Le Monstre du Train

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Titre Original: Terror Train

De : Roger Spottiswoode

Avec Jamie Lee Curtis, David Copperfield, Ben Johnson

Année : 1980

Pays : Canada

Genre : Horreur

Résumé :

Une fraternité d’étudiants universitaires décide de se faire une soirée costumée pendant un voyage en train. Mais un tueur s’est infiltré dans le train, les tuant un par un et récupérant les costumes de ses victimes…

Avis :

Avant d’entamer cette critique, il faut tout de même préciser que le Monstre du Train n’est pas le PDG de la SNCF, monsieur Pépin. Non, je dis ça, parce qu’avec sa trogne, on pourrait croire que c’est lui l’acteur principal et que finalement, le métrage n’est qu’une critique acerbe du réseau ferré français. Et puis, ce n’est pas possible parce que le film se déroule en 1980 et je ne pense pas que cela fasse 30 ans que ce monsieur soit à la tête des chemins de fer. Et, en plus, le film est canadien, pas français, donc on élimine toutes ces possibilités. Le voilà rassuré !

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Merci de remettre les choses dans l’ordre ! Je ne suis pas un monstre, j’ai juste un strabisme !

Mais trêve de plaisanteries, et si on parlait du film. Nous sommes donc en présence d’un petit slasher sans grande prétention et qui n’a pas une grande renommée. Pourtant, voir Jamie Lee Curtis deux ans après son rôle dans Halloween a de quoi être intéressant. En plus, il y a David Copperfield qui fait des tours de magie, donc tout cela a l’air fort sympathique. Alors pourquoi ce film n’a-t-il pas eu de succès ? Quelles sont les raisons de cet échec ? J’espère que vous avez bien composté votre ticket !

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Ah bah oui, 32 ans, ça ne nous rajeunit pas !

Le scénario de ce film est vraiment typique des années 70/80 et sent à plein nez l’exploitation du slasher. Alors que des chefs d’œuvre ont vu le jour, comme Halloween ou encore Black Christmas, on ressent avec Le Monstre du Train une volonté de faire du fric facile tout en insérant une petite nouveauté, le tueur n’aura pas un masque, mais plusieurs. Bien entendu, le scénario comprend son lot d’étudiants bien débiles très axé sur le cul, son souffre douleur dont on sait d’avance qu’il sera le tueur et l’héroïne, qui normalement s’en sortira. Alors il faut quand même résumer rapidement l’histoire pour bien comprendre ce qui va suivre. On commence le film quelques années plus tôt, lors d’une fête d’introduction dans des confréries et des sororités. Normalement, c’est le soir où les novices doivent se dépuceler. Sauf qu’une farce va mal tourner, puisque les étudiants de médecine ont remplacé la jeune femme par un cadavre. On repart quelques années plus tard, avec la même bande, pour une autre fête, mais dans un train. Seulement, les morts vont s’enchainer, et, grosse nouveauté époustouflante, le tueur va piquer le costume de sa victime pour faire croire qu’elle est toujours vivante. L’idée n’est pas trop mauvaise, mais ce qui va plomber le film, c’est plutôt du côté de l’ambiance et de la réalisation.

En effet, si le démarrage s’avère satisfaisant, jusqu’à l’entrée dans le train, on va vite déchanter par la suite. Pourquoi ? Tout simplement par un manque flagrant d’imagination et une mise en scène peu inspirée. Le plus gros problème, c’est le train en lui-même. Pas du tout anxiogène, petit et étroit, on aura souvent droit aux mêmes pièces avec les mêmes plans mais avec des acteurs ou des figurants différents. Cette redondance va vite devenir insupportable, surtout quand on voit des couchettes-lits, une minuscule piste de danse avec une estrade pour le magicien et un bar à moitié vide. Pour le reste, on n’aura rien à se mettre sous la dent. Ensuite, les décors en eux-mêmes ne font pas peur et ne suscitent aucune crainte. Les gens sont les uns sur les autres, la plupart sont fin saouls ou shootés et les lumières bien flashys ne renforcent aucunement un sentiment d’étouffement ou même de peur. Et d’un point de vue de la réalisation, c’est mou, ce n’est pas inspiré et c’est bien dommage. Non seulement les décors sont les mêmes, mais en plus, les plans de caméra sont à l’identique eux aussi. Combien de fois j’ai du voir ce wagon de couchettes-lits filmé depuis les toilettes ! Bref, si on cumule tout cela, on voit bien que l’ennui est plus présent que la peur et que l’ambiance s’en fait fortement ressentir. Et un slasher sans une bonne ambiance, c’est un peu comme un plateau de fromages sans pavé d’affinois.

