décembre 5, 2020

Alice Cooper au Jardin du Michel (07 Juin)

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C’est en ce weekend rallongé et gorgé de soleil que Lavisqteam a choisi de déposer sa carcasse décomposée sur le sol à la fois vert et poussiéreux de Bulligny au fin fond de la campagne Meurthe-et Mosellane. On s’empresse donc de prendre nos quartiers autour de la collation du métalleux (sans tergiverser, vous aurez vite fait de comprendre qu’on s’est envoyé quelques bibines bien fraîches derrière le gosier avec la modération qu’on nous connaît, cela va de soi), car ce satané cagnard tape dur sur le site du Jardin du Michel, un festival qui fête ses 10 années d’existence en 2014. Alors pour célébrer comme il se doit sa première décennie, l’événement a su mettre les petits plats dans les grands et c’est du bien beau monde qui a été rameuté trois jours durant. Voici un petit aperçu de la programmation somme toute éclectique de ce JDM 2014 : The Offspring, FFF, Skip the Use, Alpha Blondy, Method Man & Red Man. On constate que la liste a de la gueule et qu’il y en a vraiment pour tous les goûts. Mais la tête d’affiche qui nous intéresse et pour laquelle on s’est spécialement déplacé aujourd’hui, c’est Alice Cooper ! Ce bougre de maestro de l’horreur s’était fait désirer dans la région puisque son dernier passage remonte à quelque chose comme 1982 du côté de Nancy, autant dire une éternité ! Alors penser que l’on trépigne d’impatience à l’idée de découvrir une des rares dates françaises de son « Raise of the Dead tour 2014 » est un euphémisme lorsqu’on parle de cet artiste qui a contribué à écrire une page de l’histoire du hard rock. Rappelons qu’il a commencé à bâtir sa légende dès la fin des années 60 en se démarquant par son look et toute l’imagerie horrifique qu’on lui associe.

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Le show est prévu pour 21h40 précise, pile poil à la tombée de la nuit et quelques dizaines de minutes avant le début du concert, la foule se masse aux abords de la grande scène principale (quelques 7000 personnes). On se place dans les premiers rangs histoire de profiter au maximum, à nos côtés et au milieu de la faune habituelle des concerts, on trouve du fan, du vrai, genre t-shirt d’anciennes tournées sur les épaules, visage peinturluré, allant même parfois jusqu’à s’autoriser le port du très distingué chapeau haut de forme. Mais trêve de bavardage, l’heure fatidique a enfin sonné, le rideau se baisse, Alice débarque, tignasse ébouriffée, son indissociable canne qui s’agite au bout de ses doigts gantés (tel un bon maître de cérémonie) assorti d’un saillant pantalon rayé rouge et noir sous une pluie d’étincelles au son d’un fort tapageur « Hello Hooray« . S’ensuit alors de très gros tubes du monsieur de « House of Fire » en passant par « No More Mr Nice Guy » qui électrisent facilement le public avec des refrains accrocheurs scandés par une foule en délire. Dans la fosse, les premiers slams font vite leur apparition, ça headbange et les doigts sont régulièrement tendus bien haut. Faut dire aussi qu’Alice Cooper est entouré de supers musicos (le trio de gratteux composé de Orianthi Panagaris/Ryan Roxie/Tommy Henriksen, le bassiste Chuck Garric et enfin le batteur Glen Sobel), ça envoie sévère, on profite régulièrement de très efficaces solos de guitare et des riffs assassins. Au niveau de la rythmique basse/batterie, l’alchimie est impeccable, Sobel s’amuse comme un petit fou à décrotter ses futs sur un solo de batterie endiablé en plein milieu du show.

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Par la suite, petit retour dans les seventies sur un « Billion Dollar Babies » où Alice arrive avec une épée utilisée comme un pic à brochette de biffetons qu’il se charge de faire pleuvoir sur ses fans. Rebelotte quelques instants plus tard avec des colliers de perles qu’il vient distribuer sur « Dirty Diamond« . On remarque que la setlist est très bien choisie, les meilleurs morceaux sont représentés, on se prend encore en plein dans la mâchoire l’entêtant « Hey Stoopid » qui fleure bon le début des nineties avant de plonger dans son théâtral « Welcome to my Nightmare« . Mais ce qui nous fait particulièrement plaisir, c’est de le voir ressortir des vieux tiroirs l’excellent et carrément eighties « He’s Back (the man behind the mask) » single de l’album « Constrictor » (1986) choisi pour la BO du sixième volet de la saga cinématographique « Vendredi 13 » (« Jason le mort-vivant« ). Et quand le tueur au masque de hockey rode sur la scène avant de surgir pour happer avec ses bras de bûcheron une petite écolière qui passait fâcheusement par-là, on en redemande ! L’ambiance est clairement en train de monter d’un cran et on n’est pas au bout de nos surprises ! Du très lourd se prépare, Alice a revêtu blouse blanche tâchée de sang et masque à gaz, de curieux énergumènes le ceinturent alors sur une table expérimentale verticale. Notre chanteur disparaît dans un nuage de fumée explosif pour réapparaître quelques instants plus tard « frankensteinisé » dans un hallucinant costume de plus de deux mètres de haut avec tête de monstre genre animatronic sur le son de « Feed my Frankenstein » ! C’est la folie sur la fin de la chanson !

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On peut ensuite reprendre nos esprits en écoutant le maestro camisolé sur le plus reposant « Ballad of Dwight Fry« . Puis c’est la mise à mort d’Alice à coup de guillotine sur « I Love the Dead« , le bourreau lache la corde, la lame sectionne sa tête d’un coup. Le melon ensanglanté gît dans un panier et le préposé à la décapitation vient agiter le trophée face à la foule ! La mise en scène fait son effet, il n’y a pas à dire, c’est de l’éclate morbide ! Le show terminera sur les imposants et tubesques « Poison » et « School’s Out » (le rappel) dans une fiesta avec ballons et confettis sur un ton bon enfant. Voilà c’est déjà fini, nous venons de passer 1h20 monstreusement délicieuses en compagnie d’un bonhomme de 66 printemps qui enchaîne les tournées et prend encore un malin plaisir à déplacer son théâtre de l’horreur de ville en ville. Ce qui est sûr, c’est qu’on a pris un sacré pied à voir vociférer Alice Cooper sur la scène du JDM 2014, la soirée fut inoubliable sous cette torride nuit de juin. Le « Raise of The Dead Tour » s’impose comme l’une des toutes meilleures tournées du bonhomme avec sa mise en scène détonante, ses jeux de lumières incroyables et sa setlist aux petits oignons (un best of judicieux s’étalant sur la meilleure période du combo de 70 au début des années 90, nos excuses pour les quelques titres que l’on n’a pas relevés et qui sont passés à la trappe).On reviendra très certainement l’année prochaine !

« Lavisqteam approved ».

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Par Casey Slyback

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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