La Maison au Fond du Parc

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Titre Original : La Casa Sperduta nel Parco

De : Ruggero Deodato

Avec David Hess, Annie Belle, Christian Borromeo, Giovanni Lombardo Radice

Année : 1980

Pays : Italie

Genre : Horreur

Résumé :

Deux truands, responsables d’un trafic de voitures volées le jour, violent et tuent des jeunes femmes la nuit. Quand ils croisent la route d’un groupe d’amis et les suivent dans une maison isolée au fond d’un parc, les criminels ne savent pas ce qui les attend…

Avis :

Quand on évoque le nom de Ruggero Deodato, les plus cinéphiles l’associent directement à un seul film, celui qui a fait scandale et sensation, Cannibal Holocaust. Reprenant les prémices du found-footage, mélangeant des peuples cannibales et de vrais meurtres d’animaux, mais faisant aussi le buzz à l’époque en laissant présager la mort des acteurs lors du tournage, on peut dire que le film a connu un certain succès, même 30 ans plus tard. Et pourtant, on a tendance à oublier les autres films de ce réalisateur sulfureux, dont La Maison au Fond du Parc, qui reprend la thématique de La Dernière Maison sur la Gauche, arpentant le chemin sinueux du rape and revenge. Il est difficile de ne pas voir les similitudes entre les deux métrages, autant par leurs titre que par leurs évènements mais aussi par l’acteur principal qui est le même. Sorti la même année que Cannibal Holocaust, La Maison au Fond du Parc tient-il la route plus de 30 ans après ?

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Le camouflage ne marche pas !

Le film commence par une balade en voiture avec un type qui suit une nana qui visiblement lui plait. Cette dernière, un peu effrayé, essaye de le fuir, d’abord du regard puis en voiture. Il lui bloque alors la route, la viole puis la tue dans sa voiture. On retrouve par la suite l’ignoble personnage sur son lieu de travail en train de se préparer avec un pote pour aller en soirée. C’est alors qu’un couple rentre dans le garage pour faire réparer la voiture et les invite à une soirée dans une grande maison. Les deux méchants acceptent mais les évènements vont prendre une sale tournure. Difficile de ne pas penser au film de Wes Craven n’est-ce pas ? Le seul problème avec le film de Deodato, c’est que cette espèce d’huis-clos est assez vide dans son ensemble et qu’au milieu du film, on a tendance à tourner en rond.

Le début du film est très intriguant. On se demande ce qu’il va se passer, pourquoi cet homme fait ça et surtout comment il s’en sort. On se retrouve donc devant un film qui interpelle. Il interpelle d’autant plus lorsque le jeune couple invite si facilement les deux tarés à une soirée. Mais comme ça sent bon les années 80, autre génération et donc autres mœurs, on laisse couler, jusqu’à la révélation qui donne des éléments de réponse. Car oui, le film repose sur un twist final assez inattendu et qui par bien des aspects va rendre le tout assez peu crédible.

En effet, comment deux types, seulement armés d’un rasoir peuvent-ils prendre le dessus sur cinq personnes ? Même s’il y a toujours la crainte de se faire tuer ou de faire tuer un proche, on peut tenter des choses, qui ne seront qu’à moitié faite par les protagonistes.

Mais ne boudons pas non plus notre plaisir, car l’ambiance est relativement soignée. Ruggero Deodato propose une vision assez sombre, jouant sur le tableau des jeunes riches qui se foutent de la gueule des roturiers et ces derniers veulent se venger en violant et meurtrissant. Cette ambiance est renforcée par la prestation de David Hess en psychopathe qui est vraiment incroyable. Il incarne à la perfection le type qui est prêt à tout et qui peut partir en vrille au quart de tour. On verra cela d’ailleurs lors de la scène où son acolyte lui parle mal. Le reste du casting est assez anecdotique et c’est bien dommage de ne pas voir de fortes personnalités. D’ailleurs le film ne repose que sur les deux tarés et sur la nudité. Quand on s’attarde vraiment sur le film, on voit beaucoup de seins et de femmes nues. Voulant donner un côté érotique au métrage, Deodato mise à fond sur le nu frontal, dans l’espoir de rendre les psychopathes encore plus pervers. Si ce n’est pas désagréable, cela devient très long sur tout le film, surtout qu’une pièce rajoutée fait son apparition au deux tiers du film pour simplement se faire mettre à poil.

Enfin, dernier point noir, certaines réactions à tendance sexuelle ne sont pas du tout justifiées ! Pourquoi la jeune femme décide de coucher avec son hypothétique violeur dans le jardin alors que tout le monde est tenu en otage dans la baraque ? Pourquoi la nana qui allume le gros taré décide de se laisser aller et de coucher avec lui de façon presque voulu ? Ça n’a pas de sens. Pour être plus pertinent, il aurait fallu mettre en scène une scène de viol, tout en laissant une grande part de suggestion. Là, on aurait vraiment eu quelque chose de justifié. D’autant que cela aurait pu donner aux victimes une certaine empathie qui est absente du film.

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J’vais bouffer tes seins au chocolat

Au final, La Maison au Fond du Parc est un film qui laisse perplexe. Si l’ambiance et la prestation de l’acteur principal sont intéressantes, le scénario tourne un peu en rond et ce n’est pas le twist final qui va rendre le film plus prenant. Il reste néanmoins de bons passages et une certaine nostalgie des années 80, une époque plus libertaire et où la censure et la bienséance pouvait aller se faire foutre.

Note : 11/20

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Par AqME

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