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Le père Fourras a oublié ses clefs !

L’autre gros défaut du film, ce sont les acteurs. Alors bien entendu, le gros atout vente du film, c’est de mettre la belle Jamie Lee Curtis devant et en héroïne, car depuis qu’elle a survit à Michael Myers, elle peut survivre à n’importe qui ! On la retrouve ici dans le rôle d’une jeune étudiante, qui est la cause du traumatisme du tueur et elle sera donc la dernière proie. Elle doit être la seule actrice du film à faire son job. Croyant en son rôle elle incarne parfaitement la jeune fille assez libre mais déçu par son compagnon. Le seul problème, c’est qu’il est difficile de la juger au milieu de ce marasme d’acteurs incompétents. Et parfois, des non acteurs, car on retrouve le grand magicien, David Copperfield. Bon, autant le dire tout de suite, lui c’est une catastrophe, mais il a accepté de faire le film pour une seule bonne raison, se faire connaître. Ce n’est pas possible autrement car pendant au moins vingt minutes, on voit son spectacle de magie ! Jouant comme une patate, on voit bien que la seule chose qui l’intéresse, c’est son putain de spectacle. Alors non seulement ça coupe le rythme, mais on ne regarde pas un slasher pour voir de la magie ! Pour le reste du casting, c’est catastrophique. Les jeunes jouent mal, et on voit à dix kilomètres qu’ils font les faux bourrés, sans parler du chauffeur du train qui n’en branle pas une et croit même avoir des hallucinations. Enfin, le tueur est aussi charismatique qu’un micro pénis, avec une gueule de jeune premier à tendance zoophile. Bref, le casting est vraiment minable.

Alors il nous reste quoi à nous mettre sous la dent, parce que là, ce n’est pas terrible, terrible. Y-a-t-il du gore ? Alors là ma pauvre dame, il va falloir être patient et surtout, pas difficile. Bon, il est vrai que le film date de 1980 et que les effets gores, surtout dans les slashers, ce n’était pas encore ça. Et la plupart des mises à mort dans le film sont ridicules. On aura un coup de sabre, une tête défoncée dans un miroir, un étranglement et une décapitation, qui sera vraiment le passage le plus sale. Mais cela reste mal foutu et n’arrange en rien notre attente. Heureusement pour nous, la fin se tend un peu plus, notamment avec le combat entre la belle et le psychopathe qui est bien inspiré et réaliste. Bien entendu, cela ne rattrape pas le reste, surtout quand on regarde les costumes moisis que doit se taper le tueur et le rôle qu’il joue durant tout le film. Une fois en vieux pervers, une autre fois en père Fourras et une troisième fois en homme lézard. Aucun de ces costumes ne suscite une quelconque répulsion ou dégout et donc forcément, notre tueur est plus ridicule qu’autre chose. Du coup, on se retrouve face à quelque chose d’assez fade, où les meurtres ne sont pas originaux et où la tension ne montera jamais. Heureusement qu’Halloween est passé par là parce que sinon, je ne suis pas sûr que Jamie Lee Curtis aurait pu percer.

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Pourquoi, dans les films d’horreur, les meufs, elles ont toujours du sang autour de la bouche, mais rien dans les cheveux ?

Au final, Le Monstre du Train est un mauvais film d’horreur. Sentant à plein nez l’exploitation du genre qu’est le slasher, le film se contente de filmer des jeunes en train de faire la fête ou de se faire tuer dans une indifférence totale. Mou et affichant les mêmes plans pendant 1h30, le film perd le spectateur dans un ennui soporifique. Bref, à moins d’être adepte de la magie et de David Copperfield, ou d’être un fan absolu de Jamie Lee Curtis, le film ne vaut pas tripette, si ce n’est ce charme désuet qu’ont les films des années 70/80.

Note : 06/20

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