur de tomber sur une vilaine farce, le genre de film qui tourne en dérision un monstre devenu culte, que ce soit dans la littérature ou dans le septième art. Et pourtant, le film est aussi bien que le premier, rajoutant des thèmes forts et surprenant le spectateur grâce à des technologies toujours aussi puissantes.

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Le monstre de Frankenstein fumant un bédo !

L’histoire reprend là où le premier film s’était arrêté. Alors que le moulin finit de brûler, le docteur Frankenstein part se reposer chez lui et promet à sa femme de ne plus jamais se prendre pour Dieu. Seulement, le monstre n’est pas mort et il recommence à tuer, ne sachant faire que cela et assouvissant une vengeance envers l’homme qui l’a créé et qui l’a détesté. C’est alors que survient un autre docteur, très énigmatique et insistant, et qui pousse, en kidnappant sa femme, le docteur Frankenstein à recommencer son expérience pour créer une femme. Durant son road trip, la créature va faire la connaissance de personnes plus attendrissantes et elle va commencer à devenir plus contenu dans ses réactions. En fait, le film glisse sur deux parties pour se regrouper sur la fin, dans une séquence d’anthologie.

D’un côté, nous avons l’histoire de Frankenstein et de l’autre docteur complètement malfaisant. On va toucher à une histoire qui frôle le thriller et le fantastique, avec des scènes grandioses encore aujourd’hui. Il suffit de voir le passage avec les personnages miniatures pour s’en rendre compte et l’effet est toujours aussi puissant. La confrontation entre les deux personnages est assez forte, montrant un scientifique encore plus mégalo que Frankenstein lui-même. Ce dernier va d’ailleurs devenir une victime d’un monstre à l’apparence humaine mais finalement plus hideux que sa propre créature.

De l’autre côté, on va voir le voyage de la créature de Frankenstein. C’est cette partie qui demeure la plus intéressante. En effet, on va voir la créature devenir humaine, douce, presque apprivoisée, grâce à une personne aveugle d’une grande gentillesse et qui juge à la beauté intérieur et non pas au physique. On ressent une vraie humanité dans ces passages et cela permet de voir la créature sous un autre jour, plus humaine et donc plus touchante. On peut dire qu’en 1935, James Whale avait tout compris au cinéma.

Au niveau des acteurs, on a le haut du panier pour l’époque. Boris Karloff interprète toujours la créature et il est totalement bluffant dans ce rôle. A la fois monstrueux, violent, touchant, attendrissant, il est vraiment très bon et donne des traits mythiques à cette créature. C’est d’ailleurs l’image principale que l’on a quand on évoque le sujet de Frankenstein. Colin Clive endosse encore une fois le rôle du professeur Frankenstein et il est toujours aussi bon. Possédant un rôle plus difficile, car il est plus une victime dans celui-ci, il s’en sort très bien et on s’attachera à lui. Ernest Thesinger incarne le méchant de l’histoire et il est parfaitement détestable, se prenant pour Dieu et étant prêt à tout pour réussir l’expérience de son congénère malgré les risques. Elsa Lanchester est toute aussi bonne que Boris Karloff dans la peau de la fiancée, donnant une réplique plus glamour et aussi beaucoup plus flippante que le monstre.

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Non, Boris, ce n’est pas encore la scène de la baise !

Au final, la Fiancée de Frankenstein est un excellent film, presque aussi bon que le premier. Abordant beaucoup plus de thèmes comme l’apprentissage de l’humanité, l’amour, la solitude et le rejet ainsi que la maîtrise de la frustration, ce film est un véritable petit bijou du cinéma fantastique et horrifique. La restauration bluray est splendide, donnant une véritable ampleur au film.

On notera aussi une introduction complètement folle avec Mary Shelley, l’auteure du roman, mais on sera déçu de ne pas revenir dessus sur la fin.

Note : 18/20

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Par AqME

TrasherNote de Trasher: 20/20 Chef d’œuvre absolu!

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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